1 vélo électrique sur 10 est illégal, vous risquez jusqu'à 3 750 euros d'amende si vous roulez avec

1 vélo électrique sur 10 est illégal, vous risquez jusqu'à 3 750 euros d'amende si vous roulez avec Une organisation professionnelle alerte sur des vélos électriques vendus en France. Des produits possiblement dangereux en libre circulation. Les conducteurs s'exposent même à une amende sévère pour rouler avec.

A en croire les publicités, des machines de guerre ont envahi les routes françaises. "Véritable monstre sur roues", "puissants", "rapides" : les vendeurs ne manquent pas de superlatifs pour nous vendre certains vélos électriques. Pourtant, prendre la route avec ces engins est illégal, en plus d'être parfaitement dangereux, selon l'Union des entreprises Sport & Cycle (UESC).

"Depuis environ deux ans, de nouveaux types de vélos électriques gagnent en popularité en France", indique Olivier Moucheboeuf, responsable du pôle normes à l'UESC. L'organisme publie une alerte concernant les vélos à assistance électrique : près de 8% des ventes réalisées en France seraient non conformes. Au total, 125 marques sont pointées du doigt.

La grande majorité des véhicules sont des fat bikes. Précisons qu'à l'origine, les fat bikes sont des VTT qui existaient avant l'avènement de l'assistance électrique et dont les immenses roues permettent d'avancer sur la neige comme le sable. Aujourd'hui, ce terme englobe aussi ces gros vélos électriques, avec un châssis bas et parfois capables d'atteindre de grandes vitesses.

Rapide et puissant on atteint facilement 20 km/h avec ces fat bikes, sans même pédaler. Et c'est bien là le problème : "Un véritable vélo à assistance électrique est, comme son nom l'indique, assisté par un moteur. Pour avancer, il faut pédaler : si la puissance permet de se passer du pédalage, ce n'est plus un véhicule à assistance électrique, c'est autre chose", souffle Olivier Moucheboeuf.

Pourquoi ces engins sont-ils non conformes ? Ils ne respectent pas la définition réglementaire précise du vélo à assistance électrique : notamment, une puissance limitée à 250 watts, une assistance qui s'interrompt à 25 km/h et qui fonctionne uniquement lorsque le cycliste pédale.

Ces vélos "présentés comme électriques" affichent parfois des puissances de 1 000 ou 2 000 watts. "Ces niveaux de puissance les rapprochent davantage d'un cyclomoteur (scooters, Solex) que d'un vélo", peste Olivier Moucheboeuf. Le pire : "la non-conformité n'est pas dissimulée. Elle est visible par tous, ce qui est particulièrement préoccupant."

De plus, "ces fat bikes non conformes ne respectent ni la norme applicable aux vélos à assistance électrique (EN 15194), ni les exigences nécessaires pour être homologués comme véhicules motorisés." Lorsqu'un engin appartient à la catégorie des cyclomoteurs, certaines obligations s'appliquent : rétroviseur, immatriculation, pneus adaptés aux vitesses élevées, etc. "Or ces vélos ne présentent pas ces équipements. Dans ces conditions, ils ne peuvent pas rouler. Ils ne sont pas homologués."

Les fat bikes homologués peuvent prendre la route, mais à une condition : être assurés. En effet, la Sécurité routière a également rappelé en janvier 2026 que pour les fat bikes électriques roulant à plus de 25 km/h, l'assurance est obligatoire. "Circuler sans assurance constitue un délit passible d'une amende pouvant aller jusqu'à 3 750 euros en cas de poursuite devant le tribunal", ajoute la Sécurité routière.

"Dans les faits, le risque d'amende lors d'un contrôle est malheureusement faible, estime Olivier Moucheboeuf. Les forces de l'ordre ne procèdent pratiquement pas à des vérifications sur la route." En revanche, selon Olivier Moucheboeuf, le véritable risque est en cas d'accident. "Sans assurance, les conséquences peuvent être graves." Le dernier risque est sanitaire : "Ces vélos sont pour la plupart des produits chinois dont les batteries ne répondent pas toujours aux exigences européennes. Les incendies liés aux batteries au lithium peuvent être particulièrement graves."

Dans l'alerte publiée par l'UESC, 94% des vélos non conformes sont effectivement des fat bikes, "mais cela ne signifie pas que tous les fat bikes sont illégaux. Certains fabricants produisent des modèles parfaitement conformes. Malheureusement, ces acteurs respectueux des règles se retrouvent aujourd'hui dans une situation très difficile, car ils ne peuvent rivaliser avec les produits non conformes, souvent plus puissants et moins chers", souligne Olivier Moucheboeuf.

 

Pour enrayer la situation, l'UESC a alerté la Répression des fraudes. "En plus de tous les risques pour les usagers, nous déplorons la concurrence déloyale que subissent les fabricants de vélos à assistance électrique conformes à la réglementation. Ces entreprises investissent énormément pour concevoir des vélos respectant les normes en vigueur, alors qu'elles se retrouvent confrontées à des engins plus puissants et plus rapides, vendus sur Internet."