Vous allez probablement jeter votre bouillotte après avoir lu cet article
Rectangulaire, en forme de saucisse, d'une capacité de 0,2 ou de 3 litres, la bouillotte réchaufferait jusqu'à dix millions de Français. Seulement, cet objet aussi doux soit-il est loin d'être inoffensif. Avant d'y remettre de l'eau ce soir, prenez quelques précautions pour ne pas risquer l'hôpital.
C'est qu'au cours de ces dernières années, des histoires ont fait le tour de la presse française, belge et britannique où des faits divers ont marqué. A chaque fois, la même rengaine : une bouillotte remplie posée à même la peau et qui éclate brutalement, marquant gravement les victimes. Au Grand Hôpital de Charleroi, en Belgique, quatre à cinq patients sont admis chaque année pour des brûlures liées aux bouillottes, avec une durée moyenne d'hospitalisation de sept à dix jours. Dans le Sud-Ouest de l'Angleterre, 149 enfants, pour la plupart de moins de deux ans, ont nécessité un traitement spécialisé en 2024 uniquement.
Même si elle semble être parfait état, la bouillotte n'est pour autant pas sans danger. Elle ne possède pas une date d’expiration à proprement parler, mais une durée d’utilisation maximale conseillée et seul un symbole inscrit sur la bouillotte permet de la connaître.

Ce symbole, situé sous le goulot, prend la forme d'une marguerite, appelée "daisy wheel" en anglais. Au centre figure l'année de fabrication, indiqué par deux chiffres : 25 = 2025, 26 = 2026. Autour, douze segments en forme de pétales représentent les mois de l'année, dans le sens des aiguilles d'une montre. Et des petits points indiquent le mois et la semaine précise de fabrication. Par exemple, trois points dans le deuxième segment signifient que la bouillotte a été fabriquée durant la troisième semaine de février.
Cette information est cruciale. Le NHS, le système de santé publique britannique, recommande de jeter toute bouillotte âgée de plus de deux ans. Au-delà de cette limite, le caoutchouc ou le plastique commence à se détériorer naturellement, même si l'objet semble en parfait état extérieur. Les risques de fissures, de fuites ou d’éclatement augmentent considérablement. Il convient donc de remplacer sa bouillotte deux ans après la date de fabrication indiquée sur le symbole.
Ce n'est pas la seule précaution à prendre avec la bouillotte. Pour garder le lit le plus chaud et le plus longtemps possible, l'on est tenté de la remplir au maximum avec de l'eau bouillante. Ce geste est à proscrire.
Déjà parce que même à des températures plus basses, la bouillotte est déjà efficace. Mais surtout parce que, comme le montre une vieille étude sur les lésions thermiques publiée dès 1947, il suffit d'un contact d'une seule seconde avec de l'eau à 70°C pour connaître une brûlure au deuxième degré. De plus, elle endommage le matériau de la bouillotte, réduisant drastiquement sa durée de vie et augmentant les risques d'éclatement.
Les autorités sanitaires recommandent d'utiliser de l'eau chaude du robinet ou de laisser refroidir l'eau bouillante pendant au moins dix minutes avant de remplir la bouillotte. Il ne faut la remplir qu'aux deux tiers maximum pour éviter qu'elle ne déborde ou n'exerce une pression excessive sur les parois. Après avoir versé l'eau, il convient d'expulser l'air en couchant délicatement la bouillotte sur une surface plane jusqu'à ce que l'eau atteigne au niveau du goulot.
L'utilisation d'une housse de protection est indispensable pour éviter tout contact direct avec la peau. Il ne faut jamais s'asseoir ou s'allonger sur une bouillotte, ni s'endormir avec elle dans le lit. Les enfants de moins de trois ans et les personnes âgées, dont la peau est plus fragile, doivent être particulièrement surveillés. Après usage, la bouillotte doit être vidée complètement et rangée sans son bouchon, dans un endroit sec, frais et à l'abri de la lumière.