Le futur du design, tous designers ou designer leader?

Les designers sont-t-ils en train de perdre le monopole de la créativité en entreprise ? Le design est en train de devenir un sujet de formation pour manager comme l’était la gestion du temps ou la communication positive il y a vint ans.

Le design est à la mode. Après les formations à la créativité ou à l'animation de réunions créatives, le design thinking (notamment) est devenu en quelques années une passage obligé pour les managers et collaborateurs des entreprises qui cherchent à faire d'avantage  que de l'innovation washing. Voici 5 tendances de Design-management qui m'ont été inspirés par les interventions de Scott Belsky et Tyrsa présentées cette semaine au palais de Tokyo. 
 
Tous Designers !

Historiquement, pour devenir un designer, il fallait suivre des études de dessin industriel ou d’ergonomie avant de se spécialiser en design industriel pour espérer décrocher un job. A l’époque être designer n'était pas forcément une vocation et n’était pas reconnu. Depuis, plusieurs événements ont marqué le monde du design. Apple et Jony Ives ont démocratisé l’idée que le design était important. Et ont pas la suite sans doute créé de nombreuses vocations. Par la suite, il y a eu IDEO qui a popularisé la méthodologie du design thinking. Approche qui s'est faufilée en entreprise au point de devenir la formation managériale à la mode. Simultanément, Adobe a intégré deux atouts qui lui sont maintenant majeurs. D’un coté l’intelligence artificielle dans ses outils, les rendant de plus en plus simple à utiliser et de l’autre le creative cloud permettant de collaborer plus facilement. 

Cela risque de motiver les designers qui souhaitent rester compétitif vers de nouvelles expertises en neuro-économie, en ingénierie pédagogique ou en relation commerciale. 

Le Designer programmeur

Pour rebondir sur la tendance de l’IA, il y a une étape qu’il nous reste à atteindre avant de tous perdre notre job. C’est celui de la robotisation dans laquelle l’ordinateur complète les capacités humaines. Le designer a déjà atteint cette étape. L'IA permet d'assister le designer en lui proposant des variations de son travail. Pour cela, le designer doit nourrir le système d’informations sur la direction à suivre, les contraintes et le problème à résoudre. Le design final est ensuite sélectionné par le designer parmi les propositions de l'IA. 

Avec ces technos, les designers devront être plus que jamais des curateurs de tendances et d’émotions, et intimement comprendre les attentes exprimées et non exprimées de leurs clients. 

De l'ego à la collaboration

Connaissez-vous des designers de moins de 50 ans ? Depuis que le design est devenu un cursus scolaire il s’est démocratisé voir bureaucratisé. Le métier est désormais un process collaboratif dont le résultat final n’est plus traçable à une seule personne . Cette collaboration est favorisée par les possibilités technologiques actuelles comme le creative cloud de Adobe qui règne sans égal sur la profession. Apple étant toujours en train de récupérer son retard sur le sujet.
 
Les jeunes designers doivent aujourd’hui jouer sur deux tableaux. Comprendre la chance que peut leur offrir l’assistance d’une IA dans l’enrichissement de leur style. Et en même temps, développer et comprendre comment leur discipline s'interface avec la technologie et les affaires. Pour cela il suffit de voir ce que fait l’école des Gobelins d’où est issu Tirsa en créant des binômes apprentis photographe/apprentis cuisiniers de l'école de Ferrandi. 

Le Design, ce n'est pas pour faire joli

Un nouveau type de design fait son apparition, qui n’est plus centré produit : Le business design. L’enjeu n’est pas l’ergonomie ou l’esthétisme mais la création de valeur. Pour ma part, le business design c'est l’utilisation de méthodes et de process de design appliqués à la création de valeur de l’entreprise selon 3 piliers:
- Le développement et l'innovation du business model
- La valorisation de l’expérience clients et la relation avec les clients et les non-clients 
- La transformation de la culture d’entreprise en s’appuyant sur un management favorisant l’innovation 

Le designer-leader

Le rôle du designer deviendra de moins en moins outsourcé et trouvera sa place dans les entreprises mêmes les plus petites. Non pas comme un dessinateur industriel, un artistes, ou une star mais comme le facilitateur de collaboration entre les équipes internes, les intervenants externes et bientôt les IA. Ce qui signifie qu’il doit non seulement être équipé en outils ou en méthodes mais désormais en pratique de management. Pour se préparer à ça, ils doivent être au centre de la création et des décisions qui seront prises en terme de développement et de recrutement.  Par exemple, le MIT a créé un cursus de design intégré et management 

J’espère que cette réflexion sur le "designer leader" qui favorise la collaboration va nous permettre d’éviter la monoculture qui semble nous guetter dans le design à l'heure ou beaucoup de managers et dirigeants pensent toujours qu'ils peuvent se passer de design en copiant ce qui existe. Exemple encore récent de cette start-up Utilisant la police de Google et le bleu Facebook pour créer leur logo. Quelle originalité  et surtout, quelle personnalité !  

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