Google veut tuer les logiciels qui injectent de la publicité

Google veut tuer les logiciels qui injectent de la publicité Plus de 5% des ordinateurs dans le monde seraient piratés par une extension ou un logiciel qui impose des bannières publicitaires, selon Google.

Google veut vacciner Internet contre la menace des injecteurs de publicités qui pullulent aujourd'hui sur nos ordinateurs. Le géant de l'Internet, désireux de mesurer l'ampleur des dégâts, a mené une batterie de tests lui permettant de découvrir que près 5,5% des personnes visitant un site de Google étaient concernées. Depuis le début de l'année 2015, la plateforme aurait d'ailleurs reçu pas moins de 100 000 plaintes de la part des utilisateurs de Chrome à ce propos. Pour rappel, les "injecteurs de publicité" sont des extensions qui se mettent en marche lors d'une connexion à Internet, pour remplacer la publicité qui devrait s'afficher sur une page Web par un autre contenu, choisi par le logiciel, malveillant ou bénin. Un procédé bien évidemment nuisible pour l'ensemble de l'écosystème Internet : depuis l'internaute dont l'expérience de navigation s'en trouve affectée jusqu'aux annonceurs et éditeurs dont les publicités sont occultées.  

Comment ça marche ? 

Ce sont au total plus de 50 000 extensions de navigateurs et 34 000 logiciels qui sont capables de prendre le "contrôle" du navigateur pour y injecter des publicités. 30% de ces adwares sont qualifiés de "malicieux" par Google en cela qu'ils profitent du subterfuge pour voler des identifiants de comptes, de pervertir des résultats de recherche ou reporter l'activité de l'utilisateur à un tiers. La prolifération de ces malwares s'explique par l'ingéniosité et la complexité des réseaux mis en place pour accélérer leur propagation. Couplage de malwares avec des applications populaires, campagnes sur les réseaux sociaux, achats de liens sponsorisés et réseaux d'affiliation... Ils seraient plusieurs milliers à tirer de la sorte sur toutes les ficelles du marketing traditionnel pour faire leur trou... Parmi les plus connus, des services comme Crossrider, Shopper Pro ou Netcrawl qui polluent les fenêtres de vos écrans et face auxquels les internautes font preuve de leur désarroi, sur les forums de Commentçamarche notamment. Et beaucoup ont à ce jour infecté les portails de téléchargements les plus populaires en France. 

Des annonceurs qui paient pour ces pubs injectées... sans le savoir

Walmart, Ebay, Sears... Le standing des annonceurs diffusés par ces services parasites étonne. Et pour cause, ils seraient plus de 3 000 annonceurs à voir leurs campagnes injectées de la sorte, à leur corps défendant. Le tout après avoir rémunéré ces intermédiaires au clic. Tout simplement parce que leurs outils de tracking ne leur permettent souvent que de prendre en compte cette variable au moment du paiement au lead, sans avoir même conscience d'où vient le trafic apporté. Un modus operandi qui fait que tous, sauf l'éditeur au sein duquel s'incruste cette publicité non désirée, gagnent de l'argent.

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Exemple de publicité injecée. © Google

Trois ad-networks : dealtime.com, pricegrabber.com et bizrate.com ont fait de cette zone grise leur fonds de commerce. Ils sont à l'origine de 77% des publicités injectées, explique Google, et vont piocher dans ce que le géant appelle des "injection librarires" : des banques publicitaires qui font office d'affiliés rémunérés au clic. Parmi ces dernières, Superfish est récemment passé sous le feu des projecteurs alors que le fabricant d'ordinateurs chinois Lenovo l'avait préinstallé dans nombre de ses machines. 

Google met les bouchées doubles pour tuer ce marché

Suite aux résultats alarmants de cette étude, Google a décidé de retirer de son Chrome Web Store 192 extensions qui enfreignaient les règles d'utilisation et touchaient plus de 14 millions d'utilisateurs. Google a également déployé de nouveaux outils permettant d'alerter les utilisateurs lorsqu'ils s'apprêtent à télécharger des logiciels compromettants, via un drapeau rouge. Un service permettant de faire le ménage dans sa barre d'outils et sa barre de navigateur a également été mis en place.

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