On vient de vous percuter de plein fouet. Votre voiture est retournée, vous êtes étourdi, votre téléphone, lui, est inaccessible. Mais sur votre tableau de bord, un bouton affublé d'une mention : SOS. On l'appelle le système d'appel d'urgence, ou eCall. Ce petit bouton permet de contacter par une simple pression le 112, numéro d'urgence européen. Depuis 2018 dans l'Union européenne, chaque nouveau modèle de véhicule homologué doit en être équipé.

Problème : l'appel d'urgence risque de devenir inutilisable pour 64 millions de véhicules européens. Parmi eux, plus de quatre millions se trouvent en France, selon des estimations. La faute à la disparition de vieux réseaux de télécommunication, la 2G et la 3G.

Concrètement, d'ici à la fin de l'année 2026, fini le réseau 2G et d'ici à 2029, au revoir la 3G. Les opérateurs téléphoniques vont couper ces réseaux petit à petit, rendant obsolètes certains équipements connectés, si rien n'est fait.

Sans intervention, ces coupures rendront inopérants les modules eCall de première génération utilisés principalement de 2018 à 2025. Les véhicules homologués aujourd'hui échappent au problème : depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, les constructeurs ont l'obligation d'équiper les véhicules neufs d'un eCall de nouvelle génération fonctionnant sur les réseaux 4G et 5G.

Il faudrait donc mettre à jour les boîtiers de quatre millions de voitures équipées d'un eCall première génération. Seulement voilà, la facture est salée : 28 milliards d'euros à l'échelle de l'Union européenne et 1,4 milliard rien que pour la France. Le remplacement ou la mise à niveau du module eCall coûte en moyenne 360 euros par véhicule.

A la fin de l'année, l'impact de l'arrêt de la 2G risque d'être limité. En effet, peu de boîtiers fonctionnent exclusivement sur ce réseau ; la plupart disposent de modules mixtes 2G/3G. Le véritable point de rupture interviendra donc à la fin de la décennie, lors de l'extinction définitive de la 3G.

Pour limiter la casse, les auteurs d'une étude envoyée à la Commission européenne proposent aux Etats membres de maintenir un réseau 2G ou 3G jusqu'en 2030 au moins. Cette prolongation offrirait un court répit. Elle permettrait de garantir la continuité de ce service, tout en laissant le temps au marché de développer des alternatives abordables (boîtiers plug & play, applications mobiles avec détection d'accident, mises à jour logicielles).