Il enfile son casque, monte sur sa trottinette et prend 500 euros d'amende à cause de cette règle du Code de la route
Il porte le pseudo de “Intelligent-Big” et a reçu, il y a deux mois, une amende salée : 500 euros alors qu’il roulait à trottinette. La sanction est lourde mais aux yeux de la loi, son erreur aussi. Sur le réseau social Reddit, il témoigne.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne roulait pas à toute vitesse sur les trottoirs, il n’a écrasé aucun piéton, ni causé d’accident. Il circulait simplement. Sur son trajet, il a été contrôlé par la police. Problème : “Intelligent-Big” n’avait pas sur lui un document obligatoire. Et pour cause, il ignorait son existence.
“L’agent m’a dit que je risquais 90 euros pour défaut d’assurance. Or, à ce moment-là, je ne savais pas qu’une assurance spécifique était obligatoire pour une trottinette.” Juste après ce contrôle, il assure sa trottinette, mais c’est déjà trop tard. Quelques jours après, il reçoit une amende forfaitaire de 500 euros pour “conduite d’un véhicule non assuré”, bien au-dessus des 90 euros donc.

En effet, comme l’indique l’article L211-1 du Code des assurances, “tout véhicule terrestre à moteur” et plus précisément “tout véhicule automoteur destiné à circuler sur le sol” doit être assuré. Un texte qui encadre les voitures, les motos et donc les trottinettes électriques.
Etre en faute, c’est s’exposer à une amende forfaitaire d'un montant de 500 euros. Minorée, l’amende passe à 400 euros et, majorée, elle monte à 1 000 euros, précise l’article L324-2 du Code de la route. Pire encore, circuler sans assurance constitue un délit passible d’une amende pouvant aller jusqu’à 3 750 euros en cas de poursuite devant le tribunal, ajoute la Sécurité routière sur son site.
Selon “Intelligent-Big”, le policier lui aurait conseillé de contester la sanction : “Il m’a clairement dit que dans la majorité des cas de trottinettes non assurées, quand la personne se met rapidement en règle, la contravention est souvent requalifiée ou annulée.”
Malgré tous les efforts déployés par “Intelligent-Big”, il risque bien de passer à la caisse et il est loin d’être le seul dans son cas : “L’obligation d’assurance applicable à ces engins demeure insuffisamment connue, fait savoir la Sécurité routière. En 2024, 59% des conducteurs d’engins de déplacement personnel motorisés impliqués dans un accident n’étaient pas assurés.”
Face à ce constat, la Sécurité routière a lancé courant janvier 2026 une campagne radio nationale, “afin de rappeler aux usagers leurs obligations et les risques encourus”. L'obligation d’assurance ne concerne pas seulement les trottinettes électriques : monoroues, hoverboards et vélos électriques (speed bikes) dont la puissance dépasse 250 watts ou dont la vitesse dépasse 25 km/h, aussi.
L’assurance en question est la responsabilité civile automobile, dont le prix varie autour de deux euros par mois pour ces engins. “L’assurance responsabilité civile intégrée dans les contrats d’assurance habitation ne couvre pas les accidents causés au guidon d’un engin de déplacement personnel motorisé”, rappelle la Sécurité routière.
Plus généralement en trottinette électrique, il est interdit de prendre le guidon lorsque l’on a moins de 14 ans ainsi que d’être à plusieurs sur l’engin. Contrairement aux idées reçues, “l'autorité investie du pouvoir de police pourra accorder des dérogations aux règles générales de circulation en autorisant la circulation des trottinettes électriques sur les trottoirs à condition de respecter l'allure du pas”, détaille la Sécurité routière.