Quand on pense avoir de la fièvre, on prend un thermomètre. Mais comment agir quand on pense faire un burnout ? S'il est plus compliqué à détecter qu'une grippe ou une gastro-entérite, le burnout touche des millions de salariés français. Un sondage Opinionway publié en 2025 révèle que 45% des travailleurs font face à une situation de détresse psychologique. Un chiffre en hausse de 3% sur un an.
"Si on prend la définition de l'Organisation mondiale de la santé, le burnout est nécessairement lié au travail. Il suit un épisode de stress chronique et revêt trois dimensions. D'abord un état d'épuisement général. Ensuite une distance mentale vis-à-vis du travail, c'est-à-dire du négativisme ou du cynisme. Enfin, il y a une perte d'intérêt et d'efficacité professionnelle", énumère Jean-Christophe Villette, psychologue du travail et directeur général d'Ekilibre.
Si on peut être tenté de dire qu'on est en burnout après une mauvaise journée, c'est pourtant impossible. Le burnout est un processus. "Ça ne se fait pas du jour au lendemain, c'est un long procédé qui peut prendre 6 ou 9 mois. Il faut généralement plusieurs semaines à quelques mois mais ça ne se fait jamais en quelques jours", nuance le psychologue.
Si vous êtes parfois harassé par le travail, ça ne signifie pas que vous êtes en burnout pour autant. Un simple coup de fatigue présente parfois des symptômes assez proches. "La principale différence est la récupération. Si on est fatigué et qu'on récupère après une bonne nuit de sommeil c'est normal. En revanche, si le corps ne récupère plus correctement, on prend le risque de basculer vers un état de fatigue général", souligne Jean-Christophe Villette.
En bref le stress reste, la fatigue s'installe et la motivation et l'estime de soi s'évaporent. C'est ce cercle vicieux qu'il convient d'éviter impérativement avant de finir en burnout. Il peut toutefois être difficile de mettre un doigt dans l'engrenage pour s'en sortir. "Il faut à tout prix en parler, dès qu'on ne veut plus aller au travail ou qu'on fait régulièrement preuve de cynisme par exemple. Ce sont des signes à ne surtout pas négliger", prévient le psychologue.
En parler oui, mais à qui ? L'entourage est un premier relais mais il ne faut pas sous-estimer le lieu de travail. Évoquer le sujet avec ses collègues et ses managers permet d'évacuer une partie du stress lié à l'environnement professionnel. Un médecin peut ensuite diagnostiquer votre état et décider d'un arrêt de travail si votre santé l'exige. Le travail, c'est la santé, n'oubliez pas de la préserver.