L'intérim digital, une mine d'or à exploiter

L'intérim digital, une mine d'or à exploiter C'est un domaine qui se porte très bien. Les acteurs multiplient les levées de fonds et le secteur n'atteindra sa maturité qu'en 2025, selon une étude Xerfi.

Le monde de l'emploi se digitalise à tout va, ce qui permet aux entreprises de e-RH de s'infiltrer dans de nombreux domaines : formation professionnelle, recrutement de CDI, bien-être au travail, fidélisation des collaborateurs, mais aussi intérim digital. Dans son étude "Le marché de l'intérim digital", l'institut Xerfi dresse un panorama du secteur et effectue un travail de prospective. Voici certains résultats qui incitent à l'optimisme.

Un besoin qui n'est pas prêt de se tarir

Pour les experts de Xerfi, les choses sont claires : le marché de l'intérim digital est un secteur porteur. Cela est lié à plusieurs tendances.

  • Pression sur les budgets des entreprises : Celle-ci, sans cesse croissante, incite les recruteurs à réduire leurs coûts de recrutement. Or, bien souvent, les offres développées par les start-up d'intérim digital sont plus attractives que celles des agences traditionnelles.
  • Flexibilité croissante du marché du travail : Face à cette flexibilité, les entreprises ont besoin de recruter très rapidement. Du pain béni pour les start-up du secteur qui se targuent de trouver la perle rare en quelques clics. C'est par exemple le cas des entreprises spécialisées dans le recrutement de l'hôtellerie-restauration qui deviennent peu à peu incontournables sur le marché, en dépit de leur jeune âge.
  • Amélioration des technologies : Cela permet aux entreprises présentes sur le marché de proposer des solutions comme l'intelligence artificielle, les algorithmes de matching, le CV vidéo, les chatbots ou encore les systèmes de notation.
  • Tendance à la dématérialisation des documents : Les documents utilisés par les RH (fiche de paie, contrat de travail, lettre de mission, déclaration préalable d'embauche…) sont de plus en plus dématérialisés. Cela tombe bien, les acteurs de l'intérim digital permettent bien souvent de recruter un collaborateur sans recourir au format papier.
  • Effet générationnel : Pour les spécialistes de Xerfi, "les jeunes générations ont une appétence plus importante pour les nouvelles technologies. Les nouveaux intérimaires sont de plus en plus digital natives. En parallèle, les départs progressifs à la retraite des recruteurs les plus âgés lèveront des freins à l'intérêt des entreprises pour le recrutement intérimaire digital".

Tous les feux sont donc au vert et ce n'est que le début. Les premières offres d'intérim digital se sont lancées au court de l'année 2015. Le besoin est tel que le marché connaîtra une phase de croissance jusqu'en 2025 avant d'atteindre la maturité.

Le marché de l'intérim digital a de beaux jours devant lui. © Xerfi

Pour se tailler la plus belle part du gâteau, les entreprises doivent donc croître et innover en permanence. Ce qui nécessite des fonds. Cela tombe bien, les investisseurs sont au rendez-vous. Xerfi note que "les start-up ont, de fait, multiplié les levées de fonds ces derniers mois. Les montants levés ont permis d'enrichir leur offre digitale et de renforcer leurs équipes en y intégrant, par exemple, des mathématiciens ou des spécialistes du recrutement".

Les investisseurs n'hésitent pas à mettre la main au portefeuille. © Xerfi

Entre début 2015 et octobre 2017, l'étude menée par Xerfi mentionne plusieurs levées de fonds : Gojob (1,4 million d'euros en juillet 2016), Vit-on-Job (1 million d'euros en novembre 2016), Qapa (11 millions d'euros en janvier 2017), Onvabosser.fr (6 millions d'euros en juin 2017)... Le calendrier réalisé par l'institut d'études s'arrête en octobre 2017. Mais depuis le début de l'année 2018, la tendance s'est accélérée. Aussi n'a-t-il pas pu mentionner la seconde levée de Gojob (17 millions d'euros, le record du secteur), celle de StaffMe (3 millions d'euros) ou encore celle d'Extracadabra (1,2 million d'euros).

Quelles forces en présence sur le marché ?

D'après Xerfi, trois profils d'acteurs sont présents sur le secteur de l'intérim digital. Lorsque le marché se structurera plusieurs business model différents seront amenés à cohabiter.

Start-up et grands groupes coexistent. © Xerfi

Premier profil, les groupes d'intérim traditionnels tels que Randstad, Manpower ou Adecco qui lancent des plateformes et des applications dédiées à l'intérim digital. Ainsi, Adecco a ouvert "Mon Agence en Ligne" et Yoss qui se spécialise dans les profils du secteur digital. La seconde catégorie comprend des pure players de l'intérim digital tels que Bruce, Gojob ou encore Vit-on-Job. Certains de ces pure players sont par ailleurs positionnés sur un créneau très précis comme les étudiants (StaffMe, Crème de la Crème) ou les intérimaires de l'hôtellerie-restauration (Extracadabra, Brigad, Badakan). Dans la troisième catégorie, on retrouve les généralistes du recrutement sur internet, comme Qapa.

Source : L'étude "Le marché de l'intérim digital" est publiée par Xerfi, éditeur indépendant d'études économiques sectorielles.

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