Tesla : les chauffards privés de conduite autonome

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"Tesla : les chauffards privés de conduite autonome"

Tesla : les chauffards privés de conduite autonome [TESLA] La dernière version du mode de conduite semi-autonome ne fonctionnera pas pour les conducteurs dont la conduite sera jugée trop dangereuse par les algorithmes de Tesla.

[Article mis à jour le 20 septembre 2021 à 15h13] Tesla doit sortir le 24 septembre aux Etats-Unis la version 10 de la beta de son mode de conduite appelé "entièrement autonome" (bien qu'il ne le soit absolument pas et exige toujours une attention constante du conducteur, rappelons-le). Mais pour utiliser cette nouvelle version, les clients de Tesla devront autoriser leur voiture à relever pendant une semaine des données sur leurs habitudes de conduite. Ceux qui seront jugés comme de mauvais conducteurs par les algorithmes de l'entreprise se verront refuser l'accès à la technologie de conduite autonome, même s'ils ont payé pour cette option. On ne sait pas encore si ce fonctionnement sera pérennisé par Tesla, souvent accusé de ne pas pouvoir contrôler l'attention de ses conducteurs lorsqu'ils délèguent la conduite à leur véhicule, ou s'il s'agit seulement d'un garde-fou durant la beta. On ignore également si ce refus d'accès sera définitif, ou pourra être annulé par une semaine de conduite plus sage. Autre inconnue : les plus chauffards des clients de Tesla qui se verraient interdire l'accès à la technologie pourront-ils se faire rembourser l'achat de cette option ? Les propriétaires de Tesla sont en tout cas prévenus : pour ne plus conduire, il faudra d'abord bien conduire.  

Quelle est l'origine de Tesla ?

Voilà déjà 18 ans que Tesla s'est lancé dans sa quête d'une voiture électrique haut de gamme. Le constructeur auto a été fondé en 2003 par Martin Eberhard et Marc Tarpenning, qui seront rapidement rejoints par son personnage emblématique et actuel dirigeant, Elon Musk. Le nom de l'entreprise vient de Nikola Tesla (1856-1943), inventeur de génie dans l'électricité et la mécanique. 

Tesla en France 

Tesla est présent en France depuis 2010, date de l'ouverture de son premier magasin hexagonal, à Paris. Le constructeur se repose sur un modèle de vente directe aux clients sur Internet ou dans ses magasins. Depuis son arrivée, Tesla a étoffé sa présence en France. En plus de Paris, le constructeur dispose désormais de magasins à Chambourcy, Le Chesnay, Vélizy-Villacoublay, Nantes, Bordeaux, Aix-en-Provence, Nice et Lyon. Les clients potentiels peuvent y réaliser des essais et commander un véhicule. Des représentants commerciaux sont également présents à Lille, Rennes, Toulouse, et Strasbourg. 

Tesla a établi un vaste réseau de recharge électrique dans le pays. Il est à la fois composé de ses stations de recharge maison, les Superchargeurs, et de sites de recharge chez des entreprises partenaires, comme des hôtels ou des centres commerciaux.  Leur emplacement est consultable sur le site de Tesla. La carte ci-dessous répertorie tous les chargeurs du réseau Tesla en France.

Cliquez sur "agrandir le plan"  puis zoomez sur le territoire qui vous intéresse pour les voir s'afficher.

En France, les ventes de Tesla sont confidentielles, mais tout de même en forte progression. Ainsi, alors que la marque avait vendu 1252 véhicules en 2018 (d'après les données d'immatriculations de voitures), elle en a écoulé 6913 en 2019 Une belle croissance due à l'arrivée sur le marché français de la Model 3, la moins chère des Tesla. Elle est d'ailleurs devenue la deuxième voiture électrique la plus vendue en France, toujours loin derrière la Zoé de Renault (18 877 immatriculations en 2019).

Quel est le prix d'une Tesla ?

Voici les prix de départ des modèles commercialisés par Tesla en France. La facture finale peut grandement varier en fonction du choix des options, notamment les batteries et l'ajout du mode de conduite "entièrement autonome" (en réalité semi-autonome, en option à 7500 euros). A noter que des bonus écologiques compris entre 5500 et 8000 euros permettent de réduire le prix à l'achat.

