La médecine régénératrice, révolution du marché de la santé

La médecine régénératrice, révolution du marché de la santé A l'avenir, des traitements permettront de régénérer n'importe quelle partie d'organe humain à partir de cellules souches.

L'arthrose, bientôt un mauvais souvenir ? C'est l'une des promesses de la médecine régénératrice, dont la start-up TiGenix est l'un des fers de lance. Cette société belge commercialise depuis peu ChondroCelect, un traitement à base de cellules souches permettant de régénérer le cartilage osseux du genou. Sur les neuf premiers mois de 2011, l'entreprise a traité 63 patients avec succès.

Mais ce n'est qu'une application parmi d'autres de la médecine régénératrice, une spécialité qui promet de fabriquer des tissus humains à partir de cellules souches, issues d'embryons humains ou de cellules adultes "pluripotentes", ramenées à un état embryonnaire.

10 milliards de dollars d'ici 2020

Le marché de la médecine régénératrice, estimé à 1,8 milliard de dollars en 2009, devrait dépasser les 10 milliards de dollars d'ici à 2020, d'après les estimations de Scienta Advisors. Un potentiel qui attire même Google Ventures, le fonds d'investissement du géant Internet, qui a récemment déclaré s'intéresser de près au phénomène.

24 nouveaux traitements devraient arriver en 2012

Car en théorie, une cellule souche permet de "réparer" n'importe quel organe humain. Plusieurs recherches sont par exemple menées pour réparer les cellules endommagées de la rétine chez les patients atteints de dégénérescence maculaire. Aux Etats-Unis, la biotech Prevasis a développé un produit, le Vascugel, permettant de régénérer les veines et les artères endommagées. D'autres recherches sont menées pour réparer la moelle épinière chez des paralysés, fabriquer de la matière osseuse pour les patients âgés atteints d'ostéoporose, etc.

Fin 2011, Cell Therapy Group, un cabinet de consultants spécialisés dans les thérapies géniques, dénombrait 28 traitements à base de cellules souches déjà commercialisés et 24 nouveaux traitements en phase II ou III, c'est-à-dire en dernière ligne avant d'être mis sur le marché.

Une injection dans un cartilage coûte de 5 000 à 17 000 dollars

En France, le développement de ces nouvelles thérapies est fortement limité. La loi de bioéthique est l'une plus restrictives au monde en matière de recherche sur les embryons humains. Les chercheurs français se battent d'ailleurs depuis des années pour assouplir ces restrictions. Mais au niveau mondial, la médicine régénératrice risque surtout d'être freinée par... son prix. Une injection de plasma enrichi en plaquettes (PRP) dans un cartilage coûte par exemple entre 5 000 et 17 000 dollars aux Etats-Unis. Non couverts par les assurances pour le moment. Et les hôpitaux publics n'auront pas les moyens d'offrir des traitements personnalisés qui peuvent coûter jusqu'à 25 000 dollars à chaque patient.

Pourtant, selon ses promoteurs, la médecine régénératrice permettrait de réaliser de formidables économies : des patients traités à vie pour un diabète ou une maladie de Parkinson auraient la possibilité de stopper définitivement tout médicament. Sur les 35 milliards de dollars que coûte chaque année l'insuffisance cardiaque au système de santé américain, 8 pourraient être économisés grâce aux thérapies issues des cellules souches, selon Scienta Advisors.

Reste la question de la sécurité sanitaire. Les effets à long terme d'implantations de cellules souches dans l'organisme n'ont pas encore été précisément évalués.

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