Des retraités vont obligatoirement perdre leur pension de réversion à cause des nouvelles règles

Des retraités vont obligatoirement perdre leur pension de réversion à cause des nouvelles règles

Des millions de retraités perçoivent chaque mois une pension de réversion en plus de leur pension de retraite habituelle. Les montants versés par les caisses de retraite changent en 2026 et les conditions pour en bénéficier également.

Rien qu'en 2025, l'Assurance retraite indique avoir attribué 210 745 nouvelles pensions de réversion. Désormais, plus de 4,4 millions de retraités perçoivent chaque mois une pension de réversion. Ce nombre va évoluer en 2026, car de nouveaux retraités vont pouvoir bénéficier pour la première fois de ce complément de revenus. A l'inverse, certains seniors qui étaient jusqu'à présent habitués à profiter de cette somme risquent de la perdre. Car oui, les conditions requises pour toucher la pension de réversion ont changé cette année.

La pension de réversion permet à une personne de percevoir, tous les mois, une partie de la pension de retraite de son époux ou de son épouse décédé. Les montants versés varient selon les caisses de retraite. Dans le régime général, la pension de réversion représente 54% de la retraite de base du défunt, avec un plafond mensuel fixé, en 2026, à 1 081,35 euros. Un montant minimum est toutefois garanti : la pension de réversion ne peut pas être inférieure à 4 019,13 euros par an, soit 334,92 euros par mois.

Pour la retraite complémentaire (Agirc-Arrco, Ircantec, etc.), la pension de réversion représente jusqu'à 60% de la pension de retraite que percevait le défunt. Le régime de la fonction publique applique, quant à lui, des règles différentes et ne fixe pas de maximum pour les pensions de réversion versées.

Dans le régime général, les conjoints survivants doivent respecter certains plafonds de revenus pour pouvoir toucher une pension de réversion. Ces plafonds ont augmenté depuis le 1ᵉʳ janvier 2026. Cette hausse s'explique par l'évolution du SMIC, puisque la règle stipule que les revenus du conjoint survivant ne doivent pas dépasser 2 080 fois le SMIC horaire lorsque la personne vit seule. Si cette personne vit en couple, ce montant peut être majoré de 60%.

Le SMIC ayant augmenté de 1,18% en début d'année pour atteindre 12,02 euros bruts par heure, le seuil de revenus à ne pas dépasser en 2026 pour toucher une pension de réversion s'élève désormais à 25 001,60 euros bruts par an, contre 24 710 euros bruts annuels en 2025. Pour un bénéficiaire vivant en couple, ce montant atteint 40 002,56 euros bruts par an, contre 39 537 euros en 2025.

Pour prétendre à la pension de réversion, le conjoint survivant doit enfin respecter certaines conditions de mariage et d'âge. Pour le régime général des salariés du privé, des artisans et des indépendants, le conjoint survivant doit avoir au minimum 55 ans, sans exigence de durée minimale de mariage. Dans la fonction publique, l'ouverture des droits peut dépendre d'un enfant issu du mariage, d'un mariage d'au moins 4 ans, ou d'un mariage célébré au moins 2 ans avant la retraite du fonctionnaire. Les régimes complémentaires appliquent leurs propres règles : l'Agirc-Arrco n'exige aucune durée de mariage minimale, la retraite complémentaire des agriculteurs demande 2 ans de mariage, tandis que celle des avocats nécessite une durée minimale de 5 ans de mariage.

Dans le régime général, les retraités peuvent également bénéficier d'une majoration de 11,1% de leur pension de réversion. Cette majoration est dédiée aux personnes âgées d'au moins 67 ans. Selon la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV), cette majoration s'applique à partir du moment où "la somme de l'ensemble des pensions perçues par un retraité (retraite de base + retraite complémentaire + pension de réversion) ne dépasse pas 3 020,07 euros par trimestre, soit 1 006,69 euros par mois".

Les retraités qui touchent une pension de réversion peuvent également profiter d'une majoration de 10% s'ils ont eu au moins 3 enfants. Une autre majoration est possible pour les retraités qui ont encore des enfants à charge, c'est-à-dire des enfants de moins de 21 ans rattachés à leur foyer fiscal. Le montant de cette majoration s'élève, en 2026, à 113,59 euros par enfant et par mois.