Oui à l’Internet dans l’optique mais avec le relais de magasins physiques !

Alors que de nombreux projets proposent la vente de lunettes de vue directement en B to C, le projet www.evioo.com a fait un choix résolument différent : celui de s’appuyer sur des magasins traditionnels d’optique en « dur ».

Alors que de nombreux projets proposent la vente de lunettes de vue directement en B to C, le projet www.evioo.com a fait un choix résolument différent : celui de s’appuyer sur des magasins traditionnels d’optique en « dur ».

Si ce choix peut répondre en apparence à des considérations d’ordre techniques liées à la prise de mesure, en réalité c’est d’un choix bien plus stratégique dont il s’agit. Je pense que le modèle des « pure players » n’est qu’un épiphénomène de cette période pionnière de démarrage du e-commerce. Les grands gagnants de demain sur le web seront les modèles  « click & mortar ».  Il suffit de regarder l’étude de OC & C Strategy Consultants publiée en ce début d’année 2011, pour s’en convaincre. Que ce soit en France, en Grande Bretagne, en Allemagne ou aux Etats Unis, les « click & mortar » sont de loin, les sites de e-commerce les plus attractifs pour les cyberacheteurs.

Et ce sera encore plus vrai dans l’optique que dans les autres secteurs d’activité !

Pour proposer un équipement d’optique conforme aux exigences de santé visuelle, il est aujourd’hui incontournable de passer par un opticien « physique ». Même si la technologie de prise de mesure à partir d’une « web cam » est sur le point de sortir (ce sera toujours plus satisfaisant que  de se mesurer son écart pupillaire avec un réglet sur le front devant son miroir de salle de bains !) il n’en reste pas moins que la mesure de la hauteur pour les équipements progressifs n’est encore qu’un vague projet.

Mais même en admettant que la technologie soit, dans un avenir proche, parfaitement opérationnelle, la vente d’un «équipement d’optique » ne se résume pas simplement à une problématique de mesure. La validation de la monture est un élément essentiel qui ne pourra jamais se finaliser directement sur Internet. Et même en admettant que les progrès de la technique permettront un jour de dépasser cet obstacle de taille, je persiste à penser que le seul modèle porteur de valeur ajoutée durable dans l’optique est celui qui associe Internet aux magasins physiques.

Lorsque tous les « pure players » adeptes du B to C accéderont à une même technologie performante, une même qualité de service exemplaire, le seul élément différenciant sera le prix de vente. C’est donc vers une guerre des prix sans fin que se dirigent tous ces « pure players ». Guerre des prix renforcée par l’arrivée des compétiteurs internationaux dopés par l’effacement des frontières entre les pays d’Europe, voire de tous les pays du monde. Se posera très rapidement  la question de la valeur ajoutée à terme de l’enseigne des « pure players » qu’il conviendra alors de ne pas surpayer.

Internet est une source de progrès pour les marchés traditionnels, c’est un formidable outil de modernisation et de confort pour les consommateurs et il ne peut se satisfaire d’une unique approche « discount » du commerce. Les « pure players » rejoindront les grand groupes constitués, à l’instar de ce qu’il s’est passé en 1981 avec l’arrivée des radios libres.

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