5 questions à vous poser avant de vous lancer en franchise

5 questions à vous poser avant de vous lancer en franchise Devenir franchisé, c’est investir plusieurs dizaines de milliers d’euros et s’engager pendant sept ans en moyenne. Un choix qu’il convient donc de mûrir.

Près de 4 000 personnes deviennent franchisées tous les ans. Un moyen d’entreprendre rapidement grâce à un concept clé en main, adossé à une marque reconnue. Le revers de la médaille étant un engagement contractuel de plusieurs années auprès d’une enseigne, et un apport personnel initial relativement conséquent, sans retour sur investissement garanti. Aussi, avant de vous lancer dans la création en franchise, voici les questions à vous poser.

1. Ai-je envie d’entreprendre ?

Devenir franchisé, c’est devenir entrepreneur. Même si le franchiseur est censé apporté un soutien et une assistance, le chef d’entreprise se retrouve seul sur le terrain et assume les mêmes responsabilités qu’un patron classique : gestion du personnel, de la trésorerie, journées de travail qui n’en finissent pas, peu de vacances… Le porteur de projet doit s’assurer que lui, ainsi que sa famille, sont prêts à certains sacrifices pour pérenniser l’activité. D’autant que la franchise n’est pas forcément synonyme de rémunération plus élevée. En effet, le revenu annuel moyen net d’un franchisé s’élève en 2014 à 32 876 euros (source : FFF/CSA/Banque Populaire). En comparaison, l’Insee révélait qu’un patron de petite entreprise (moins de 20 salariés) percevait en 2010 un revenu annuel net de 50.980 euros, soit une fois et demi la rémunération d’un franchisé.

2. Le secteur et le concept choisis me conviennent-ils ?

Plusieurs experts du monde de la franchise s’accordent à dire qu’il faut se méfier des secteurs dits "à la mode". De nombreux réseaux surfent sur des tendances et se développent à grande vitesse, avant de devoir procéder à des fermetures en série. Le candidat à la franchise doit procéder à une étude de marché et se poser la question : "Ce secteur est-il porteur ?" ou encore "Le marché est-il saturé ou y a-t-il encore de la place pour moi ?". De la même façon, vous devez vous assurer que le concept que vous avez sélectionné vous correspond et est en phase avec votre projet – notamment avec votre zone d’implantation souhaitée. Enfin, la franchise est souvent l’occasion de se reconvertir dans un domaine que l’on affectionne particulièrement. Il convient de ne pas choisir un secteur par défaut et tenter de savoir s’il vous plait réellement.

3. Suis-je prêt à accepter le système qu’impose la franchise ?

Si la réponse aux deux premières questions est "Oui", peut-être êtes-vous fait pour l’entrepreneuriat en solo uniquement. En effet, le système de franchise implique une relation étroite entre l’entrepreneur et le franchiseur. En adoptant le concept de l’enseigne, vous vous engagez à le respecter sans y déroger. Votre point de vente devra correspondre au cahier des charges fixé par la tête de réseau, et vous devrez vous conformer à la politique commerciale de l’enseigne, sa stratégie marketing et son positionnement en termes de communication nationale. Si certains franchiseurs font des compromis et que le franchisé garde le droit d’exprimer son avis, le dernier mot revient toujours à la direction de l’enseigne. Il faut donc être prêt à concéder une certaine forme de liberté pour pouvoir continuer d’exploiter le magasin sous enseigne.

4. L’investissement me semble-t-il intéressant ?

Le coût de la création en franchise est l’un des principaux freins pour 21% des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête FFF/CSA/Banque Populaire. Si les apports personnels nécessaires varient d’un secteur à l’autre et d’un réseau à l’autre, il faut compter plus de 200 000 euros d’investissements pour une création sur deux. Une fois le droit d’entrée versé à l’enseigne pour rejoindre son réseau, et tous les coûts liés au lancement d’une entreprise surmontés, restent encore les redevances dont devra s’acquitter le franchisé tous les mois. Une somme calculée généralement en pourcentage de son chiffre d’affaires, qui revient dans les caisses du réseau quel que soit le niveau de rentabilité du point de vente franchisé. Aussi, il est intéressant de mettre en balance des montants demandés par l’enseigne et les contreparties que le franchisé peut espérer, afin d’être sûr de la pertinence de se lancer en franchise plutôt qu’en indépendant.

5. Que m’apporte le franchiseur ?

Contractuellement, un franchiseur doit apporter un savoir-faire secret et identifié, une enseigne et une assistance au franchisé. Pour chacun de ces points, demandez-vous si le réseau apporte un élément distinctif qui pourra vous aider à mieux piloter et pérenniser votre affaire. Le savoir-faire, notamment, doit être transmis à chaque franchisé via une formation initiale et continue, ainsi que grâce à un manuel opératoire, appelé "Bible" dans le milieu, et doit apporter un avantage compétitif certain au chef d’entreprise. Mais le rôle du franchiseur ne s’arrête pas à l’ouverture du point de vente, et court sur toute la durée du contrat de franchise. Audit, conseils, assistance technique sont autant de soutiens qui pourront aider le dirigeant à gérer au mieux son business.

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