En France, on n’imagine pas le maçon comme se bâtissant une fortune. Selon les chiffres, même après plusieurs années, un pro touche rarement plus de 2 700 euros bruts par mois. Ceux qui commencent leur carrière peuvent même débuter au Smic, avec à peine de quoi payer un loyer et les courses pour toute la famille. Le salaire reste souvent modeste, surtout comparé à la pénibilité. Monter les murs, couler du béton ou préparer un chantier sous la pluie reste un défi quotidien.

Pourtant, il existe des endroits en Europe où ces métiers sont recherchés et bien mieux payés. Les salaires y ont pris l’ascenseur, notamment en Norvège, où ils ont encore progressé de plus de 4% en un an. C’est ce qu’explique Pablo González, un Espagnol du secteur du BTP, dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube. Installé depuis plus de sept ans dans une grande entreprise de construction, il sillonne les chantiers du pays et observe de près l’évolution du secteur. Arrivé en Norvège en 2011, il a vu le pays faire face à un défi : une main-d’œuvre locale insuffisante alors que le nombre de chantiers explose.

Son constat est clair : il n’y avait plus assez de professionnels formés localement pour répondre à la demande. Résultat, les entreprises recrutent massivement des travailleurs venus de l’étranger, qu’ils soient polonais, baltes, espagnols ou encore français. Les chantiers ne désemplissent pas, alors les salaires suivent cette dynamique.

C’est en Norvège que travaille Pablo González. Dans sa vidéo, il détaille sans détour ce qu’on gagne sur un chantier. Le salaire minimum du secteur y est fixé par la loi. "Pour les gens qui ont une spécialisation, il est de 209 couronnes de l’heure, soit environ 20 euros", explique-t-il. Sans qualification, on démarre à 188 couronnes, "environ 18 euros". Selon ses chiffres, un peintre touche en moyenne 3 600 euros bruts par mois, un plombier 4 100 euros et un grutier 4 300 euros. Et pour les postes de direction, "on est autour de 62 000 couronnes brutes par mois, environ 6 200 euros", poursuit-il.

La couronne ayant baissé depuis sa vidéo, les 62 000 couronnes valent aujourd’hui environ 5 600 euros. Les chiffres officiels confirment l’écart avec la France. Selon Statistics Norway, un maçon norvégien gagne en moyenne 49 770 couronnes brutes par mois en 2025, soit environ 4 520 euros, près de 1,7 fois le salaire d’un maçon confirmé en France.

Les conditions sont aussi enviables côté horaires. On travaille le plus souvent de 8h à 16h, pour 37,5 heures par semaine. Certaines structures proposent même douze jours de travail d’affilée puis neuf jours de repos, idéal pour rentrer voir la famille à l’étranger. Les heures supplémentaires sont mieux payées.

L’envers du décor se voit sur le ticket de caisse. Les prix en Norvège restent 28,6% au-dessus de la moyenne européenne. Par comparaison, ils ne sont que 10,3% supérieurs en France. Faire son plein ou remplir le caddie coûte donc plus cher au maçon norvégien qu’au Français. Les écarts de salaire restent toutefois bien plus marqués que les écarts de prix.