Nouvelles extensions Internet, où en sommes-nous ?

Les plus optimistes continuent d'espérer l'arrivée de nouvelles extensions Internet avant la fin de l'année 2013. Qu'en est-il vraiment ?

D'après l'ICANN, le régulateur du nommage sur Internet, au 13 septembre dernier le travail d'examen des 1930 demandes de nouvelles extensions était presque achevé. Il s'agit de demandes reçues dans le cadre de la première grande expansion de l'Internet, visant à aligner, aux côtés des .COM ou .INFO existants, des extensions aussi variées qu'un .GOLD, un .GOLF ou même un .GOOGLE.

Il était possible de candidater jusqu'en 2012. Le 13 juin 2012, l'ICANN annonçait avoir reçu le nombre impressionnant de 1930 demandes. Depuis, sur ces 1930 dossiers, 3 ont été refusés et 121 retirés par les demandeurs eux-mêmes. Sur le total de 1806 dossiers actifs restants, 1749 ont été approuvés par l'ICANN, 20 restent bloqués et 37 doivent subir un examen approfondi.

Contrats déjà signés 

Pour les plus rapides, l'examen du dossier est déjà un lointain souvenir et le temps est venu d'envisager la signature du contrat les autorisant à devenir gestionnaire d'une nouvelle extension.
Ces contrats se signent entre l'ICANN et les demandeurs. 36 de ces contrats ont déjà été signés, dont 11 pour des extensions en caractères non latin.
Ces extensions, en chinois ou en cyrillique par exemple, sont appelées IDN pour Internationalised Domain Names dans le jargon des noms de domaine. Parmi les 1930 dossiers initialement dévoilés le 13 juin 2012, 116 étaient de type IDN. Au total, 12 alphabets différents ont été demandés et ces dossiers sont prioritaires dans le processus actuel de l'ICANN visant à créer de nouvelles extensions.
Sur les 36 dossiers déjà signés, 31 des candidats ont déjà entamé les travaux de mise en conformité technique, durant lesquels l'ICANN teste la validité de leurs infrastructures techniques.
En effet, être gestionnaire d'extension ne s'improvise pas. Il faut certes être capable de remplir les exigences administratives, financières et organisationnelles, mais aussi être suffisamment au point techniquement pour ne pas risquer de casser l'Internet une fois sa nouvelle extension en ligne.

Risques techniques 

A ce titre, une étude récemment commandée par l'ICANN a montré que si 80 % des nouvelles extensions demandées ne font pas peser de gros risques sur la stabilité technique de l'Internet, pour les 20 % restant c'est moins clair.
Il y a même 2 extensions, le .CORP et le .HOME, qui sont considérées comme actuellement trop risquées, car utilisées dans certains réseaux privés. Or même si cette utilisation est non conforme aux spécifications techniques des réseaux informatiques, en l'état elle représente un danger. Tant que les nouvelles extensions ne sont pas activées, une demande sur un .CORP résultant d'une mauvaise configuration d'un réseau privée ayant "fuit" sur l'Internet public ne prête pas à conséquence puisque l'extension demandée n'existe pas. Mais si demain elle existe, la même demande erronée pourrait alors provoquer une instabilité sur l'ensemble du Web. Les extensions figurant dans les 20 % à risque devront donc attendre le résultat d'analyses complémentaires pour permettre à l'ICANN de déterminer le niveau réel de danger si elles étaient validées.
Mais pour les autres, les travaux de lancement se poursuivent à grand pas. "Je pense vraiment que nous verrons la première des nouvelles extension fonctionner sur Internet avant la fin de l'année," affirme même Christine Willet, en charge du programme de création des extensions à l'ICANN. Ce premier nouvel espace de nommage, s'il apparaît bien avant la fin 2013, sera donc à priori de type IDN. Les premières nouvelles extensions en caractères latins devraient se lancer sur le Web courant 2014.

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