Blockchain : un atout pour favoriser les transactions au sein d’un écosystème

La blockchain a tous les atouts pour simplifier et fluidifier les échanges au sein d’écosystèmes connectés, tout en garantissant la confiance.

Avec la globalisation de l’économie, les frontières tendent à disparaître, les réglementations s’harmonisent (Communauté Européenne) et les échanges se multiplient. Parallèlement, dans le contexte actuel de la transformation digitale, les entreprises n’ont pas d’autre choix que d’innover pour répondre aux nouveaux enjeux liés aux parcours et à l’expérience client. Mais au vu de la complexité et de la diversité des projets, elles ne peuvent y parvenir seules. Elles développent ainsi des réseaux de partenariat étendus pour échanger des informations et de la valeur. Toutefois, les ERP qui forment souvent la base transactionnelle de leur système d’information ont démontré leurs limites. N’ayant pas été conçus pour permettre des échanges de manière décentralisée, ils posent d’importantes problématiques de confiance, de sécurité et d’interopérabilité. Des problèmes que la blockchain pourrait bien résoudre dans un futur proche.

La blockchain pallie les faiblesses des ERP

Prenons le cas des véhicules connectés. Aucun constructeur automobile traditionnel ou émergeant ne peut développer seul l’ensemble des technologies et services qui équiperont bientôt nos véhicules. Au contraire, un projet d’une telle ampleur nécessite le développement d’un écosystème complexe de participants, qui interviennent de différente manière et à différents moments, et doivent interagir, mais sans se connaître nécessairement et sans garantie de confiance. Parmi eux, le constructeur, le vendeur, l’assureur, le réparateur, le loueur, le fournisseur de pièces détachées, … et bien-sûr, à terme, le propriétaire du véhicule.

L’ensemble des parties prenantes de ce « business network » de la voiture connectée doit partager des informations ou réaliser des transactions, tout au long du cycle de vie du véhicule. Des informations qui relèvent de divers domaines : historique du véhicule (accidents ? pannes ?), maintenance, informations légales ou techniques, etc. Ces échanges nécessitent aujourd’hui une infrastructure très complexe. Mais les systèmes d’information actuels ne sont pas connectés, les technologies sont différentes d’un acteur à un autre, les entreprises ne résident pas nécessairement dans la même région du monde et relèvent de législations différentes. Parallèlement, les processus reposent encore majoritairement sur du papier, des échanges téléphoniques et des opérations manuelles.

Pour pallier les faiblesses des systèmes d’information reposant majoritairement sur des ERP, la blockchain n’a pas vocation à les remplacer, mais à les compléter en donnant les moyens de garantir la notion de confiance grâce à la décentralisation des échanges. Et cette confiance est indispensable pour relever les défis liés à des projets aussi innovants que le véhicule connecté. Comment vérifier l’authenticité de pièces de rechange ? Comment garantir la validité et la conformité des pièces administratives – permis de conduire, certificat d’assurance, déclaration d’accident ?  Comment déclencher automatiquement l’approvisionnement en pièce détachées après un accident ? Comment éviter le piratage du véhicule ? Des questions qui conditionnent l’adhésion des utilisateurs.

Segmentation de l’écosystème et co-innovation

Tout l’avantage du véhicule intelligent réside dans les services qu’il peut offrir à ses usagers : maintenance prédictive, fourniture de contenus, intégration dans les infrastructures intelligentes (Smart City), services géolocalisés, aide à la conduite, etc. Comme on l’a vu plus haut, cette innovation passe par la conclusion de partenariats ou la construction d’écosystèmes interconnectés. La blockchain non seulement sécurise les transactions et instaurent la confiance nécessaire à de tels échanges, mais elle offre de plus la capacité à impliquer seulement certaines parties en fonction du sujet : le constructeur n’est pas nécessairement concerné par un accident, en revanche l’assureur, le garagiste et le fournisseur de pièces détachées le sont directement. Une portion d’une blockchain peut être privatisée pour héberger une transaction entre certaines parties, sans remettre en cause ou impliquer l’écosystème dans son ensemble. Segmenter une blockchain permet ainsi d’accorder une visibilité sur les transactions relevant de sujets bien définis.

Ces écosystèmes dédiés aux véhicules intelligents commencent à exister. Certains constructeurs se sont réunis dans des consortiums. D’autres privilégient leur propre R&D et rachètent des start-ups spécialisées. En jeu, notamment, la bataille pour garder le contrôle des données générées par le véhicule, une source de connaissance et de revenus décisive. Quant à la blockchain, de nombreuses initiatives ont vu le jour récemment : Porsche étudie le déverrouillage des portières via un smartphone quand d’autres se sont lancés dans l’échange de clés électroniques temporaires (particulièrement pratique pour confier le véhicule à votre mécanicien sans passer par le garage) ; PSA et Auchan explorent le domaine du paiement électronique (parking, péage, carburant) comme Mastercard et SAP ; d’autres encore travaillent à la sécurité des véhicules en développant des systèmes anti-piratage interdisant la prise de contrôle à distance.

En route vers l’innovation

Bien que les performances de la blockchain lui interdisent encore aujourd’hui de se positionner en alternative crédible à la carte de crédit, la technologie a prouvé son efficacité pour garantir la sécurité et l’intégrité des données générées par le véhicule. Par ailleurs, un pilote développé par DHL et Accenture a démontré que la technologie était capable de gérer plus de 1 500 transactions par seconde pour authentifier 7 milliards de numéros de série, tout en repérant instantanément toute anomalie. Une réelle avancée dans la lutte contre la contrefaçon, qui pourrait inspirer les spécialistes de la gestion des chaînes d’approvisionnement ou logistiques. D’autres expérimentations encore plus sophistiquées mêlent paiement et régulation du trafic : le MIT étudie aujourd’hui les moyens de permettre à un individu circulant dans un véhicule autonome d’acheter un droit de passage sur une route, voire le droit de circuler plus vite sur cette route : les individus moins pressés pourraient, dans ce cas, être incités à changer leur parcours, ce qui implique bien-sûr que tous les véhicules puissent communiquer entre eux. Enfin, les assureurs développent également de nouveaux services sécurisés permettant par exemple d’adapter leur tarification à l’usage du véhicule et au comportement du conducteur, qui reposent sur une blockchain pour sécuriser les transactions.

Comme on le voit, la blockchain ouvre de multiples perspectives pour les acteurs de la mobilité et par extension à de nombreux autres domaines comme la logistique, le commerce ou la finance, qui tireraient parti de ses forces en matière de sécurité des accès et des données, mais également de sa complémentarité naissante avec l’intelligence artificielle et les objets connectés. Et au-delà de la confiance et de la sécurité, c’est sa capacité à fédérer des énergies autour d’un projet commun, comme le véhicule autonome, qui intéressent de plus en plus d’entreprises et leur écosystème.

 

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