L'Europe guide les centres de données vers l'écologie

L'Union Européenne a publié un guide de bonnes pratiques pour permettre une meilleure efficacité énergétique des data centers. En France et en Allemagne, des initiatives ont déjà été prises.

Le développement durable est sur toutes les lèvres, et désormais aussi de plus en plus sur celles des gouvernants, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis. Les réalisations à proprement parler sont cependant encore peu nombreuses, notamment en France où le Grenelle de l'environnement s'est au fil des mois aminci.

A l'échelon européen, des initiatives se sont structurées autour du programme "Energie intelligente", dans lequel s'inscrit notamment le code de conduite sur l'efficacité énergétique des centres de données. Car ces derniers sont en effet particulièrement gourmands en électricité. Ainsi, les 7 millions de data centers implantés en Europe consommeraient chaque année 40 milliards de kilowattheures, soit autant que l'éclairage public d'une agglomération de grande taille.

Or cette boulimie devrait encore s'accroître au cours des prochaines années, de l'ordre de 110% en 2011 (par rapport à 2006) selon une enquête menée pour le compte de l'Union Européenne, mais dont les résultats définitifs ne seront publiés qu'au printemps. La maîtrise de l'énergie au sein des centres de données est donc un enjeu de la politique européenne en faveur du développement durable.

La première étape vers une meilleure efficacité énergétique s'est donc concrétisée au travers de la publication d'un code de conduite définissant des métriques, pour évaluer la consommation des centres de données, et des bonnes pratiques. Outre la définition d'indicateurs communs (permettant notamment de juger des améliorations), ce code vise à encourager l'implémentation d'outils favorisant l'économie d'énergie, et à accroître la sensibilisation à cette problématique.    

En France, un observatoire des centres de données a été inauguré en octobre 2008

Ce code, qui repose pour le moment uniquement sur la base du volontariat, encadre l'efficience énergétique aussi bien des centres de données existants que ceux à venir. Il s'applique aux vendeurs de technologies (dont les constructeurs de serveurs par exemple), consultants, gouvernements, associations, organismes de standardisation, et établissements d'enseignement.

Les constructeurs (aussi bien de matériel informatique que de système de refroidissement) sont donc invités à s'inscrire dans cette démarche européenne en concevant des produits moins consommateurs en énergie et en souscrivant à des labels standardisés. Le programme européen attend également d'eux qu'ils contribuent à la sensibilisation des gestionnaires de centres de données, notamment par le biais de formations spécifiques et de la promotion du code de conduite.

En France, la réflexion sur les centres de données a été enclenchée en octobre 2008 à l'initiative du secrétariat d'Etat au développement de l'économie numérique dans le cadre du plan France numérique 2012. Un observatoire des centres de données a ainsi été crée. Celui-ci collectera des données auprès des centres français (facilitant ainsi des comparaisons) et les assistera dans l'application de mesures d'économie énergétique. 

Mais la préoccupation environnementale n'est plus circonscrite à la seule sphère technologique puisque le ministère de l'économie et des finances a lui aussi mis sur pied un groupe de travail. Baptisé Green ITW, il devrait dès le mois de mai proposer des solutions "eco-responsables" pour les data centers. L'enjeu est ici de confirmer l'opportunité économique d'associer exploitation informatique et économie d'énergie, sans que la rentabilité ne soit pénalisée.  

La France pourra d'ailleurs s'inspirer de son voisin allemand. L'Allemagne a en effet anticipé la publication du code de conduite européen en mettant à disposition des entreprises son propre guide pour réduire la facture d'énergie de ses centres de données. Selon une information citée par Le Monde, le ministère allemand de l'environnement, désireux de montrer l'exemple, a fait reculer de 60% la consommation d'électricité de ses serveurs. Cela représente des émissions de dioxyde de carbone de 44 tonnes.

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