Il existe un moyen légal et infaillible de protéger pour toujours son compte bancaire des prélèvements frauduleux mais les banques n'en parlent jamais

Il existe un moyen légal et infaillible de protéger pour toujours son compte bancaire des prélèvements frauduleux mais les banques n'en parlent jamais

En dérobant des IBAN et des données bancaires, des escrocs réalisent des prélèvements SEPA sur des milliers de comptes en banque. Les établissements bancaires sont pourtant obligés d'accepter une liste blanche si le client la demande pour son compte bancaire.

Imaginez la scène : vous consultez votre compte bancaire car il vous paraît plus bas que d'habitude. Vous parcourez le détail des lignes et là, cela vous saute aux yeux :  des dizaines de prélèvement de quelques dizaines d'euros ont fini par siphonner une partie de votre compte . Des prélèvements à l'origine tout aussi inconnue qu'illégale après enquête. On vous souhaite que ce scénario reste une fiction dans votre cas, mais il se produit bel et bien dans la réalité, et pas qu'un peu : d'après l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), les prélèvements SEPA représentent une part croissante des fraudes recensées en France. Au premier semestre 2025, la valeur totale du préjudice s'élevait à 23,8 millions d'euros, soit environ 3,9% de la fraude globale estimée à 618,4 millions d'euros selon la Banque de France.

Le mode opératoire des escrocs est terriblement efficace. Ils obtiennent de façon illégale l'IBAN et les autres données bancaires d'une personne, puis programment de petits prélèvements sur son compte bancaire (moins de 50 euros par exemple). Ces prélèvements sont répartis dans le temps, à des horaires variés, et les montants ponctionnés changent régulièrement pour ne pas alerter le client ou sa banque. Les sommes prélevées sont ensuite centralisées sur un compte intermédiaire, puis rapidement redirigées à l'étranger via des circuits de blanchiment sophistiqués. Lorsque la banque ou la victime comprend ce qu'il se passe, il est souvent déjà trop tard.

Les clients des banques sont en droit de s'inquiéter alors que la presse fait régulièrement état de fuites massives de numéros de comptes bancaires suite à des piratages informatiques. 5 millions chez Free en octobre 2024, 6,4 millions chez Bouygues en août 2025, 1,2 million auprès de la DGFiP en janvier 2026... Des millions d'IBAN sont désormais à la disposition des hackers sur le web.

Une option permet néanmoins aux clients d'anticiper les risques et de bloquer de potentiels prélèvements frauduleux. Ils peuvent, en effet, établir "une liste blanche" des créanciers autorisés à récupérer de l'argent sur leur compte en banque. Depuis 2014, et l'entrée en vigueur du règlement européen SEPA (Single European Payments Area), les banques ont l'obligation d'offrir à leurs clients cette possibilité. Il suffit d'en faire la demande.

Concrètement, la liste blanche est un document officiel qui recense tous les organismes autorisés à prélever de l'argent sur un compte bancaire. Cette liste ne peut être établie que par le client titulaire du compte en question. Ce dernier peut alors y mentionner son fournisseur d'énergie, son opérateur téléphonique, sa compagnie d'assurance et même la Direction générale des Finances publiques (DGFIP).

Cependant, cette solution est peu mise en avant par les établissements bancaires. Hormis la BNP Paribas et sa filiale Hello Bank, aucun établissement bancaire en France ne propose à ses clients de mettre en place une liste blanche via son application mobile. La plupart du temps, il faut prendre rendez-vous avec un conseiller bancaire en agence, passer par le service client ou remplir un formulaire papier et l'envoyer par courrier.

Si la création d'une liste blanche est parfois gratuite, comme c'est le cas chez Boursobank, BNP Paribas ou Hello Bank, certains établissements font payer ce service. Plusieurs banques vont même jusqu'à facturer la gestion de cette liste blanche. Des établissements font notamment payer les clients qui souhaitent ajouter un créancier sur leur liste blanche après la création de celle-ci. La Banque postale affiche par exemple, dans sa brochure tarifaire, un prix de 12,80 euros pour chaque ajout de créancier. Autre contrainte, le client ne peut pas ajouter plus de deux créanciers par mois.

La plupart des autres banques ne mentionnent même pas le coût de cette opération dans leur grille tarifaire. Les clients doivent souvent fouiller dans les conditions générales ou contacter directement le service client pour connaître les éventuels frais appliqués.