Les vacances ne sont pas qu'un simple divertissement ou une parenthèse récréative dans l'année. Pour les salariés, elles jouent un rôle direct et mesurable sur la santé physique, l'humeur, le niveau d'énergie et même, indirectement, sur la productivité au travail. La science s'est penchée sérieusement sur la question et ses conclusions remettent en cause bien des idées reçues. Il existe une durée idéale de congés pour tirer le maximum de bénéfices.
Des chercheurs de l'université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas, ont en effet étudié la santé et le bien-être de 54 employés de manière rapprochée : une mesure avant le départ, trois à quatre mesures pendant les congés, puis cinq mesures après la reprise du travail. Et les résultats sont sans appel. Dès les premiers jours de congé, les indicateurs de santé et de bien-être commencent à grimper. Les participants rapportent une meilleure humeur, davantage d'énergie, moins de fatigue, moins de tension et un état de santé perçu comme supérieur à celui mesuré deux semaines avant le départ.
Mais ce qui intrigue le plus les chercheurs, c'est la dynamique temporelle de ces bénéfices. La santé et le bien-être ne continuent pas d'augmenter indéfiniment au fil des jours de repos. Après une montée rapide dans les tout premiers jours, les niveaux atteignent un plateau. Selon les données, le pic de bien-être est atteint dès le huitième jour de vacances. C'est à ce moment-là que les niveaux de santé, d'énergie, de satisfaction et de bonne humeur sont les plus élevés. Au-delà, les bénéfices stagnent. Partir trois semaines ne rend pas plus reposé ni plus heureux que partir huit jours, du point de vue de la récupération psychologique et physique mesurée par les chercheurs.
Plus troublant encore : ces bienfaits disparaissent à une vitesse déconcertante. Dès le premier jour de reprise du travail, les niveaux de santé et de bien-être sont déjà retombés à leur valeur d'avant les vacances. En quelques jours à peine, l'effet vacances est réduit à néant.
Face à ce phénomène d'effacement rapide, les chercheurs formulent une recommandation claire. Plutôt que de miser sur une unique longue période de vacances dans l'année, il est bien plus judicieux de répartir plusieurs courtes coupures d'au moins une semaine tout au long de l'année. Cette stratégie permet de bénéficier régulièrement du pic de récupération, sans attendre que l'épuisement s'accumule pendant de longs mois.
Les auteurs vont même jusqu'à comparer les vacances au sommeil : se demander pourquoi partir en vacances si les effets disparaissent reviendrait à se demander pourquoi dormir puisqu'on sera fatigué à nouveau le lendemain. Le corps a besoin de ces cycles réguliers de récupération pour fonctionner durablement.