  • Prix de la Tesla Model 3 : à partir de 43 800 euros (bonus écologique  non compris)
  • Prix de la Tesla Model S : à partir de 89 990 euros (bonus écologique non compris)
  • Prix de la Tesla Model X : à partir de 99 990 euros (bonus écologique non compris)
  • Prix de la Tesla Model Y : à partir de 63 000 euros (bonus écologique non compris)

Prix des différents modèles Tesla en France
Modèle Prix de base Autonomie Accélération 0-100 km/h Vitesse max
Model 3 Autonomie Standard Plus 43 800€ 448 kilomètres 5,6 secondes 225 km/h
Model 3 Grande Autonomie 51 990€ 580 kilomètres 4,4 secondes 233 km/h
Model 3 Performance 59 990€ 567 kilomètres 3,3 secondes 261 km/h
Model S Grande Autonomie 89 990€ 663 kilomètres 3,2 secondes 250 km/h
Model S Plaid 119 990€ 628 kilomètres 2,1 secondes 322 km/h
Model S Plaid+ 149 990€ 837 kilomètres < 2,1 secondes 322 km/h
Model X Grande Autonomie 99 990€ 580 kilomètres 3,9 secondes 250 km/h
Model X Plaid 119 990€ 547 kilomètres 2,6 secondes 262 km/h
Model Y Grande Autonomie 63 000€ 505 kilomètres 5,1 secondes 217 km/h
Model Y Performance 70 000€ 480 kilomètres 3,7 secondes 241 km/h

Tesla Model 3

La Tesla Model 3, berline grand public. © Tesla

La plus abordable de toutes les Tesla, la Model 3, est une berline dotée d'une autonomie minimale de 488 kilomètres, selon Tesla. Disponible à partir de 43 800 euros (bonus écologique non compris) en France, elle doit permettre à Tesla d'imposer la voiture électrique auprès du grand public. Ses premières livraisons ont commencé en février 2019 en Europe. La Tesla Model 3 est la voiture électrique la plus vendue de l'histoire, avec plus de 800 000 unités écoulées à fin décembre 2020.

  • Prix minimum : 43 800 euros (bonus écologique non inclus)
  • Autonomie : Entre 488 et 580 kilomètres selon les modèles
  • Temps pour passer de 0 à 100 km/h : 3,3 à 5,6 secondes selon les modèles
  • Vitesse maximale : 225 à 261 km/h selon les modèles

Tesla Model S

La Tesla Model S, une berline haut de gamme. © Tesla

La Model S est la première berline conçue par Tesla, dont les livraisons ont commencé en 2012 aux Etats-Unis. Elle est plus grande et bien plus onéreuse que la Model 3, avec un premier prix à 89 990 euros. La Model S bénéficie en échange d'une puissance et d'une autonomie supérieures (663 kilomètres avec la batterie premier prix). Elle dispose également d'un meilleur écran de bord, d'un plus grand coffre et de technologies supplémentaires.

  • Prix minimum : 89 990 euros (bonus écologique non inclus)
  • Autonomie : Entre 663 et 837 kilomètres selon les modèles
  • Temps pour passer de 0 à 100 km/h : 2,1 à 3,2 secondes selon les modèles
  • Vitesse maximale : 250 à 322 km/h selon les modèles

Tesla Model X 

La Model X, le SUV de Tesla. © Tesla

Le SUV de luxe de Tesla. La Model X est la plus spacieuse des Tesla, avec un habitacle pouvant accueillir jusqu'à sept personnes. Elle est connue pour ses portes arrières Falcon, qui s'ouvrent de bas en haut, plutôt que latéralement comme sur la plupart des véhicules, et facilitent le stationnement dans des endroits exigus.

  • Prix de base : 99 990 euros (bonus écologique non inclus)
  • Autonomie : Entre 547 et 580 kilomètres selon les modèles
  • Temps pour passer de 0 à 100 km/h :  2,6 à 3,9 secondes selon les modèles
  • Vitesse maximale : 250 à 232 km/h selon les modèles

Tesla Model Y

La Tesla Model Y, un compromis entre berline et SUV. © Tesla

Dernière née, la Tesla Model Y prépare est un crossover (entre berline et SUV). Dévoilée en mars 2019 et commercialisée dans la foulée en précommande, la Model Y a commencé à être livrée aux Etats-Unis en Mars 2020. Il faudra attendre encore un peu en Europe, car les livraisons sont conditionnées à la fin des travaux de construction de l'usine européenne de Tesla en Allemagne, qui rencontrent l'opposition d'associations de protection de l'environnement et des difficultés de mise en conformité avec les régulateurs allemands. Le véhicule est disponible à la réservation en France,  bien qu'il ne sera pas livrée avant au moins 2022 en Europe. La Model Y se situe dans une gamme de prix intermédiaire entre la Model 3 et les luxueuses Model S et X, avec un premier prix à 63 000 euros (sans compter le bonus écologique).

