L’Open Data : quel potentiel pour des usages éducatifs ?

Institutions, associations et entreprises commencent à ouvrir certaines de leurs bases de données. L’objectif ? Permettre à d’autres structures non seulement de les consulter, mais surtout de les réutiliser pour en faire de nouveaux services et créer de nouveaux usages.

Et si le monde de l’éducation s’en emparait lui aussi pour inventer de nouvelles ressources pour enseigner et pour apprendre ? Et si nous impliquions les jeunes dans ce mouvement où chacun pourra contribuer à la production d’informations, à partir de données brutes ?
Nous évoluons dans un contexte informationnel en pleine mutation, dans lequel chacun peut non seulement accéder à des gisements de données brutes numérisées, mais aussi et surtout les réutiliser et les rediffuser librement. Le mouvement, dit Open Data, est encore balbutiant. Pourtant, peu à peu, des structures culturelles, scientifiques, territoriales ouvrent leurs données, quand les informations qu’elles contiennent sont reconnues d’utilité publique. La démarche a pour principal objectif d’améliorer la gouvernance et le fonctionnement de la démocratie locale.

Qu’il s’agisse de relevés de capteurs, de statistiques, d’inventaires patrimoniaux, de catalogues bibliographiques, de bases de photographies, de collections de musées, de cartographies, etc., les jeux de données ouvertes représentent la matière première des services de demain. Déjà, start-up, étudiants, artistes s'en emparent, pour réaliser des applications pour le web et les mobiles. C’est ainsi qu’apparaissent des applications grand public autour du tourisme, des transports, de l’environnement : quelques clics pour savoir si une place de stationnement est disponible, pour connaître la qualité de l’air, pour situer un monument sur une carte, etc.

L’Open Data : des enjeux citoyens

Tandis que s’entrouvre le robinet des données publiques – les obstacles juridiques et économiques sont encore majeurs –, des collectifs commencent à alerter sur le rôle que la société civile doit jouer. Pour que les données ouvertes ne soient pas préemptées uniquement par des acteurs économiques qui mettront de nouveaux services sur le marché, pour que nous ne soyons pas cantonnés à la position classique de consommateurs, il faut impliquer le citoyen. Le plus possible, dès maintenant. Or la sensibilisation du corps social est très loin d’être généralisée : qui a entendu parler d’Open Data, qui sait ce qu’est une donnée ouverte ? Et comment faire en sorte que les citoyens s’associent à cette dynamique ?

Inventons ensemble des scénarios d’usage pour l’éducation…

La région PACA est particulièrement active sur cette question, avec un portail recense les jeux de données des acteurs régionaux. Pour explorer de nouvelles pistes qui pourraient servir à l’École, des initiatives voient le jour, à l’exemple de la Petite Fabrique, dispositif qui sera mis en place par le CRDP de l’académie d’Aix-Marseille fin mars dans le cadre des Rencontres de l’Orme à Marseille (« Orme 2.13 »). Ce dispositif invite des enseignants, des animateurs et des médiateurs culturels à produire ensemble des schémas d’usage adaptés aux contextes éducatif, culturel, public, etc., à partir de données ouvertes par les musées de la région PACA.
Faisons le pari que les acteurs du numérique vont, ensemble, esquisser les contours de ce que pourraient être les nouvelles ressources et démarches pédagogiques appuyées sur des données ouvertes !

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