32% des salariés français ont été au moins une fois en arrêt de travail en 2025 selon une étude menée par Malakoff Humanis. Un taux que le gouvernement juge trop élevé, surtout au vu des dépenses que cela engendre pour l'Assurance maladie : 17,9 milliards d'euros l'an dernier. Face à un tel coût, l'Etat a choisi de renforcer l'encadrement des arrêts de travail.

Dans un premier temps, le décret du 12 juin 2026, entré en vigueur le 1ᵉʳ septembre dernier, est justement venu limiter la durée des arrêts de travail. Depuis la rentrée, un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme ne peut plus délivrer un arrêt de travail de plus de 31 jours. Si le salarié souhaite renouveler son arrêt de travail, le praticien ne pourra pas lui fournir un document dont la durée de validité est supérieure à 62 jours.

Mais la croisade de l'exécutif contre les dépenses de l'Assurance maladie ne s'arrête pas là. Un autre décret, beaucoup moins médiatisé, va bientôt être officialisé. Le texte prévoit une baisse des indemnités versées aux salariés après un accident du travail ou après le diagnostic d'une maladie professionnelle. Le ministère du Travail compte faire passer, à compter du 1ᵉʳ novembre 2026, le plafond des indemnités journalières à 1,8 Smic, contre plus de 3 Smic actuellement.

Le montant maximal des indemnités versées aux salariés concernés passerait d'environ 240 euros par jour, pour les 28 premiers jours d'arrêt, à environ 112 euros par jour après l'entrée en vigueur du décret.

Les salariés dont le salaire brut dépasse 1,8 Smic (3 360,63 euros bruts par mois) verront donc leur salaire journalier de référence baisser drastiquement. Pour rappel, le salaire journalier de référence sert de base au calcul des indemnités versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle. De fait, cela conduira à réduire le montant des indemnités que leur attribue l'Assurance maladie.

Le Code du travail prévoyant le versement d'un complément employeur à ces indemnités journalières pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté, l'abaissement du plafond sera donc compensé dans la majorité des cas par l'employeur. Cette nouvelle règle représente donc un coût supplémentaire pour les entreprises qui devront absorber cette charge.

Au-delà de ce futur décret, le gouvernement prévoit également d'inscrire dans le prochain projet de loi de finances de la Sécurité sociale la fiscalisation intégrale des indemnités pour accident du travail et maladie professionnelle. Pour l'heure, ces indemnités ne sont imposées qu'à hauteur de 50%. Les salariés concernés devront donc payer un impôt supplémentaire sur ces indemnités.