Bonne nouvelle pour la qualité des logiciels : parler n’engage à rien !

Les projets de modernisation des portefeuilles d'applications métier sont relancés. Mais le développement applicatif a changé et le mot d'ordre qui prévaut est de "faire plus avec moins". Reste la question centrale de la qualité. La méthode Agile fournit une des pistes de réponse.

L'informatique renouera avec la croissance en 2010. La plupart des observateurs de l'industrie sont d'accord sur ce point. S'il s'agit là d'une bonne nouvelle, elle ne mérite pourtant que peu d'intérêt. Ce qui est plus intéressant est qu'une telle reprise ait lieu alors que ni les budgets ni les effectifs informatiques ne progresseront, ce qui augmente la pression pourtant déjà forte sur les équipes informatiques pour apporter aux métiers les applications qu'ils attendent. Ainsi, si en 2009 il s'agissait de réduire les coûts et d'éliminer les projets non essentiels, en 2010, l'accent sera mis sur le "plus" de "faire plus avec moins".
 
Le début d'une belle amitié
Bien que l'informatique souffre d'un manque d'argent et de sous-financement, plusieurs facteurs poussent à l'optimisme pour 2010. La nécessité a prouvé qu'elle était sinon la mère de l'invention, du moins celle de l'adoption. Les entreprises de toutes tailles adoptent de nouvelles manières de faire pour tenter d'atteindre une nouvelle étape de la productivité et un meilleur rapport coût - performances. Le point de vue de Forrester Research est qu'elles doivent maintenant raisonner comme des "start-up sous-financées toujours en proie à la mauvaise santé de leur unique client". Il ne s'agit pas de travailler plus dur qu'elles ne le font déjà. Il s'agit de travailler plus intelligemment. Il s'agit d'être plus efficace sur les projets qui comptent, qui génèrent du revenu et de la croissance. Et de rester assez proche de son métier pour sentir quand les priorités changent et que de nouveaux objectifs émergent.

Il s'agit aussi de savoir quand ça suffit, afin que les logiciels ne soient plus "gonflés" avec des fonctionnalités redondantes qui avaient tout l'air d'une bonne idée au moment de la conception. Beaucoup d'entreprises constatent que, quand les besoins sont satisfaits au fur et à mesure et en phase avec les priorités du métier, non seulement les projets aboutissent plus vite, mais les derniers 20% perdent souvent leur dimension cruciale pour le déploiement et plus personne ne les attend.

Une telle collaboration entre tous les membres de l'équipe de développement logiciel profite à tout le monde. Elle crée ce que Thomas Murphy appelle "un esprit de ruche", à opposer à la contradiction, dans lequel les différents métiers, tels que les analystes, les testeurs et les développeurs, apportent leurs expertises et leurs points de vue respectifs pour résoudre les problèmes, favoriser la finalisation des logiciels plus tôt dans le cycle de vie et diminuer les reprises.

Convaincus dès le premier regard
Dans sa note de recherche de décembre 2009, "Prévisions 2010 : l'impact du Cloud et de l'agilité sur les directions de développement d'applications", le cabinet Gartner souligne comment l'informatique pourrait améliorer son rôle et apporter plus de valeur aux métiers, il insiste notamment sur le besoin de collaborer plus étroitement et de mieux définir la qualité logicielle.

Une des affirmations les plus fondamentales de cette étude est peut-être que "la qualité logicielle ne peut pas être testée à la fin". En témoignent les histoires informatiques horribles racontées plus haut. Les entreprises doivent gérer la qualité tout au long du cycle de développement ; elles doivent utiliser les outils et les processus adéquats.

Les méthodes de développement agile constituent une première aide. Elles induisent voire imposent une plus grande collaboration. Le fait que les grands centres de développement commencent à pratiquer ces méthodes est une bonne nouvelle pour ceux qui tiennent à la qualité logicielle. Le Gartner estime que d'ici à 2012, "les méthodes de développement agile seront utilisées par 80% des projets de développement logiciel". Mieux, les entreprises qui adoptent ces méthodes et qui changent leur culture et leurs comportements pour les accompagner, constatent "une amélioration d'un facteur 4 dans leur productivité globale".

Pour que l'informatique réussisse en 2010, les éditeurs ont la responsabilité de fournir non seulement les outils, mais aussi le support pour aider les entreprises à piloter la qualité du début à la fin d'un projet, et même les aider à renforcer leurs pratiques en matière de gestion des besoins. En faisant remonter la "qualité" en amont dans le processus de développement et en la liant au début plutôt qu'à la fin du cycle de vie, en testant, par exemple, des cas d'utilisateurs plutôt que des points de fonction, les métiers et l'informatique se comprendront mieux et amélioreront leurs chances de partager un même objectif.

Alors seulement, la croissance que tout le monde prédit, la croissance que tout le monde attend touchera l'industrie du logiciel, portée par des améliorations fondamentales, et non en stressant plus encore des collaborateurs dont les effectifs ont déjà été réduits. Il est temps pour cette industrie de grandir. Une fois pour toutes. Sachons le dire !

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