Comment réussir son apprentissage tout au long de la vie grâce au digital ?

85 % des emplois de 2030 n'existent pas encore. Comment anticiper ces métiers et reconversions de demain et comment apprendre à se former toute sa vie ?

Selon une étude publiée par Dell et l’Institut pour le Futur, 85% des emplois de 2030 n'existent pas encore et les nouvelles générations seront amenées à changer 3 à 4 fois de métier tout au long de leur vie professionnelle. Comment anticiper ces métiers et reconversions de demain et comment apprendre à se former toute sa vie ?

Le gouvernement français a lancé le « passeport de compétences » en juillet 2021, avec l’objectif de valoriser son parcours professionnel tout au long de sa vie. En d’autres termes, continuer à se former en permanence pour s’adapter aux évolutions des métiers et de notre carrière, à l’apparition de nouveaux secteurs d’activité. Or le rôle du digital est fondamental dans cette transformation : l’ensemble des parties prenantes doit donc être en mesure d’en tirer parti pour les décennies à venir. En voici les clés résumées en trois grands points.

Une transformation des infrastructures technologiques

Les enseignants nous disent souvent que ce n’est pas la technologie qui fait la pédagogie, mais comme dans tous les secteurs d’activité passés au numérique depuis presque 20 ans maintenant, les avancées technologiques sont telles qu’elles rendent possibles des évolutions inaccessibles voire inenvisageables jusqu’alors sans elles.

C’est donc le premier pilier de toute transformation, l’infrastructure nécessaire aux transformations pédagogiques et à leurs modèles. Bien entendu, ces deux dernières années, l’accélération a été phénoménale à cause de la pandémie. Mais encore faut-il faire les bons choix techniques, pérennes, sécurisés, et permettant d’évoluer au rythme effréné des évolutions du domaine. S’entourer d’acteurs référents est d’ailleurs fondamental, les équipes informatiques internes ayant parfois du mal à suivre ces évolutions, engluées dans les problématiques de maintenance des systèmes d’information existants.

Aujourd’hui il est impératif de porter son choix sur les infrastructures et les solutions dans le cloud, en SaaS, favorisant l’agilité, l’accès direct aux fonctionnalités sans contraintes techniques, et à leur évolution dans le temps. Les solutions à installer en local nécessitant de fortes compétences techniques, aussi bien en déploiement qu’en maintenance et en matière de sécurité, elles représentent des risques majeurs, et empêchent les équipes informatiques et métiers de se concentrer sur les évolutions et l’innovation.

La transformation de l’infrastructure technologique est donc clé pour tous les acteurs de la formation.

Une transformation de la pédagogie grâce au numérique qui pérennise la qualité des enseignements et étend les champs du possible

Oublié les apprentissages traditionnels en mode descendant : l’heure est à l’interaction. Plus précisément, nous sommes entrés dans l’ère de la « pédagogie inversée ». Les apprenants veulent participer, être acteurs de leur formation. Ils veulent donner leur avis, et ne pas écouter passivement un « sachant » dans une salle. Les méthodes d’apprentissage sont bousculées. On l’a vu bien entendu pendant le confinement, et les enseignants qui ont su en profiter pour changer leurs structures de cours, ont découvert les avantages du distanciel, tandis que les autres, enseignants comme étudiants, ont subi avec douleur cette période.

L’interaction est clé, elle permet la participation active à grande échelle. Des QCM en ligne accessibles depuis son mobile, des sondages à chaud sur la compréhension des concepts abordés, des études de cas étudiées en pair-à-pair jusqu’à des sessions de corrections par les pairs, toutes ces nouvelles modalités permettent aux enseignants de prendre la température de la classe en temps réel et d’ajuster leurs cours en fonction du niveau et de l’attention constatée.

Mais ils permettent aussi aux étudiants d’être pleinement actifs, de travailler en petits groupes, y compris à distance, avec tous les outils de co-production nécessaires à la réflexion, l’échange et la collaboration en ligne. C’est démultiplier la capacité d’apprentissage des étudiants, et permettre de tirer profit de tous les contextes d’apprentissage, l’expérience pouvant parfois s’avérer même être plus productive en distanciel qu’en présentiel.

L’enjeu fondamental pour les organisations est alors d’accompagner les enseignants et les formateurs dans la transformation de leurs cours, la majorité d’entre eux disant n’en avoir pas le temps, ni la connaissance, ignorant ce que ces technologies permettent de faire. C’est alors le rôle des ingénieurs pédagogiques, en co-construction avec les directions du numérique, que d’accompagner cette transformation. Car il n’est pas rare de devoir passer 20 à 30 heures de son temps pour faire évoluer son cours, puisqu’il ne s’agit pas de le transposer tel quel, mais souvent de le déstructurer pour le reformater et tirer profit de tout le potentiel offert par les plateformes numériques, tout en pérennisant la qualité des enseignements.

Opérer cette transformation pédagogique est clé pour tous les acteurs de la formation, universités ou écoles. C’est une condition sine qua non pour proposer une formation de qualité adaptée aux attentes de tous les professionnels, du démarrage de leur carrière en tant que jeune diplômé jusqu’à leur retraite. Et ce sont ces modalités d’apprentissages flexibles alliées à la pertinence et à la qualité pédagogique qui vont particulièrement permettre de s’inscrire dans une perspective d’apprentissage à long terme, tout au long de sa vie (lifelong learning).

Une transformation des modèles d’affaire des institutions de formation

Il s’agit de coupler une transformation organisationnelle à la transformation de son modèle de vente. En interne, les organisations doivent opérer une volteface. A la clé, une modification des process, des méthodologies des cours, des cursus, du parcours apprenant, et même de la façon dont on va distribuer, capter les apprenants, vendre ses offres et certifier ses formations avec la sécurité qui va avec.

On le voit déjà sur le marché aujourd’hui, avec des sociétés comme OpenClassrooms ou Studi en France, la transformation est en route, avec des cours en ligne, très interactifs et diplômants. Dans le monde de l'informatique, il est déjà devenu fondamental, y compris dès ses études dans les écoles dédiées, d’obtenir les certifications en ligne des grands acteurs du domaine, tellement les technologies évoluent vite, et les employeurs les exigent.

Tous les acteurs de l’apprentissage ont un rôle à jouer dans la vie professionnelle de leurs apprenants. Maintenir le lien est important. Le numérique, c’est l’occasion de proposer des formations additionnelles et ce, tout au long de la vie. C'est aussi un formidable levier de croissance, certaines universités ont pu multiplier par 4 leur nombre d’étudiants grâce à leurs nouvelles offres de formation certifiantes à distance, ainsi que le chiffre d’affaires qui va avec. Et c’est aussi l’opportunité de capter des populations difficilement accessibles parfois, comme certains apprenants géographiquement éloignés ou en situation de handicap. Un accès totalement inclusif.

En conclusion, à l’heure de l’accélération des technologies et de la démocratisation des usages numériques, la formation continue et l’enseignement initial doivent se les approprier afin de rester les partenaires privilégiés de tous les apprenants, et les accompagner tout au long de leur vie professionnelle. Et l’enjeu des décennies à venir pour tout un chacun, c’est de rester acteur de son devenir, en réussissant sa « lifelong learner » expérience !

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1 https://passeportcompetences.com/

2 « Lifelong Learner » : sa formation tout au long de sa vie professionnelle

3 https://www.bcdiploma.com/fr/blog/itw-laurence-carlinet-executive-director-france-new-partnerships-ets-global-2021-11-09  - https://www.bcdiploma.com/fr