Christophe Bouilhol (Netviewer) "La crise économique nous oblige à mettre en sourdine nos investissements"

L'éditeur de solutions de conférence Web a misé sur le SaaS et un taux de disponibilité de service de 99,98% pour faire la différence. Le contexte de crise le contraint toutefois à repenser sa stratégie de croissance.

Comment vous positionnez-vous sur le marché de la conférence Web ?

Si l'on se réfère aux derniers chiffres du cabinet Frost&Sullivan, Netviewer se positionne en tant que numéro 2 sur le marché de la conférence Web en Europe avec une part de marché de 22%, derrière Cisco-WebEx et ses 42% de parts de marché, mais devant Microsoft avec 14% de parts de marché. Netviewer est un éditeur allemand, présent dans les principaux pays européens depuis 2001 avec 16 000 clients dans le monde et 2 100 en France.

Notre principale solution, Netviewer Meet, permet à des personnes distantes de se retrouver en réunion virtuelle via un navigateur Web et de collaborer à des sessions de travail et partager des documents. A l'origine, la solution était tout d'abord orientée vers le support et la maintenance avec notamment la prise de contrôle à distance de PC, puis à partir de 2004 s'est ouverte à la collaboration en ligne pour coller à la demande du marché.

Aujourd'hui, la conférence Web dépasse la simple notion de partage de documents car on se retrouve une forte convergence entre différents services tels que le support de la vidéo, du chat, du tableau blanc, de la VoIP et toutes sortes d'outils connexes visant à enrichir la communication, et la rendre plus intuitive.

Quels sont les atouts du SaaS en matière de conférence Web ?

Le mode de distribution de la solution en SaaS qui permet une mise en œuvre rapide, sans besoin d'apprentissage long et qui permet de réduire les coûts de transports en ces temps de crise. Si la conférence Web n'a pas la prétention de remplacer toutes les réunions existantes, elle permet d'augmenter les réunions informelles grâce à sa facilité d'utilisation.  

"L'une de ses limites du SaaS tient à la capacité des fournisseurs à assurer des taux de disponibilité garantis élevés"

Par rapport à un mode internalisé, le SaaS procure une mise en œuvre immédiate qui ne nécessite pas pour l'entreprise de dédier des ressources humaines et techniques particulières. C'est également un business model souple, dans lequel il est possible de rajouter autant d'utilisateurs que l'on souhaite de façon simple, sans impliquer une réflexion en termes d'infrastructure et d'impact sur son système d'information.

Considéré d'un point de vue comptable en tant que charge pour l'entreprise et non comme un investissement, la conférence Web en SaaS permet également une meilleure prévisibilité en termes de coûts.

L'une de ses limites tient en revanche à la capacité des fournisseurs à assurer des taux de disponibilité élevés. En ce qui nous concerne, Netviewer est bien positionné avec un taux de disponibilité garanti de 99,98% pour 40 euros par mois par utilisateur. Cela étant, pour répondre à des impératifs de certains clients en termes de sécurité voire de débits, nous proposons également une offre internalisée en nombre d'utilisateurs illimité pour un tarif débutant à partir de 50 000 euros.

Quels sont vos axes de développement pour 2009 ?

La fonctionnalité de présentiel, au travers de la messagerie instantanée et de la notification de présence, représente un aspect évolutif de notre offre de conférence Web sur lequel nous travaillons et qui apparaît aussi intéressante que complémentaire. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si Cisco a récemment mis la main sur Jabber (le rachat, effectué en septembre 2008, sera finalisé au 1er semestre 2009 NDLR). Pour autant, nous tenons à rester positionner en tant que spécialiste sur notre cœur de métier et ne cherchons pas à tout prix à nous diversifier.

Par ailleurs, Deutsche TeleKom, maison mère de T-Online et le fonds d'investissement Samwers Brothers nous ont fait confiance en injectant 9 millions de dollars dans notre capital pour nous ouvrir, entre autre, les portes du marché américain. Cependant, au vue des circonstances économiques mondiales actuelles, il serait un peu trop hasardeux de s'y aventurer aujourd'hui. C'est pour cette raison que nous avons pris la décision, loin d'être irrévocable, de mettre pour le moment en sourdine nos investissements afin de privilégier une réserve élevée de trésorerie.

Christophe Bouilhol est directeur général de Netviewer France.

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