ASML : vous ne connaissez peut-être pas ce sigle, pourtant derrière ces quatre lettres se cache un géant des nouvelles technologies, un monstre qui contrôle un maillon critique de l'industrie mondiale.

C'est bien simple : sans cette entreprise, il serait impossible de fabriquer les puces électroniques de pointe essentielles au fonctionnement de ChatGPT, Claude et des grands modèles d'intelligence artificielle actuels.

ASML Holding N.V., pour les intimes, voilà le nom complet de l'entreprise qui contrôle une partie de la chaîne de production des puces d'IA, en d'autres mots l'or du 21e siècle. Rareté dans le monde des grands groupes de la tech, son siège se situe à seulement 140 kilomètres de la France, puisqu'il est basé à Veldhoven, aux Pays-Bas.

Le plus fascinant ? C'est que ASML n'est pas juste la meilleure entreprise dans son domaine, celle qui a réussi à se démarquer. Non, sa suprématie actuelle est le fruit d'une aventure industrielle longue. ASML est la seule entreprise au monde à maîtriser une technologie de pointe aujourd'hui cruciale : la lithographie extrême ultraviolet, un procédé qui permet d'imprimer sur des puces des motifs microscopiques, 10 000 fois plus fins qu'un cheveu. 

Ce contrôle absolu érige l'entreprise en véritable clé de voûte de la tech : la Commission européenne qualifie la lithographie d'ASML de "goulet d'étranglement stratégique mondial". Cet empire s'appuie sur un pôle européen d'entreprises à la pointe de la technologie. C'est cette alliance industrielle et scientifique, pilotée depuis Veldhoven, qui assure à ASML un monopole incontesté.

Mais l'entreprise valorisée à plus de 561,76 milliards d'euros et employant environ 44 000 personnes dans le monde pourrait ne pas conserver son monopole encore longtemps. Une enquête de Reuters publiée en décembre 2025 affirme qu'une équipe chinoise a construit à Shenzhen un prototype capable de produire de la lumière EUV.

Reuters précise que ce prototype n'avait encore produit de puce fonctionnelle et que certains instruments pour les fabriquer constituent encore aujourd'hui des obstacles majeurs. Les sources de Reuters évoquent 2028 comme l'objectif du gouvernement chinois pour obtenir des puces, mais des sources proches du projet jugent 2030 comme plus réaliste.