Une nouvelle ère de consentement électronique

La protection des données personnelles est aujourd'hui au cœur des préoccupation de l'Union européenne.

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En effectuant des achats en ligne, en utilisant un téléphone portable, en validant une carte de transport pour accéder au métro ou en mettant un commentaire ou une photo sur un réseau social, nous transférons des tas de données personnelles chaque jour. Nos données, qui font partie de notre identité, sont une nouvelle devise de notre ère digitale. Même moi, qui ne suis en aucune manière particulièrement adepte des nouvelles technologies, je ne pourrais manquer de noter cette augmentation vertigineuse de données et de partage de données.
La législation a été rédigée à Bruxelles, mais son contenu a essentiellement suscité l'intérêt des as de l'informatique, des juristes et de quelques parlementaires. Suite à un lobbying intensif, des propositions courageuses mises sur la table ont été atténuées. En tant que représentants des citoyens européens, qui étions nous pour toucher à des nouveaux modèles commerciaux et industries émergents et être si contrariants avec nos préoccupations insignifiantes concernant la protection de nos données personnelles ? C'était assurément un luxe.
Puis, est arrivé le scandale NSA. Il a été révélé, parmi plusieurs autres choses, que pendant des années des pans entiers de données personnelles appartenant aux citoyens européens ont été transférés à leur insu à certaines autorités américaines. Ils ont trouvé, à juste titre, peu réconfortante la garantie ultérieure qu'aucun citoyen américain n'avait été affecté. De plus amples révélations ont suivi et elles ne sont pas sans évoquer les tactiques déployées pendant l'ère de la guerre froide. Le besoin d'un cadre législatif nouveau et obligatoire sur la protection des données est finalement apparu plus clair aux européens face au spectre politique.

Quelles normes vont prévaloir dans le monde digital du 21ème siècle ?  

La propre enquête spéciale du Parlement européen, mise en place à l'occasion de ce scandale, continue son travail intensif et en fera un rapport dans les mois à venir. Cela ne concerne pas seulement la protection de nos droits fondamentaux de citoyens, il s'agit de l'Union européenne qui élabore des modèles, des technologies et des algorithmes qui promeuvent nos valeurs à l'attention du monde extérieur.
Puisqu'un facteur dans la détermination de savoir si nous pouvons préserver ou pas notre modèle social européen, tout simplement si notre modèle de démocratie, de liberté, de solidarité et d'égalité des chances survivra, c'est la question de savoir quelles normes prévaudront dans le monde digital du 21ème siècle, par exemple qui codifie, où, quel est leur degré de pouvoir pour s'assurer que leurs logiciels deviennent la norme.
Le consentement explicite des utilisateurs relatif au traitement de leurs données est au centre de la table des propositions de l'Union européenne, mais les ébauches contiennent beaucoup d'autres principes importants concernant le profilage, la portabilité des données et le droit à l'oubli. Le dernier mais non des moindres, les entreprises qui violent les règles s'exposent à de lourdes amendes.

Est-ce un problème de gros sous ?

Oui, pas seulement parce que cela concerne des amendes. Il y a deux ans, une enquête Eurobaromètre a révélé que sept pays européens sur dix étaient inquiets de l'utilisation potentielle que les entreprises peuvent effectuer concernant les informations révélées en ligne. Seulement un quart des utilisateurs des réseaux sociaux (26 %) et encore moins de clients en ligne (18 %) sentaient qu'ils contrôlaient totalement les choses. Il faut garder à l'esprit que cette enquête a été effectuée avant le scandale de la NSA et je ne m'attends pas à ce que les chiffres aient augmenté depuis !

Une occasion incroyable de donner un coup de pouce à l'économie digitale

Avec un système de protection de données fiable, les 250 millions d'européens qui utilisent internet tous les jours seraient beaucoup plus susceptibles d'acheter, partager et acheter en ligne. C'est une occasion incroyable de donner un coup de pouce à l'économie digitale. A partir de 28 différentes lois nationales sur la protection des données, les entreprises feraient face à un système unique, diminuant le coût de la mise en conformité liée aux activités transfrontalières.
La Commission européenne estime que les bénéfices de cette simplification majeure s'élèveront à 2,3 milliards d'euros par an.
Beaucoup n'en sont encore seulement à prendre conscience de la pertinence de la protection des données, et avec encore plus d'informations possibles sur la surveillance de masse des citoyens de l'Union européenne qui viennent d'être annoncées, le sujet devrait rester l'une des premières priorités de l'Union européenne. Le Parlement, avec son vote à une majorité écrasante, a émis un signal fort qu'un accord rapide est à portée de main. Ouvrons la voie à une nouvelle ère de consentement électronique. 


Traduction par Sylvie Ségui, JDN
Cette chronique traduite par le JDN a été publiée via le programme Influencers de LinkedIn, où s'expriment près de 300 leaders d'opinion. Retrouvez la version originale en anglais ici.

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