Démystifions le GEO

Formation Rédaction Web

Le GEO est-il simplement du SEO rebaptisé ? Entre idées reçues, chiffres récents et études de marché, découvrez ce que le GEO change vraiment pour votre visibilité en ligne.

Actuellement, on lit un peu de tout et son contraire à propos du GEO. Certains diront que le GEO c’est du SEO… D’autres que le GEO est une discipline à part entière. Faisons le point dans cet article et démystifions, en nous appuyant sur des sources, quatre croyances sur le GEO.

Croyance n°1 : vos pages sont bien classées dans Google ? Elles le seront forcément dans les réponses des IA génératives

Pour les réponses des fonctionnalités des IA génératives dans la recherche Google, telles qu’Aperçu IA et mode IA, c’est le cas. D’ailleurs, la réponse de la documentation Google est claire, je cite :

"Le SEO est-il toujours adapté à la recherche par IA générative ?

En un mot, oui ! Les bonnes pratiques de SEO restent adaptées, car nos fonctionnalités d’IA générative dans la recherche Google reposent sur nos principaux systèmes de classement et de qualité de la Recherche."

Source : https://developers.google.com/search/docs/fundamentals/ai-optimization-guide?hl=fr

D’ailleurs, plus loin Google ajoute :

"Qu'en est-il de l'AEO et du GEO ? "AEO" signifie "Answer Engine Optimization" (optimisation pour les moteurs de réponse) et "GEO" correspond à "Generative Engine Optimization" (optimisation pour les moteurs génératifs). Ces deux termes sont parfois utilisés pour décrire les actions destinées à améliorer la visibilité dans les expériences de recherche par l'IA. Du point de vue de la recherche Google, optimiser la recherche par IA générative revient à optimiser l'expérience de recherche, et donc le SEO."

Certains spécialistes du SEO se sont appuyés sur cette déclaration pour considérer que le GEO ne constituait pas une discipline distincte.

Mais ce qu’ils oublient de dire, c’est que la part de marché de Google pour la recherche par IA est loin d’être majoritaire comme elle l’est pour la recherche via moteurs de recherche. Et surtout le communiqué de Google n’évoque pas l’assistant IA Gemini, mais uniquement les aperçus IA dans la recherche Google.

Examinons de plus près les assistants IA.

D’après SensorTower, en mai 2026, ChatGPT détenait une part de 46 %, devant Google Gemini (28 %) et , (10 %). Sur certains marchés Claude a connu une progression particulièrement marquée, portée par l’intérêt des utilisateurs pour ses capacités de codage et de recherche approfondie.

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Source : https://sensortower.com/report/state-of-ai-2026/ 

SensorTower suggère que cette progression pourrait avoir été renforcée par le déplacement d’une partie des utilisateurs vers Claude après l’accord conclu entre OpenAI et le ministère américain de la Défense. En mai 2026, la part de marché de Claude aux États-Unis atteignait ainsi près de 14 %, contre seulement 5 % en décembre 2025.

Donc il est vrai (selon la documentation de Google) qu’une stratégie SEO solide permet d’améliorer sa visibilité dans les fonctionnalités IA de Google. C’est tant mieux, car cela nous permet de travailler simultanément pour cette partie. Mais si Google et Microsoft communiquent relativement clairement sur les mécanismes qui alimentent leurs expériences de recherche par IA, les pratiques d’OpenAI (ChatGPT), Anthropics (Claude) et des autres assistants IA restent beaucoup moins bien documentées.

Alors, les assistants IA sélectionnent-ils les mêmes sources que Google ?

Pour tenter de répondre à cette question, regardons l’étude réalisée par Ahref sur 15 000 requêtes sur 4 assistants IA (https://ahrefs.com/blog/ai-search-overlap

). Les données montrent qu’en moyenne 12 % des liens cités par les assistants IA apparaissent dans les 10 premiers résultats de Google. La plupart n’apparaissent ni dans le top 10 ni dans le top 100.

Pour les entreprises, cette distinction est loin d’être anodine. Une stratégie de visibilité reposant uniquement sur les positions Google ne semble pas suffire pour apparaître dans les réponses des assistants IA et risque, à terme, de ne plus garantir une visibilité suffisante auprès de leurs futurs clients.

Croyance n°2 : la recherche sur GenAI est encore trop anecdotique pour nous en soucier

Le nombre d’internautes en France représente plus de 95,2 % de la population.

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Source : https://www.blogdumoderateur.com/internet-reseaux-sociaux-france-chiffres-2026/

En parallèle, selon le baromètre du numérique – édition 2026 (https://www.economie.gouv.fr/cge/barometre-du-numerique-edition-2026), en 2025, 48 % de la population utilisent les IA, et ce pourcentage est plus élevé chez les 18 – 24 ans qui sont 85 % à y avoir recours.

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Source : https://www.economie.gouv.fr/cge/barometre-du-numerique-edition-2026

Si 34 % des utilisateurs d’IA générative l’utilisent au quotidien, 51 % des utilisateurs recourent à plusieurs IA génératives. Côté fonctionnalité, 73 % utilisent les IA pour rechercher des informations et gagner du temps. Ils déclarent également ne pas toujours vérifier l’information (oups).

Aujourd’hui, les sources GenAI pèsent encore moins de 1 % du trafic web total (https://sensortower.com/report/state-of-ai-2026/download), mais selon SensorTower, elles peuvent déjà contribuer fortement à la notoriété des marques et influencer les décisions d’achat à venir.

Vous vous demandez peut-être où je veux en venir ?

