Facebook va-t-il révolutionner l'e-commerce ?

Mark Zuckerberg a annoncé que le commerce sur Facebook sera "the net big thing". Il est vrai qu'avec plus de 750 millions de membres et une omniprésence sur tous les axes du web, on peut légitimement se dire que le commerce sur Facebook est une évidence.

L'ecommerce ne cesse de se développer, représentant aujourd'hui en France 31 milliards d'Euros soit plus de 4 % (source FEVAD) de l'ensemble des achats des français et avec un taux de de croissance de près de 24% entre 2009 et 2010, il est donc tout naturel que le shopping social soit sur toutes les lèvres.
Après tout le shopping social n'est rien d'autres que de reproduire sur le web ce que nous faisons tous dans la vraie vie : faire du shopping avec ses amis.
Et qui mieux que Facebook est positionné pour vous faire effectivement vivre cette expérience ?

En effet, à travers l'ensemble des informations contenues sur chacun des membres, les e-commerçants sont, à priori, capables de totalement personnaliser l'expérience donc de la rendre plus agréable et plus efficace en terme de taux de conversion.
Disons le tout de suite, d'après les études de Forrester sur shop.org, Facebook a du mal à générer du CA. Avec un taux de clics à 1% et un taux de conversion à 2, nous sommes loin des scores de l'emailing par exemple (11% de taux de clic et 4% de taux de conversion).

Mais nous pourrions nous dire que tout reste à venir au travers les nombreuses applications qui se développent afin de permettre aux entreprises de mettre en place facilement des solutions de F-Commerce.
Récapitulons, Facebook étant extrêmement large, il y a 3 moyens de faire du commerce en utilisant le site éponyme :

1. Directement sur Facebook (F-Commerce) :
C'est le choix d'1/3 des TPE arrivant sur le site et cela semble plutôt logique étant donné que Facebook et les applications qui lui sont rattachées permettent de créer facilement sa boutique en ligne et une présence digitale plus personnalisée que sur Ebay ou Amazon, le référencement naturel dans Google en moins par contre...
Reste qu'aujourd'hui, si on considère le top 50 des boutique de F-Commerce, on retrouve 9 fois sur 10 des artistes : Lady Gaga et Michael Jackson en tête...dans les boutiques restantes se retrouvent les chaînes de télévision, les clubs de sports ou encore les films.
Dans tous les cas, ces boutiques vendent des produits associés (t-shirt, pièces exclusives....).

Même si les internautes aiment rester sur Facebook quand ils surfent sur le site, la principale problématique reste que pour le moment Facebook n'est pas un lieu de commerce dans l'inconscient collectif.

En outre, il reste certain qu'une boutique de F-Commerce ne sera jamais capable de reproduire l'expérience d'une e-boutique de marque et les taux de conversion restant faibles aujourd'hui, les spécialistes n'y voient pas une manne exceptionnelle.
A noter toutefois qu'une utilisation intelligente de cet espace pour commercialiser des produits exclusifs, en avant première, en série limitée ou encore des biens virtuels serait très judicieux de la part des marques.
Ainsi, cette année, La Redoute a ouvert les soldes en avant première à ses fans avec des taux de conversion particulièrement intéressants.

2. En dehors de Facebook
C'est la solution qui est mise en avant par Facebook et déjà utilisée par de nombreux sites.
En effet, au travers leur Open Graph (informations Facebook), les internautes peuvent totalement personnaliser un site en indiquant leur login et mot de passe.
Ainsi, ils pourront "liker" un produit,  ils verront les avis de leur amis, leurs achats, potentiellement la home page pourra se personnaliser en fonction des pages dont ils sont fans....

De nombreux site comme Levi's mais aussi Wet Seal offre ces fonctionnalités aux internautes.
 Cela présentant également l'avantage de retrouver sur le profil Facebook des internautes ce qu'ils ont fait sur tel ou tel site et donc de viraliser ou à minima de faire parler du site en question et donc de générer potentiellement des ventes supplémentaires.
Voyage-SNCF a, par exemple, remarqué que cela avait un véritable effet sur leurs ventes. Idem pour Evenbrite qui annonce qu'un partage sur Facebook génère en moyenne 11 visites et $2,52.

Amazon est allé beaucoup plus loin en analysant pour chacune des personnes ce qui les faisait acheter  : avis d'amis, nombre d'avis, avis d'experts..Appelée aussi la personnalisation persuasive, le 1er site commerce mondial se targue d'améliorer de 30 à 40% le taux de conversion au travers de cette méthode.

3. Au travers des données de Facebook.
Cette partie est généralement oubliée des marques car il s'agit de revenir à la base du métier de communicant, à savoir, ECOUTER !
Et en regardant vivre les gens sur le réseau social, les insights sont nombreux.
Alors évidemment il s'agit principalement de textes non structurés mais pour des instituts spécialisés dans l'analyse de données, il y a beaucoup à prendre.
Typiquement les marques pourraient enrichir leurs études qualitatives exploratoires de cette manière.

Quid des Facebook credit ?
Vous n'êtes peut être pas sans ignorer que Facebook a lancé sa propre monnaie virtuelle qui répond au nom de Facebook Credit.
Basiquement, $1 équivaut pour 10 Facebook Credit.
Leur utilisation principalement pour les biens virtuels encore une fois semble trouver du sens pour les marques afin d'engager les consommateurs.
Ainsi, le site Ifeelgoods.com propose aux internautes de gagner des Facebook crédit pour s'inscrire à la Newsletter, commenter un produit ou encore acheter un produit.
Une forme de récompense immédiate que les internautes et en particulier les joueurs sauront apprécier à leur juste valeur.

A noter toutefois que Facebook conserver 30% de marge sur cette monnaie - rien de très choquant quand on connaît la marge prise par Apple pour la vente en ligne de musique ou de films.

Enfin, que penser de Facebook deals ?
Facebook en proposant Facebook deals se veut concurrencer les sites de géolocalisation tel que Foursquare,  Ainsi, vous pouvez référencer vos boutiques et proposer des réductions aux personnes qui s'y déclarent. Pour le moment, c'est une bonne tactique RP mais rien de plus. Cela dit, la géolocalisation à un avenir certain, il s'agirait donc de suivre cela de près.

Ainsi, Facebook n'est pas le paradis de l'ecommerce facile, cependant, les opportunités sont grandes pour quiconque réfléchi un peu sa stratégie. Comme toujours, se jeter, les 2 pieds dans la mare, sans préparation ni conseil risque d'être décevant voire couteux.

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