De facteur à riche patron : il bâtit un réseau de 200 franchises grâce à la voiture de sa belle-mère et génère 60 millions d'euros

De facteur à riche patron : il bâtit un réseau de 200 franchises grâce à la voiture de sa belle-mère et génère 60 millions d'euros Parti de rien, Michael Ledoux a transformé une vente d'occasion en un business model fructueux en 2026. Aujourd'hui maillon florissant du commerce automobile français, il est la tête de pont d'un réseau de 200 franchises en pleine expansion.

C’était en 2009. Michael Ledoux était alors salarié pour La Poste lorsque sa belle-mère lui a donné, malgré elle, une idée à 60 millions d’euros. “Grâce à elle, j’ai trouvé un business model novateur”, raconte ce Seine-et-Marnais au Journal du Net.

Cette success-story est née d’un coup de main : à l'époque, sa belle-mère souhaite revendre son Audi A3. Sur le marché, la voiture est estimée à 25 000 euros, mais la vente entre particuliers implique des contraintes : publier une annonce, recevoir des acheteurs, gérer les démarches. Et passer par un professionnel ne semble pas être une meilleure solution.

“Les concessionnaires acceptaient de reprendre son Audi pour 20 000 euros seulement”. 5 000 euros jetés par la fenêtre : le manque à gagner est trop grand. “Je me suis alors occupé de la vente”, se souvient Michael Ledoux. Il publie l'annonce, trouve l’acheteur et vend la voiture 25 000 euros. “Je me souviens encore de cette phrase de ma belle-mère : ‘Comme tu m’as fait gagner 5 000 euros, je t’en donne 800’”. Maintenant, une question se pose : peut-il répéter l’opération et en faire son métier ?

Michael Ledoux se met en marche. Livreur de colis, il fait sa pub lors de ses tournées et demande à ses collègues de faire de même. Rapidement, les premiers clients affluent. Face à ce succès, il quitte La Poste et se lance pleinement dans son activité. Mais les débuts sont chronophages.

“Chaque vente nécessite trois déplacements chez le vendeur. D’abord pour photographier le véhicule, puis pour assurer les visites avec les acheteurs, et enfin pour finaliser la transaction.” Des heures de déplacements qui lui font perdre du temps et de l’argent. C’est un client qui lui fera remarquer ce problème.

“Pour optimiser l'activité, un client, ancien financier, me donne un conseil : ouvrir un local. Cela me permettrait de tout faire sur place et ainsi de recevoir plus de clients”, se souvient Michael Ledoux. L'effet est immédiat : en 2011, sans la contrainte des déplacements, il parvient à traiter cinq fois plus de dossiers.

Le succès de cette première agence fait des émules et l'idée d'un réseau commence à germer. Un deuxième point de vente ouvre, géré par un ancien collègue de La Poste. “Lorsqu’un client est venu vers moi avec la volonté de gérer une troisième boutique, il n’y avait qu’une chose à faire : lancer des franchises.” C'est le début de l'expansion : Transakauto est véritablement née.

Alors que tout semble lui réussir, Michael Ledoux traverse une crise majeure. Trois ans après le lancement, il s’associe pour accélérer le développement. Le réseau s’étend rapidement - 20 points de vente sont créés -, mais son associé quitte subitement Transakauto, fonde une entreprise concurrente en emportant au passage le fichier client.

Endetté à hauteur de 500 000 euros, Michael Ledoux voit le réseau chuter de 25 à 7 points de vente. Pressions bancaires, huissiers et contrôle fiscal plongent l’entreprise au bord de la faillite. Dos au mur, il engage toutes ses économies personnelles et s’endette auprès de ses proches. “Il m’a fallu trois ans pour revenir dans le vert”, résume-t-il.

En 2018, il prend un virage stratégique majeur en misant sur les réseaux sociaux. Il investit massivement LinkedIn et Instagram, se mettant en scène pour humaniser la marque et regagner la confiance du marché. Ce choix va être le moteur de son expansion nationale.

Le véritable tournant survient paradoxalement au moment de la crise sanitaire. Alors que la France est confinée, Michael Ledoux multiplie les contenus sur les réseaux sociaux et, à la sortie de la crise du Covid, Transakauto voit son nombre de franchisés exploser. “Beaucoup de salariés ne voulaient plus de leur patron et cherchaient à gagner de l'argent et changer de vie”.

En seulement quatre ans, Transakauto passe de 60 à 200 points de vente. En 2025, il finit l’année avec un chiffre d'affaires du réseau avoisinant les 60 millions d'euros. “Très sincèrement, je viens sûrement de vivre l’une des années les plus épanouissantes de ma vie”, écrit-il sur LinkedIn.

L'objectif est maintenant d'aller là où la marque n’est pas encore implantée. “Notre réseau couvre toutes les grandes et moyennes villes de France.” Michael Ledoux souhaite aussi “faire en sorte que les franchisés deviennent encore meilleurs” et accompagner le développement de Transakmoto, sa nouvelle marque.