La tuile. Le mot résume bien le pétrin dans lequel s'est retrouvée Eole en juillet dernier. Il n'est même pas 8 heures quand la jeune femme se fait contrôler à la sortie du métro parisien, gare de Lyon. Aucun souci, pense-t-elle : Eole a son ticket validé sur son téléphone.
Seulement voilà, le contrôleur annonce la mauvaise nouvelle : son titre n'a pas été validé. Eole doit payer une amende. Une hérésie, pour celle qui a fait les choses dans les règles. Quelques dizaines de minutes plus tôt, elle a utilisé son smartphone, équipé du passe Navigo Liberté+ numérique, pour franchir le portique. "J'ai bel et bien passé mon portable sur la borne et la porte s'est ouverte", se défend-elle, preuve à l'appui avec l'historique de son application.
Malgré ses remontrances, Eole devra s'acquitter d'une amende de 70 euros pour titre de transport non validé. "Ça, c'est pas ma faute, c'est la faute de la borne", tente-t-elle de se défendre, en vain.
Eole n'est pas la seule à connaître cette mésaventure. Sam, une amie à elle, a vécu la même galère. Elle aussi a passé les portiques sans encombre, la carte Liberté+ en main. Elle aussi s'est fait arrêter, sommée de payer pour un titre soi-disant non validé. Les contrôleurs ont tout de même pris la peine d'appeler la station de départ pour vérifier une éventuelle panne des tourniquets. Aucune n'a été signalée.
Sam demande alors à consulter les caméras de surveillance. Refus net, c'est "réservé à la police et si on la fait venir, ce sera 150 euros de frais de déplacement". Message reçu. Sam paie, sans discuter davantage.
Sur les réseaux sociaux, ce scénario se répète en boucle. Les témoignages récents comme plus anciens pleuvent. En 2016, déjà, sur le forum de Que Choisir, un parent rapportait que le passe Navigo de son fils n'avait pas été reconnu par la borne du bus. Le contrôleur avait lui-même constaté le dysfonctionnement, mais une amende avait quand même été dressée.
Le problème semble être remonté au Groupe RATP. Dans son rapport 2024, la Médiatrice de la RATP reconnaît que beaucoup de dossiers de franchissement illicite ou de titre non validé s'expliquent par une simple défaillance du valideur. Par ailleurs, les nouveaux supports, smartphones ou passes Navigo Easy, génèrent de plus en plus de litiges.