De nombreux incendies ravagent le territoire français. Résultat : 120 000 hectares sont partis en fumée, des centaines de logements ont été détruits par les flammes et plus de 250 000 personnes ont dû évacuer leur domicile. Sur ce point, les bilans de Météo-France sont formels : "Le réchauffement climatique engendre des températures élevées, une absence de pluie, un faible taux d'humidité, et une végétation particulièrement sèche, qui aggravent la propagation des incendies".

Malgré ce constat, et contrairement à ce que pensent de nombreux Français, les incendies ne sont pas indemnisés par le "régime catastrophes naturelles" des compagnies d'assurance. Ce régime offre pourtant des garanties plus avantageuses aux assurés. En clair, aux yeux des assureurs, les incendies ne sont pas comparables à d'autres aléas climatiques comme les inondations, les tempêtes, ou les mouvements de terrain.

En effet, 9 feux de végétation sur 10 sont d'origine humaine selon l'Observatoire des forêts. Par conséquent, "leur indemnisation relève exclusivement des contrats d'assurance automobile ou habitation classiques", explique le comparateur Assurland.

Or, lorsqu'un sinistre est reconnu comme une catastrophe naturelle, la franchise – c'est-à-dire la somme non remboursée par l'assureur – est fixée par la loi. Elle s'élève à 380 euros. Dans le cas d'un incendie, le montant de la franchise est donc fixé librement par la compagnie d'assurance, ce qui peut conduire les assurés à devoir payer bien plus cher.

Autre différence, pour une catastrophe naturelle, l'assuré dispose de 30 jours pour déclarer le sinistre à son assureur, alors que pour un incendie, ce délai est limité à 5 jours. Toutefois, face à la gravité de la situation actuelle, les assureurs ont décidé d'assouplir leurs règles. "Les sinistrés des incendies en cours dans les Landes, le Var ou en Gironde ont jusqu'au 31 août pour remplir leur déclaration", indique France Assureur, la fédération française des professionnels de l'assurance.

De plus, un contrat d'assurance habitation ne garantit pas forcément une indemnisation pour tous les dégâts causés par un incendie. "Tout dépend du type de contrat souscrit", précise France Assureur. Certes, la garantie incendie couvre les dommages résultant directement du feu, comme un logement ou des meubles brûlés. En revanche, la couverture des dommages indirects (traces de fumée sur les murs, porte brisée par l'intervention des secours) "n'est pas systématique", prévient la fédération des assureurs.

Idem pour les biens situés à l'extérieur du logement. Les abris de jardin, les terrasses ou les piscines sont couverts uniquement si l'assuré a souscrit une option spécifique baptisée "équipements extérieurs" ou "jardin". Sans ça, pas de remboursement.