Noms de domaine, sexe et argent

Derrière ce titre certes un peu racoleur, un investisseur en noms de domaine très doué, la vente du nom porno.com à 7 chiffres en dollars, et la preuve de la bonne santé d'un business très porteur pour ceux qui le maîtrisent.

Outre Atlantique, on les appelle les "domainers". Hommes d'affaires avisés, ils ont compris la vraie valeur d'une adresse Internet avant les autres. A l'instar de leurs homologues dans l'immobilier, ces domainers achètent des terrains virtuels, les développent afin d'accroitre leur valeur, puis les revendent.
Ici, comme dans l'immobilier classique, le succès (et les richesses qui vont avec) dépend de la qualité de l'emplacement et du bien. 
Avec les noms de domaine, la qualité de l'emplacement tient du nom en lui même. "Toujours utiliser un nom facile à mémoriser et à épeler, et ne jamais se sortir du .com ou, à la limite, de son extension nationale." Le conseil vient de Rick Schwartz, star parmi les stars dans le Landerneau des domainers.

Le roi du nom de domaine  

La preuve, ses pairs l'ont surnommé "Domain King". Sa réputation est immense. Car dans un secteur où la plupart multiplient les transactions, Schwartz achète mais ne vend presque jamais. Il préfère suivre ses propres conseils et viser des noms à forte valeur, autour desquels il va ensuite construire des sites pour capter du trafic et toucher des revenus publicitaires.
Rick Schwartz a l'œil. En 1997, il entend parler d'un étudiant qui vient d'acheter le nom porno.com pour $ 5 000. Sans coup férir, il lui en propose $ 42 000 ! Une fortune à une époque où le commerce des noms de domaine est au mieux balbutiant.18 ans plus tard, le 3 février 2015, le roi du nom de domaine annonce la vente de porno.com pour… $ 8 888 888.88 ! Presque 9 millions de dollars pour la vente d'un nom qui lui en a déjà ramené 10 au travers de 18 ans d'exploitation ! Car depuis 1997, Schwartz a "monétisé" le nom. Il a utilisé des services comme ceux de Google pour se faire rémunérer sur l'audience généré le portail renvoyant vers des sites pornos qu'il a installé à l'adresse porno.com.

Acheter mais ne jamais vendre  

Schwartz est investisseur en noms de domaine depuis 20 ans. Sur toute cette période, il n'a vendu que 20 noms en tout. Mais 5 de ces 20 noms ont dépassé le million. L'homme a ainsi vendu men.com en 2003 pour $ 1,3 million, candy.com en 2008 pour $ 3 millions, property.com en 2009 pour $ 4 millions ou encore eBet.com pour $ 1,365 million en 2013.
Un success story qui repose, comme souvent, sur la capacité de l'investisseur à sentir les nouvelles tendances avant tout le monde. D'aucuns passeraient un bon moment à fêter une vente comme celle de porno.com avant de se remettre au travail. Pas Rick Schwartz. 
"En Chine, les nombres ont une signification toute particulière," explique-t-il. "Le nom 345.com s'est ainsi vendu récemment pour $800 000. Or, j'ai 15 noms de domaine numériques, comme 399.com ou encore 899.com dans mon portefeuille…" Pour Rick Schwartz, le prochain gros coup est déjà en préparation.

Autour du même sujet