1 %, c’est (encore) très faible, mais ChatGPT a atteint 1 milliard d’utilisateurs mobiles en seulement trois ans après son lancement en 2023, plus vite que toutes les autres applications. Cette progression illustre la vitesse à laquelle l’IA s’est imposée dans les usages grand public, toutes régions et catégories démographiques confondues, devant même des applications majeures comme TikTok, YouTube ou Instagram.

Et le trafic Web n’est qu’une partie de la consultation des IA génératives, pour les entreprises ce n’est pas le seul objectif à atteindre. J’évoquerai ce point plus en détail dans la dernière partie de cet article.

Donc même si pour le moment, la part de trafic reste minoritaire, nous assistons probablement aux premières étapes d’un changement durable des habitudes de recherche et d’accès à l’information. Concrètement, une entreprise peut aujourd’hui être absente du Top 10 Google tout en étant citée dans certaines réponses générées par les IA. À l’inverse, une excellente visibilité SEO ne garantit pas systématiquement une présence dans les réponses de ChatGPT, Claude ou Perplexity. Cela oblige les équipes marketing à élargir leurs KPIs et leurs plans de communication.

Croyance n°3 : c’est SEO ou GEO

Beaucoup d’agences SEO défendent le potentiel du SEO.

Les experts du GEO déclarent la mort du SEO.

Mais pourquoi choisir l’un ou l’autre de ces canaux d’acquisition ? Revenons quelques années en arrière.

Depuis la création du Web dans les années 1990, les modes d'accès à l'information n'ont cessé d'évoluer. À l'origine, les internautes passaient principalement par les annuaires puis par les moteurs de recherche, avec l'arrivée de Google en 1998. Le SEO s'est alors imposé comme un levier incontournable pour gagner en visibilité.

Au début des années 2000, les réseaux sociaux ont ouvert une nouvelle voie. LinkedIn (2003), Facebook (2004), YouTube (2005) ou encore Instagram (2010) ont progressivement permis aux entreprises de toucher leur audience sans passer uniquement par les moteurs de recherche.

Une troisième évolution apparaît ensuite avec les plateformes de recommandation. Les algorithmes de YouTube, TikTok ou Google Discover suggèrent désormais du contenu aux utilisateurs, même lorsqu'ils ne le recherchent pas activement.

Depuis 2022, l'essor des IA génératives marque une nouvelle évolution. ChatGPT, Gemini, Claude ou Perplexity deviennent à leur tour des points d'entrée vers l'information. Le GEO s'inscrit dans cette continuité : il ne remplace pas le SEO, pas plus que les réseaux sociaux n'ont remplacé Google. Il constitue un canal supplémentaire pour gagner en visibilité auprès des internautes.

Pour les marques, l’enjeu est l’évolution des comportements. Lorsqu’un utilisateur prend l’habitude de rechercher des informations dans ChatGPT ou Gemini, il modifie progressivement son parcours d’achat et ses sources d’information. Les entreprises ont donc intérêt à observer dès maintenant ces nouveaux usages plutôt qu’à attendre qu’ils deviennent majoritaires.

Croyance n°4 : le GEO consiste uniquement à être cité par les IA

Être cité est évidemment important, mais ce n’est qu’une partie du GEO, car la visibilité dans les réponses génératives se joue à plusieurs niveaux, avec des effets différents et selon l’intention de l’utilisateur.

  1. La visibilité de marque : l’IA cite ou évoque votre entreprise comme un acteur pertinent d’un marché, même sans renvoyer vers votre site. Dans ce cas, l’enjeu est surtout la mémorisation et l’association entre votre marque et un sujet.
  2. La visibilité informationnelle : l’IA reprend une définition, une statistique, une méthode ou une explication issue de vos contenus. Vous devenez une source de référence dans la synthèse produite.
  3. La visibilité transactionnelle : l’IA recommande une solution, un outil, un produit ou un prestataire dans un contexte de comparaison ou de décision. Ici, l’impact peut être direct sur la préférence de marque, même si le parcours d’achat ne commence pas par un clic organique classique.
  4. Le trafic généré : l’IA fournit un lien cliquable vers votre page et l’utilisateur décide de poursuivre sa recherche sur votre site. C’est la forme la plus proche de la logique SEO.

La vraie question est : "Comment ma marque, mes contenus et mes offres sont-ils représentés dans les réponses générées ?" Une stratégie GEO doit ainsi mesurer les mentions, le contexte de ces mentions, les sources mobilisées, les concurrents recommandés et, lorsque c’est possible, le trafic réellement envoyé vers le site.

Finalement, le débat autour du GEO pose une question plus large : comment les entreprises peuvent-elles rester visibles lorsque les usages évoluent ? L’histoire du Web montre que les nouveaux canaux d’acquisition ne remplacent pas les précédents : ils s’y ajoutent. Les moteurs de recherche restent centraux, mais les assistants IA deviennent progressivement de nouveaux intermédiaires entre les internautes et les marques. Dans cette logique, le GEO apparaît comme un nouveau levier de visibilité à intégrer dans une stratégie d’acquisition globale.

Mon conseil pour les entreprises : ne choisissez pas entre SEO et GEO. Conservez le même principe quand vous avez décidé de choisir entre ouvrir un compte pour votre entreprise sur Instagram ou sur LinkedIn : regardez tout simplement où sont vos futurs clients et comment ils recherchent vos services ou vos produits. La chose qui ne change pas finalement, c’est de comprendre où se trouvent vos clients et comment ils recherchent l’information avant de choisir où investir votre visibilité.