Comment Google s'est réorganisé pour mieux cibler les mobilités en France

Comment Google s'est réorganisé pour mieux cibler les mobilités en France Le géant du web a créé une division automobile et mobilités dans l'Hexagone qui mélange ses services adressés à ce secteur (Android Auto, Google Maps…) à ses autres activités dans le marketing, la publicité et le cloud.

Entre les offres dédiées aux mobilités et les produits marketing classiques, il y a de quoi se perdre dans la myriade de services Google dont peuvent profiter les entreprises de l'automobile et du transport. Pour mieux toucher ces acteurs des mobilités, le directeur général de Google France, Sébastien Missoffe, a décidé de réunir tous ces services au sein d'une même division, automobile et mobilités, après sa prise de poste il y a un an et demi.

"Notre objectif est d'aider les acteurs français du secteur : constructeurs, distributeurs, acteurs historiques de la location, mais aussi les start-up qui proposent de nouveaux services de mobilités", résume Clément Eulry, qui dirige la division automobile et mobilités de Google France. Une division pleinement opérationnelle depuis un an.

"Il existe très peu d'autres marchés aussi importants que la France et l'Allemagne en termes de mobilités et d'automobile"

Cette réorganisation permet d'exploiter la position unique dont jouit Google auprès de ces acteurs. Le géant du web est d'abord en mesure de leur proposer des produits spécialisés coûteux et difficiles à développer par eux-mêmes, comme la cartographie de Google Maps, essentielle pour de nombreux services de mobilités basés sur la géolocalisation. L'Américain a également développé un algorithme de matching entre l'offre et la demande, qui peut être utile aux taxis ou aux VTC. Sans oublier le système d'exploitation automobile Android Auto, qui permet de transposer en voiture certaines applis mobiles ainsi et de retrouver d'autres services de Google comme Maps et Assistant. Des produits dédiés auxquels s'ajoutent les services numériques classiques de Google : analytics, marketing et publicité, cloud et machine learning…

Vivier de clients français

La France est le premier pays dans lequel Google a adapté son fonctionnement de la sorte. "Les mobilités sont un sujet crucial. C'est un marché plus mature qu'ailleurs, on y trouve des acteurs traditionnels et des start-up." En effet, entre les constructeurs (Renault, PSA) et toute la filière automobile derrière eux, les opérateurs de transports de rang mondial (Transdev, Keolis, RATP) et des start-up de mobilité de plus en plus européennes (Blablacar, Drivy, Kapten…), le vivier de clients en France ne manque pas. Forte de l'expérience française, cette nouvelle organisation a été répliquée en Allemagne, fief d'une puissante industrie automobile. Google cherche désormais à la répliquer ailleurs, mais "il existe très peu d'autres marchés aussi importants que la France et l'Allemagne en termes de mobilités et d'automobile", relève Clément Eulry.

Une offensive qui a convaincu un client de taille en France : Renault, ainsi que ses alliés Nissan et Mitsubishi. L'alliance a signé en septembre 2018 un partenariat pluriannuel mondial avec Google, qui verra Android installé dans la plupart des nouveaux véhicules produits par les trois constructeurs. Des fonctionnalités numériques comme la cartographie, la commande vocale ou la recherche d'informations seront déléguées à Google, même si les marques pourront continuer à proposer leur propre interface d'infotainment. Une collaboration qui pourrait même s'étendre à la voiture sans chauffeur : d'après le journal Nikkei, Renault-Nissan et Waymo, la filiale véhicule autonome fonctionnant de manière indépendante du reste de Google, discutent d'un partenariat.

"La collaboration a évolué. A force de travailler ensemble, nous nous comprenons mieux"

Ce partenariat montre le chemin parcouru en quelques mois. En juin 2017, le JDN assistait à une rencontre entre acteurs du numérique et de l'automobile à l'Automobile Club de France. Lors d'une table ronde réunissant Google et Renault, un représentant de la marque au losange faisait part des craintes de nombreux constructeurs : la question du partage des données et le risque de perte de relation avec le conducteur. "Un partenariat doit être gagnant-gagnant. Nous ne pouvons pas remplacer l'expérience Renault par l'expérience Google et ne voulons pas nous laisser diluer par les Gafa", prévenait Benoit Joly, alors chef des ventes et du marketing de la division voiture connectée et mobilités de Renault.

Un changement relevé par Clément Eulry. "La collaboration a évolué. A force de travailler ensemble, nous nous comprenons mieux et le fait d'avoir créé une équipe multidimensionnelle clarifie notre offre". Il rappelle que les standards des utilisateurs en termes d'expérience utilisateur ont également changé. Clément Eulry se refuse à dire si Google a cédé du terrain sur la question des données ou si Renault a accepté cette fatalité. Il assure que les constructeurs "choisissent les données qu'ils partagent avec nous", mais confirme que dans le cas d'Android Auto, auquel les conducteurs sont connectés via un compte Google, les données sont uniquement récupérées par Google (comme sur Android pour smartphones). Avec Google, le dilemme reste donc inchangé pour les constructeurs : il faut choisir entre l'expérience et la connaissance de l'utilisateur.

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