Vos concurrents les plus féroces sont dans la poche de vos clients !

Guides, comparateurs de prix, avis de consommateurs: le Net regorge d’infos que l’on consulte de plus en plus avant d’effectuer un achat. Avec les Smartphones, ces pratiques deviennent mobiles et s’invitent dans les points de vente. Souvent à leur détriment.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon une récente étude du cabinet McKinsey & Company, 42% des Européens utilisent leur Smartphone lorsqu’ils sont dans un magasin, notamment pour comparer les prix. Et 65% d’entre eux déclarent reporter leur achat ou changer de magasin en fonction des résultats de leur recherche. Et il y a fort à parier que, dans les années à avenir, cette tendance ne connaisse pas de baisse.
Les consommateurs avaient déjà accès à une myriade d’informations en ligne. Ajoutez-y une pincée de mobilité, et le mélange est explosif. Finis les achats d’impulsion. Aujourd’hui, on vérifie tout, en ligne et en temps réel, et on est de plus en plus exigeant. Quels sont les meilleurs prix, options, délais de livraisons, services associés ? Seul le mix parfait – variable selon l’acheteur – en sortira gagnant.
On se souvient de l’arrivée fracassante de Google et de sa régie publicitaire en France en 2002. L’engouement grandissant pour le Web avait alors joué en la faveur du géant de l’Internet qui, en quelques années, avait su séduire la plupart des annonceurs. Parce qu’ils n’avaient pas réussi à se mettre d’accord et à s’associer pour parer à cette nouvelle offre, les éditeurs de la presse papier avaient été – et continuent d’être – les premiers à en souffrir.
L’histoire se répète ici dans la distribution. De nouveaux entrants souhaitent révolutionner ce secteur, avec comme cheval de Troie des Smartphones toujours plus pratiques et intégrés dans la vie quotidienne des consommateurs. "Enseigne vs. Amazon, Google, Apple...", pourrait-on dire. Le raccourci est facile, mais tellement parlant.
Comment les distributeurs peuvent-ils aujourd’hui faire face à ce type de concurrence, et particulièrement les "pure players" de l’Internet ?
Une seule présence en ligne ne suffit plus et les investissements nécessaires pour contrer ces géants de la nouvelle économie imposent un changement de mentalité.  C’est d’une réponse concertée et collective dont le secteur a besoin, d’une stratégie à grande échelle associant les offres de magasins tiers. Imaginons à cet effet des applications mobiles proposant des promotions, des services ou des contenus connexes dans un regroupement d’enseignes partenaires, issues de secteurs aussi divers que l’alimentaire, l’habillement, l’électroménager, l’ameublement ou encore la restauration.
Le Smartphone tellement redouté par la profession ne serait alors plus source de concurrence, mais de ventes. Amazon et consorts perdraient ainsi, si ce n’est tout, au moins une partie de leur intérêt.
Et la balance se rééquilibrerait.

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