Pension de retraite : en plus du mode de calcul, les fonctionnaires ont un autre avantage énorme sur les salariés du privé

Pension de retraite : en plus du mode de calcul, les fonctionnaires ont un autre avantage énorme sur les salariés du privé En moyenne, les anciens salariés du secteur privé touchent des pensions de retraite plus faibles que les fonctionnaires. Ces derniers disposent également d'un autre avantage qui leur permet d'augmenter leurs revenus.

Depuis la suspension de la réforme des retraites, les règles ont changé. Si un salarié ou un fonctionnaire souhaite partir à la retraite avec une pension à taux plein, il doit réunir deux conditions essentielles : avoir atteint l'âge légal de départ à la retraite et avoir cotisé le nombre de trimestres requis. L'âge légal de départ est fixé à 62 ans et 9 mois et le nombre de trimestres cotisés requis s'élève à 170, soit 42 ans et 6 mois de travail.

Tous les travailleurs sont alors en droit de se demander combien ils vont toucher une fois qu'ils auront mis fin à leur carrière. D'après les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), un retraité français touche en moyenne une pension de 1666 euros brut par mois, ce qui équivaut à environ 1541 euros net. Pour ceux qui bénéficient de majorations de pensions (poursuite de l'activité, naissance d'au moins trois enfants, pensions de réversion, etc), le montant moyen atteint 1692 euros net.

Toutefois, cette moyenne cache des disparités importantes, notamment entre les anciens salariés du privé et les retraités de la fonction publique. Pour les anciens salariés du privé, la pension moyenne se situe à environ 1 500 euros bruts par mois, soit moins que la moyenne nationale. Cette somme correspond à l'addition de leur pension de retraite versée par le régime général (ou des régimes spéciaux) et de leur pension de retraite complémentaire versée par l'Agirc-Arrco. Les anciens fonctionnaires touchent, pour leur part, des pensions de retraite plus élevées en moyenne : 1 800 euros bruts par mois.

Cet écart de revenus entre les retraités du secteur privé et ceux de la fonction publique découle directement des règles de calcul qui déterminent le montant de la pension de retraite. Pour les salariés du privé, le montant de la pension dépend du salaire moyen perçu au cours des 25 années de carrière où la rémunération du travailleur a été la plus importante.

Pour les fonctionnaires, le montant de la pension de retraite dépend du salaire moyen perçu au cours des 6 derniers mois de la carrière. Ces mois correspondent à ceux où les fonctionnaires ont touché les salaires les plus importants du fait de leur ancienneté et des augmentations dont ils ont bénéficié tout au long de leur vie professionnelle.

Mais les fonctionnaires disposent également d'un autre avantage par rapport aux salariés du privé. En effet, les retraites du régime général ne peuvent dépasser 50% du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). Ce plafond est fixé à 48 060 euros depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, soit 4 005 euros bruts par mois. En clair, les pensions du régime général ne peuvent jamais excéder 2002,50 euros brut par mois. Ainsi, même s'ils ont empoché des salaires mirobolants durant toute leur carrière, les salariés du privé ne peuvent pas toucher une pension supérieure à ce seuil de la aprt du régime général.

Pour les anciens fonctionnaires, c'est simple : il n'y a pas de plafond. Leur pension de retraite, versée par le régime de la fonction publique d'Etat ou par la caisse de retraite de la fonction publique territoriale (CNRACL), peut donc largement dépasser ce plafond de 2002,50 euros brut par mois imposé aux anciens salariés du privé.