Accessibilité numérique : l'IA n'est pas une baguette magique

AccessiWay

À l'heure où l'EAA, impose l'accessibilité numérique, beaucoup d'entreprises misent tout sur l'IA. Une solution séduisante, mais loin d'être suffisante.

Portée par l’European Accessibility Act de l’été 2025, certaines entreprises ont aujourd’hui l’obligation d’adapter leurs services digitaux aux personnes en situation de handicap, sous peine de sanctions. En réponse, nombre d’entre elles pensent que le recours à l’IA suffit. Une erreur qui peut coûter gros.

L’IA ne couvre que 30% des critères du RGAA

106. c’est le nombre de critères faisant partie du RGAA, le Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité. Ce référentiel repose sur 4 grands principes : que les sites web soient perceptibles, utilisables, compréhensibles et robustes. Si de prime abord, l’on peut penser que le RGAA constitue un Everest technique, il s’agit en réalité plus de bon sens que de complexité.

Ceci étant dit, ces deux états d’esprit comportent le même risque : cette transformation numérique est trop difficile à opérer ? IA. Ce n’est que du bon sens ? IA. Le recours exclusif à l’IA pour opérer sa transformation numérique est un leurre. Il faut le savoir : en matière d’accessibilité numérique, l’intelligence artificielle ne couvre que - jusqu’à - 30% des critères.

Un site partiellement accessible nourrit des risques critiques pour l’entreprise

Ainsi, si l’IA constitue effectivement un formidable marche pied pour tendre vers plus d’accessibilité numérique, elle ne constitue absolument pas une fin en soi. Les entreprises impactées par l’European Accessibility Act (c’est-à-dire celles de plus de 10 salariés qui enregistrent un chiffre d’affaires de plus de 2 millions d’euros) resteraient sous le coup de potentielles sanctions financières mais ce n’est pas tout.

Il ne faut pas perdre de vue que 20% de la population française souffre d’un handicap : ignorer l’accessibilité, c’est déjà potentiellement exclure une part massive de sa clientèle et donc une perte de revenus dans le cadre d’un site e-commerce par exemple. Ne pas s’investir dans cette démarche d’accessibilité peut également impacter l’image d’une entreprise voire entraîner des risques juridiques (ce que certains grands Retailers Français sont en train de vivre…).

Tendre vers 100% pour favoriser l’inclusion et des opportunités business

S’investir, c’est donc aller au-delà de l’Intelligence artificielle et tendre vers les 100% d’accessibilité. Cela suppose un accompagnement humain structuré, méthodique et continu. Car si l’IA peut détecter automatiquement certains manquements (l’absence d’alternatives textuelles, des contrastes insuffisants, …), elle ne peut ni comprendre l’intention d’un contenu, ni évaluer la cohérence d’un parcours utilisateur ou juger de la clarté d’une information pour une personne en situation de handicap cognitif. Un audit humain complet est un point de départ nécessaire pour établir un plan d’action réaliste. Vient ensuite l’heure d’une collaboration étroite avec des développeurs pour intégrer des éléments d’accessibilité au cœur de la conception du site, et non en surcouche comme le ferait l’IA. Et bien sûr, le « testing » notamment avec des personnes en situation de handicap : aucun algorithme ne remplacera l’expérience réelle d’un utilisateur naviguant au clavier, à la synthèse vocale ou via un lecteur d’écran. L’accessibilité n’est pas un projet ponctuel : c’est un engagement continu, qui ne résout pas à coup de baguette magique, pour favoriser autant l’inclusion que des opportunités business.