C'est le petit rituel de l'automne qui ravit les gros dormeurs. Bientôt, il faudra de nouveau manipuler nos horloges. Concrètement, quand il sera 3 heures du matin, il ne sera en fait que 2 heures. Si vous ne changez rien à vos habitudes, ce passage à l'heure d'hiver vous offrira donc soixante minutes de sommeil supplémentaires.

Pour la plupart d'entre vous, la transition se fera sans y penser. Smartphones et montres connectées se mettront à jour tout seuls pendant la nuit. En revanche, il faudra faire preuve d'un peu plus de vigilance au réveil pour régler manuellement l'horloge du four, celle de la voiture ou votre vieille montre à aiguilles.

Petite particularité de cette édition 2026 : le changement tombe exceptionnellement tôt. La règle veut que la bascule s'opère le dernier dimanche d'octobre. On reculera donc les montres dans la nuit du 24 au 25 octobre. Et le 25 est la date la plus précoce possible, un calendrier que nous n'avions pas connu depuis 2020 et qui ne se reproduira pas l'an prochain, puisque le passage à l'heure d'hiver 2027 sera la 31 octobre.

Précisons que cette manipulation ne concerne que la France métropolitaine, les territoires d'outre-mer en étant exemptés. Et rappelons que si nous continuons de jouer avec nos aiguilles deux fois par an, c'est pour respecter une directive européenne de 2001. Appliquée depuis 2002, elle harmonise les dates de passage à l'heure d'été et d'hiver dans tous les Etats membres. L'idée de départ était d'éviter un chaos logistique dans les transports, l'industrie ou les communications, en empêchant chaque pays de changer d'heure dans son coin.

Pourtant, on pensait bien en avoir fini avec cette habitude. Souvenez-vous : en mars 2019, le Parlement européen avait approuvé la suppression de ce changement saisonnier, espérant y mettre un terme définitif dès 2021. Mais la machine s'est enrayée. Le Conseil de l'Union européenne, qui rassemble les ministres des Etats membres, devait faire avancer le dossier, mais n'a jamais réussi à s'entendre.

Le projet prévoyait de laisser chaque pays choisir de rester à l'heure d'été ou à l'heure d'hiver de façon permanente. Faute d'accord sur un régime commun, aucune option ne s'est imposée et le dossier a fini par s'enliser. La frustration gagne d'ailleurs les couloirs de Bruxelles. A l'automne 2025, le commissaire aux Transports Apostolos Tzitzikostas déclarait encore devant les eurodéputés : "Le temps est venu de mettre enfin un coup d’arrêt au changement d’heure".

En attendant que les capitales européennes s'accordent, la règle reste donc la même. Et si vous avez peur de vous emmêler les pinceaux le jour J, gardez simplement en tête ce vieux moyen mnémotechnique : en octobRE, il faut REculer les aiguilles.