  • Prix de base : 63 000 euros (bonus écologique non inclus)
  • Autonomie : Entre 480 et 505 kilomètres
  • Temps pour passer de 0 à 100 km/h :  3,7 à 5,1 secondes selon les modèles
  • Vitesse maximale : 217 à 241 km/h selon les modèles

Tesla Roadster 

Tesla Roadster, une voiture sportive de luxe. © Tesla

La toute première Tesla, commercialisée entre 2008 et 2012. C'est avec cette voiture sportive que l'entreprise a commencé à démontrer que les voitures électriques pouvaient atteindre des performances comparables à celles des voitures thermiques. Sa conception est le fruit d'un partenariat avec le constructeur britannique Lotus. Tesla a annoncé la commercialisation en 2020 d'une nouvelle Roadster à partir de 172 000 euros, repoussée depuis à 2022. Le bolide serait capable d'atteindre les 100 kilomètres par heure en 2,1 secondes et de dépasser les 400 kilomètres par heure en vitesse maximale, le tout avec la promesse d'une autonomie de 1000 kilomètres.  

  • Prix de base : 172 000 euros
  • Autonomie : 1000 kilomètres
  • Temps pour passer de 0 à 100 km/h :  2,1 secondes
  • Vitesse maximale : 400 km/h.

Tesla d'occasion

Pour les conducteurs qui souhaiteraient se doter d'options supplémentaires pour moins cher ou mettre la main sur un véhicule rapidement, l'entreprise propose sur son site des Tesla d'occasion – les Model S et Model X – ainsi que des modèles d'exposition au rabais. Il ne faut cependant pas y voir une manière d'obtenir une Tesla à prix cassé : les offres commencent à presque 90 000 euros, soit plus cher que la Model S sans options.

Le mode Autopilot

C'est l'une des fonctions phares de la marque, auparavant en option et désormais présente en série sur tous ses véhicules (sauf la Model Y pas encore sortie). Il s'agit d'un mode de conduite semi-autonome de niveau 2, qui permet au véhicule de conduire tout seul, de se maintenir sur une voie, ou de gérer la circulation saccadée dans les bouchons sur des trajets simples comme l'autoroute.  Le conducteur doit toutefois garder les mains sur le volant. . Contrairement à d'autres constructeurs, Tesla a fait le choix de proposer très rapidement cette fonctionnalité, dès 2015, afin de l'améliorer en conditions réelles et d'acquérir un maximum de données pour préparer des niveaux de conduite autonome plus sophistiqués. 

Fin 2018, Tesla a sorti une version améliorée de l'Autopilot, qu'elle appelle "conduite entièrement autonome". Elle gère les changements de voie sur autoroute, ainsi que les insertions et sorties de ces tronçons, tout comme les dépassements de véhicules. Des fonctionnalités de stationnement et de sortie de parking automatiques ont aussi été ajoutées. Cet ensemble de fonctions est pourtant loin de constituer une "conduite entièrement autonome", comme le reconnaît d'ailleurs Tesla sur son site internet : "Les fonctionnalités actuelles exigent une surveillance active de la part du conducteur et ne rendent pas le véhicule autonome.  L'utilisation future de ces fonctionnalités sans surveillance dépend d'une fiabilité prouvée par des milliards de kilomètres de tests pour être significativement supérieure à celle des conducteurs humains, ainsi que de l'approbation réglementaire, dont l'obtention peut être plus longue dans certains pays." Le mode Autopilot existe toujours, il est devenu une option payante moins chère (3800 euros) que le mode "conduite entièrement autonome" (7500 euros), avec des fonctionnalités plus basiques.

