L'arrêt de travail va-t-il finir par disparaître ? Derrière cette question exagérée se dresse un réel constat : le gouvernement multiplie les mesures pour limiter les arrêts maladie. Tantôt sur la durée, tantôt sur les contrôles, parfois sur l'indemnisation. L'État ne manque pas de ressources pour essayer de faire la moindre économie sur les salariés malades. La dernière en date remonte au 25 juin 2026.
Une nouvelle loi a modifié l'article L. 6316-1 du Code de la santé publique, relatif notamment à la télémédecine. Les nouvelles règles sont simples et concernent le renouvellement. "Aucun renouvellement ultérieur de l'arrêt de travail ne peut être prescrit par un acte de télémédecine" dit la loi. Comprenez qu'il est désormais interdit de renouveler un arrêt de travail en ligne via la téléconsultation.
Le texte ajoute toutefois que des dérogations à cette nouvelle mesure sont possibles dans des cas très précis. D'abord si le renouvellement est prescrit par le médecin traitant ou par la sage-femme référente du patient, qui conservent le droit de prolonger l'arrêt à distance . Enfin, le recours à la téléconsultation reste admis avec un autre praticien si le malade justifie d'une impossibilité manifeste de consulter un médecin en face-à-face pour obtenir sa prolongation.
Et au sein même des téléconsultations, les règles se durcissent. Un arrêt de travail ne peut désormais être prescrit qu'après une consultation en direct. Toute communication écrite comme les questionnaires médicaux, les mails ou les messages ne suffiront plus. Un dialogue est obligatoire en visioconférence ou au téléphone.
En plus de cela, l'État est venu durcir une règle déjà existante : la limite des 3 jours. Son fonctionnement est simple : la prescription initiale d'un arrêt de travail effectué par télémédecine est plafonnée à trois jours maximum. Cette règle de base a désormais une portée étendue. En effet, le plafond de trois jours s'applique désormais à la prescription initiale ainsi qu'au premier renouvellement. La loi interdit qu'un arrêt prescrit en ligne vienne prolonger un arrêt en cours si cela conduit à dépasser la durée totale de trois jours. Et l'État va même plus loin : un arrêt de travail qui a déjà été renouvelé une première fois par télémédecine ne pourra plus être prolongé de cette manière.
Le salarié devra impérativement voir un médecin physiquement pour que son arrêt maladie continue. S'il est incapable d'avoir un rendez-vous en face-à-face ou qu'il doit consulter son médecin traitant ou sa sage-femme référente, il pourra toutefois bénéficier d'une dérogation pour poursuivre son arrêt.