Avec la sécheresse, les maisons travaillent. Cet été particulièrement, après des pics de canicule successifs, les terrains sont au plus sec dans la majorité de la France. Et lorsque le sol s'assèche en profondeur, les conséquences peuvent être spectaculaires : des fissures apparaissent sur les façades, les murs se lézardent, les portes ferment mal. .

Ce phénomène porte un nom : le retrait-gonflement des argiles. Le principe est simple à comprendre. Lorsqu'un sol est argileux, il est fortement sensible aux variations de sa teneur en eau et se comporte comme une éponge. En période sèche, l'évaporation le fait se rétracter : c'est le retrait. A l'inverse, en période pluvieuse ou humide, l'apport en eau le fait gonfler. Ces fortes variations de volume dans le sol créent des mouvements de terrain sous les constructions. 

L'ampleur du problème est considérable. Selon l'Etat français 55% du territoire hexagonal est situé en zone d'exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles. Concrètement, cela représente environ 12 millions de maisons individuelles exposées à un risque moyen ou fort. 

Depuis 2020, la loi ELAN impose des règles de construction adaptées dans les zones les plus exposées. Concrètement, celui qui vend un terrain constructible en zone argileuse doit fournir une étude de sol à l'acheteur, pour que celui-ci sache exactement sur quoi il va bâtir. De même, pour construire ou agrandir une maison dans ces zones, le constructeur doit adapter les fondations et les techniques de construction à la nature du terrain. Une précaution loin d'être superflue : une maison bien conçue dès le départ peut échapper aux fissures.

Mais encore faut-il savoir si son terrain est concerné. C'est là qu'intervient la grande nouveauté. La carte d'exposition du territoire au phénomène de retrait-gonflement des argiles a été mise à jour en janvier 2026, et ce nouveau zonage est juridiquement applicable depuis le 1er juillet. Consultable sur le site georisques.gouv.fr, cette carte permet à chacun de vérifier, à partir de son adresse, si son habitation ou son terrain se situe en zone d'exposition.

Et pour les propriétaires déjà touchés ou inquiets, l'Etat va plus loin. Depuis octobre 2025, un fonds de prévention du retrait-gonflement des sols argileux est expérimenté dans 11 départements particulièrement exposés et sinistrés : l'Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, la Dordogne, le Gers, l'Indre, le Lot-et-Garonne, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, le Puy-de-Dôme, le Tarn et le Tarn-et-Garonne.