Pour aller encore plus loin, le patron de Tesla Elon Musk a promis que d'ici 2020, ses véhicules seront totalement autonomes, ce qui permettra à Tesla de lancer son propre service de VTC autonome, voire de proposer aux propriétaires de Tesla de gagner de l'argent en transformant leurs véhicules en taxis sans chauffeur. Une annonce accueillie avec beaucoup de scepticisme par les experts de la conduite autonome, tant cette promesse semble impossible à tenir, aussi bien pour des raisons technologiques que réglementaires. Même aux Etats-Unis, pourtant très libéraux sur le sujet. L'échéance a finalement été repoussée à fin 2021, mais pourrait être à nouveau difficile à tenir. Car comme l'a appris Reuters dans un mémo du régulateur automobile californien (le DMV) obtenu par une association via une loi américaine permettant de demander la communication de documents administratifs, Tesla a reconnu son retard devant les autorités. Une rencontre a eu lieu en mars 2021 entre le DMV et des représentants de Tesla, dont son ingénieur véhicule autonome CJ Moore. "Les tweets d'Elon (Musk, le directeur général de Tesla, ndlr) ne correspondent pas à la réalité d'ingénierie selon CJ. Tesla est actuellement au niveau 2 d'autonomie", indique le DMV dans son mémo

Pour mieux comprendre comment fonctionne l'assistance à la conduite de Tesla et les décisions qu'elle prend, un hackeur  et un membre du Tesla Motor Club ont reproduit la vision d'une Tesla pendant une virée dans Paris. Le logiciel classifie tout son environnement : les autres véhicules présents sur la route, mais aussi ceux qui se trouvent sur le trottoir, tout comme les piétons. Le programme doit également repérer en temps réel le marquage au sol, qui permet au véhicule de rester automatiquement sur sa voie. Ce genre de systèmes sont la base de toutes les technologies d'aide à la conduite (ADAS), mais aussi de conduite autonome, quoique plus sophistiqués. 

Cependant, le marketing de Tesla autour de cette fonctionnalité, jusque dans le nom d'"autopilote", semble avoir laissé entendre aux utilisateurs que leur véhicule était déjà pleinement automone. Des voitures du constructeur ont été impliquées dans plusieurs accidents, certains mortels, lors desquels les conducteurs ont ignoré les avertissements du véhicule et n'ont pas repris le contrôle de la conduite comme la machine les y enjoignait. Des défaillances du système ont également provoqué des accidents mortels. Comme lorsqu'en 2016 un automobiliste américain a percuté un véhicule arrivant sur sa droite, et que la voiture n'avait pas détecté. Tesla avait alors accusé son fournisseur de systèmes de détection d'obstacles et de freinage d'urgence, Mobileye, puis s'en était séparé. 

Les batteries Tesla

Autre élément de différenciation important vis à vis de ses concurrents, Tesla conçoit et produit ses propres batteries. Il s'agit d'un élément crucial de sa R&D, car l’amélioration de l'autonomie des batteries, et donc de la distance parcourue en une charge, est un critère majeur chez les acheteurs. Ce savoir-faire a même permis a l'entreprise de se diversifier: elle vend désormais séparément ses batteries, Powerpack et Powerwall afin de stocker l'électricité produite par des panneaux solaires chez les particuliers comme en entreprise.

Depuis l'acquisition de SolarCity (une autre société contrôlée par Elon Musk) en 2016, Telsa propose aussi ses propres panneaux solaires. Ou plus précisément des "tuiles solaires" ressemblant à des toits traditionnels, mais capables de transformer l'énergie solaire en électricité. Ces systèmes de production et de stockage commencent même à être utilisés sur des îles, comme les Samoa, qui ne sont pas raccordées au réseau électrique et se reposaient jusqu'ici sur des générateurs au diesel pour s'alimenter en électricité. 

Mais ce business de panneaux solaires a pour l'instant du mal à décoller. Pour tenter de le  relancer, Tesla a commencé à tester un nouveau modèle économique août 2019. Dans six Etats américains, l'entreprise propose des panneaux solaires sous forme d'abonnements mensuels, compris entre 50 et 250 dollars (225 euros) selon la taille des panneaux et la puissance désirée. Leur installation est gratuite, mais pas leur démonte : le client devra s'acquitter de frais de 1500 dollars s'il ne souhaite plus utiliser les panneaux solaires de Tesla. 

