Créé en 2023, le montant net social apparaît désormais sur toutes les fiches de paie, aussi bien sur celles des salariés que sur celles des fonctionnaires. Il se situe, la plupart du temps, en bas du bulletin de salaire juste au-dessus de la ligne "net à payer".

L'objectif du montant net social est de faciliter l'accès des salariés et des fonctionnaires aux prestations sociales. C'est désormais ce montant qui sert de revenu de référence pour le calcul des aides sociales, notamment la prime d'activité et le Revenu de solidarité active (RSA). Les travailleurs éligibles à ces minimas sociaux doivent donc indiquer à la Caisse d'allocations familiales (CAF) ou à la Mutualité sociale agricole (MSA) leur montant net social et non plus leur "net à payer", comme c'était le cas il y a encore quelques années.

Cependant, depuis sa création, le montant net social a certes permis à davantage de salariés de profiter des prestations sociales, mais en parallèle il a engendré une légère baisse des aides versées à certains travailleurs.

Si le "net à payer" correspond à la somme réellement versée sur le compte en banque du salarié, le montant net social représente, quant à lui, le revenu du salarié après déduction des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, ect). Dans le montant net social sont donc inclus certains avantages comme les tickets restaurant et surtout le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu. Ainsi, le montant net social est toujours plus élevé que le "net à payer". Et la logique de la CAF et de la MSA est implacable : plus les montants déclarés sont élevés, moins les aides sont généreuses.

Or, dans son projet de loi de finances pour 2027, le gouvernement prévoit d'alourdir encore le montant net social des travailleurs. L'exécutif compte désormais inclure dans le calcul de ce montant les contributions versées par l'employeur pour financer la complémentaire santé, la prévoyance et la retraite supplémentaire. Le texte parle de "rétablir l'équité entre les allocataires bénéficiant d'un financement employeur pour ces garanties et ceux n'en bénéficiant pas".

Si cette mesure venait à être adoptée, elle engendrerait une hausse du montant net social pour les salariés dont l'employeur paye la moitié ou du moins une partie de la mutuelle. Idem pour celles et ceux qui bénéficient d'une contribution prévoyance décès et invalidité. Leur éventuelle prime d'activité ou leur RSA seront alors revus à la baisse. D'après les données de la CAF et de la MSA, en juin 2026, 4,731 millions de foyers touchaient la prime d'activité et 1,891 million de foyers percevaient le RSA.