Contrairement à un prêt immobilier, les crédits à la consommation sont faciles à obtenir. Pas d'apport à verser, ni d'assurance emprunteur à souscrire ou de fiche de paie à transmettre. Certaines banques permettent même à leurs clients de contracter un prêt à la consommation en seulement quelques minutes sur leur site internet. D'après l'Observatoire des crédits aux ménages, environ 5,85 millions de ménages français détiennent un crédit à la consommation, soit 19% des foyers dans le pays.

Aux crédits conso aisément accessibles se sont également ajoutées les "facilités de paiement" au premier rang desquelles on trouve le paiement fractionné. Ce système, souvent baptisé "paiement en X fois sans frais", permet d'acheter un bien en étalant le paiement dans le temps. En clair, la somme à régler est divisée en 3 ou en 4 puis l'acheteur doit effectuer un virement tous les mois jusqu'à ce que le bien soit payé en totalité.

Il existe d'autres facilités de paiement comme le paiement différé ou encore le crédit à la consommation de courte durée, remboursable en seulement quelques mois. Selon le baromètre Kantar-Floa, relayé par TF1, environ 7 Français sur 10 ont eu recours à une facilité de paiement au moins une fois au cours de l'année 2025.

Problème : "n'importe qui peut multiplier les facilités de paiement, sans limite, même si cette personne est déjà à découvert", alerte une responsable de Sofinco, filiale du Crédit Agricole spécialisée dans les facilités de paiement, "En cas de paiement non honoré, l'acheteur peut être contraint de s'acquitter d'une pénalité qui peut s'élever jusqu'à 15% de la somme qui lui reste à payer", prévient-elle.

Sous l'effet de la multiplication des "petits" crédits à la consommation et des facilités de paiement, le surendettement des ménages a augmenté de 10% en 2025 selon les chiffres de la Banque de France. L'ancien gouverneur de l'institution monétaire, François Villeroy de Galhau, a même qualifié les facilités de paiement de "forme de drogues douces".

Or, le décret nᵒ 2026-105 du 19 février 2026 change la donne. A partir du 20 novembre 2026 (date d'entrée en vigueur du décret), le paiement fractionné, le paiement différé et les mini-crédits seront considérés comme des crédits à la consommation. Les banques devront systématiquement vérifier la solvabilité des emprunteurs en consultant notamment le fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP). Si les acheteurs sont inscrits sur ce fichier, ou s'ils dépassent un certain montant de découvert, ils ne pourront pas bénéficier d'une facilité de paiement. Leur achat sera alors bloqué.

De leur côté, les commerçants, les sites marchands et les plateformes de vente en ligne devront délivrer aux consommateurs une fiche d'information précontractuelle européenne normalisée (FIPEN) avant la validation du panier d'achat et accorder un délai de rétractation de 14 jours, incluant une possibilité de remboursement.