Tesla Bot

Tesla prépare un robot humanoïde. Elon Musk a expliqué que les voitures de Tesla étaient déjà des sortes de robots sur roues, grâce à leur capacité à percevoir, comprendre et interagir avec l'environnement qui les entoure. "Cela fait sens de mettre tout ça sous forme humanoïde", justifie Elon Musk, qui pense qu'un premier prototype sera probablement prêt courant 2022. Sa mission sera de supprimer les tâches "ennuyeuses, répétitives et dangereuses" aujourd'hui effectuées par des humains. Ce robot presque entièrement blanc est une silhouette sans visage (un écran se trouve au niveau de sa tête) , à la manière de nombreux humanoïdes de science-fiction. Il mesurera 1,76 mètres et pèsera 56 kilogrammes. Il sera capable, selon Tesla, de soulever des charges allant jusqu'à 68 kilogrammes et de déplacer des objets pesant jusqu'à 20 kilogrammes. Les applications du robot semblent donc plutôt professionnelles et industrielles, bien qu'Elon Musk a aussi donné l'exemple de demander au robot d'aller faire des courses pour soi, ce qui semble assez fantaisiste et risque de se heurter à un nombre incalculable de barrières (faire la queue, payer, savoir reconnaitre et choisir les produits...) sans parler du prix probablement exorbitant pour un particulier. Vous pouvez regarder dans la vidéo ci-dessous la partie de l'AI Day de Tesla consacrée au Tesla Bot. 

Le logo de Tesla. © Tesla

L'emblématique logo de Tesla n'est à première vue qu'un "T" majuscule. Mais en réalité, il recèle une signification cachée, comme l'a expliqué Elon Musk sur Twitter en 2017 à la demande d'un utilisateur qui l'apostrophait à ce sujet. "Le T ressemble à une vue transversale d'un moteur électrique, tout comme le X (de Space X, ndlr) ressemble à une trajectoire de fusée."

Tesla en Bourse

Grâce à une amélioration de ses volumes de production et de sa rentabilité, Tesla a connu un phénoménal élan d'enthousiasme boursier en 2020, ainsi que durant les premiers mois de 2021. D'une centaine de dollars début 2020, l'action Tesla a dépassé les 600 dollars fin 2020 et continue sa progression en 2021, avec quelques soubresauts toutefois.

La relation de Tesla à la Bourse était pourtant loin d'être harmonieuse auparavant. En 2018 le gendarme boursier américain, la SEC, a déposé plainte contre le PDG de Tesla pour fraude et demandé qu'il soit démis de ses fonctions à la tête de Tesla. En août de la même année, Elon Musk avait fait part de son intention de faire sortir Tesla de la Bourse à un prix de 420 dollars par action. Et d'affirmer qu'il avait sécurisé les fonds permettant cette opération auprès d'investisseurs. Il avait fini par reconnaître qu'il n'avait pas vraiment les fonds, avant d'abandonner totalement son plan.

Mais la SEC, elle, n'a pas oublié. Car le fait de faussement assurer avoir sécurisé des fonds peut être considéré comme une manipulation des investisseurs, qui ont pu être incités à acheter des actions ou ne pas vendre les leurs, mis en confiance par cette déclaration. D'après la plainte de la SEC, l'annonce d'Elon Musk a surpris jusque dans ses propres équipes : douze minutes après son premier tweet le 7 août, le directeur des relations avec les investisseurs contactait le chef de cabinet de Musk pour lui demander si l'annonce était bien réelle. Entre ce tweet et la fin du mois de septembre, l'action Tesla a perdu 20% de sa valeur. Elon Musk est finalement arrivé à un compromis avec la SEC : son entreprise et lui-même devront payer 20 millions de dollars chacun. Le Sud-africain a aussi été forcé de lâcher un peu de son pouvoir. PDG de Tesla quasiment depuis ses débuts, il n'est désormais plus que DG. Il a été remplacé en novembre 2018 à la présidence du conseil d'administration par Robyn Denholm, déjà membre du board de Tesla. Elle était jusqu'ici directrice financière et stratégique du groupe télécom australien Telstra, poste qu'elle a quitté pour se consacrer à plein temps à Tesla. 

Tesla : le cours

Retrouvez dans le graphique ci-dessous le cours de Tesla en temps réel. Cotée au Nasdaq, l'action Tesla (désignée en TSLA) appartient notamment aux indices boursiers Nasdaq 100 et S&P 500.