Les factures de gaz vont augmenter de 63 euros y compris pour ceux qui se croyaient protégés par un contrat à prix fixe
Tous les consommateurs de gaz doivent obligatoirement souscrire à un abonnement auprès de leur fournisseur d'énergie. Or, le prix de cette dépense va augmenter en 2026, faisant grimper les factures de gaz de tous ménages.
Les contrats de 11,2 millions de consommateurs de gaz changent. Comme chacun le sait, le montant inscrit sur une facture de gaz se divise en deux parties : la consommation et l'abonnement. La première partie, exprimée en kilowattheure (kWh), dépend du volume d'énergie utilisé par le consommateur et du prix du gaz en vigueur. L'abonnement, de son côté, couvre les frais d'acheminement du gaz, les coûts assumés par le fournisseur d'énergie et les taxes imposées par l'Etat.
Or, cette année, le coût de tous les abonnements au gaz augmente. L'ensemble des foyers utilisant cette énergie pour le chauffage, la cuisson ou l'eau chaude sont donc impactés. Même les familles ayant souscrit un contrat de gaz à prix fixe subiront cette hausse, puisque la part fixe concerne uniquement le coût de l'énergie mais pas celui de l'abonnement.
Déjà, en août 2025, le prix de tous les abonnements au gaz avait augmenté. A l'époque, le taux de TVA appliqué sur le gaz était passé de 5,5% à 20%. Pour les foyers utilisant le gaz pour le chauffage, l'abonnement avait bondi de 40 euros, s'établissant à 330,80 euros par an. Pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson et l'eau chaude, le montant de l'abonnement était passé à 134,14 euros, soit une hausse de 16 euros. Cependant, deux nouvelles modifications viennent encore alourdir la note en 2026.

La première n'est pas du fait des fournisseurs d'énergie mais de la Commission de régulation de l'énergie (CRE). Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la CRE a adopté un nouveau mode de calcul servant à définir le tarif d'un abonnement au gaz. Concrètement, les consommateurs payent dorénavant 147,24 euros par an d'abonnement pour un usage eau chaude/cuisson, et 343,90 euros par an pour le chauffage. Dans les deux cas, le prix de l'abonnement grimpe de 13,10 euros.
Deux raisons expliquent cette décision de la CRE. D'une part, les frais des fournisseurs d'énergie sont en constante augmentation, et la CRE estime qu'ils doivent être couverts par l'abonnement. D'autre part, depuis cette année, les fournisseurs de gaz doivent payer une contribution destinée à financer les certificats de production de biogaz. Cette contribution représente un coût supplémentaire pour les fournisseurs, qui la répercutent donc sur le prix de l'abonnement payé par leurs clients.
Le second changement qui fait bondir le prix de l'abonnement au gaz vient d'un décret gouvernemental. Le texte impose une hausse de 27% du montant total des certificats d'économies d'énergie (CEE) que les fournisseurs d'électricité et de gaz doivent financer. Pour rappel, le système des CEE oblige les fournisseurs d'énergie à financer des actions favorisant les économies d'énergie. Cela signifie que des entreprises comme EDF, Engie ou TotalEnergies sont contraintes d'aider l'Etat à financer des dispositifs tels que Ma Prime Rénov. Avec ce décret, le gouvernement impose aux fournisseurs d'énergie d'augmenter leur contribution financière. Une contribution que les entreprises du secteur font donc peser sur le prix de l'abonnement au gaz dont s'acquittent leurs clients.
Selon une étude réalisée par l'association de défense des consommateurs UFC Que Choisir, l'entrée en vigueur du décret va engendrer une hausse d'environ 50 euros sur le prix de l'abonnement annuel au gaz. Ainsi, le coût du seul abonnement bondira de 63,10 euros cette année. Pour le chauffage, l'abonnement au gaz passera à 393,90 euros par an. Pour l'usage cuisson et eau chaude, l'abonnement au gaz coûtera 197,24 euros par an.