L'Uberisation des services est en pleine croissance.

Ce néologisme n’est certes pas très catholique mais concrétise bien le grand mouvement qui s’articule depuis plusieurs mois autour de cette nouvelle mécanique de service, cette nouvelle économie qui n’est plus que virtuelle, mais s’applique bien sur des services de tous les jours.


La cristallisation sur Uber cet été met bien en évidence le chamboulement dans différents domaines d’activités. Les taxis parlent de concurrence déloyale, d’insécurité et de normes non respectées, mais aussi les hôtels de luxes parisiens contre l’activité, plutôt professionnelle avec plus de 1000 entreprises en France qui utilise Airbnb. Mais la tendance est lourde. BlaBlaCar aussi concurrence désormais des transports longues distances et même la SNCF propose désormais un service de covoiturage pour rallier ces gares, plutôt que de contrer ce nouveau mode de déplacement.  Une nouvelle manière de consommer du service est née avec ce type de dispositif et quoique l’on en dise le marché va devoir s’adapter, les professionnels vont devoir modifier, améliorer, réorienter leurs services pour continuer à vivre. L’exemple d’Uber est flagrant, il y a, à New York, désormais plus de « Uber » que de taxis, les prix sont deux fois moins élevés et le service ressenti parfois meilleur.

Les questions de légalités et de sécurité pointés du doigt.

Concernant les services de transports, il est important de connaitre l’assurance pour les passagers qu’elles soient corporelles mais aussi morales en cas de chauffeurs douteux. Un service de contrôle est sensé gérer cela mais une récente enquête a démontré les failles du système. De même pour la location d’appartement, qu’en est-il des éléments indispensables pour la sécurité incendie, l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite, la conformité des lieux ? En cas de problème, l’utilisateur final, le consommateur pour être clair, même si on parle d’économie partagée, peut-il se tourner vers la justice, contre qui ? Le site, le propriétaire, le chauffeur ? Il est à parier que dans de nombreux pays, y compris en France, ce débat juridique ne fait que démarrer.

Et au niveau fiscal, quelles pertes pour les états ?

Les utilisateurs de toutes ces plateformes cherchent en majorité à réduire leur budget (voiture pour Blablacar ou Uber, Logement pour AirnB, etc…) mais certains n’hésitent pas à en tirer profit, à créer une véritable activité financière autour de ces services et c’est là que ça coince.  En effet, il n’est pas rare de voir des appartements achetés dans des zones touristiques dans le but de le louer chèrement, notamment à Paris, Nice ou Cannes par exemple. Louer son appartement en tant que particulier en France est légal dans certaines limites de temps et de prestations et cela doit aussi être contrôlé pour ne pas créer une distorsion de la concurrence. 

Cela génère-t-il de nouveaux usages, de nouveaux utilisateurs ?

La réponse est très discutée entre les pours et les contres. En effet, le fait de voyager plus facilement permet de drainer des nouveaux touristes, de se loger permet une meilleure répartition des voyageurs, etc. mais les détracteurs comparent parfois cela à des consommateurs hors marché en autarcie en somme (ils voyagent avec Blablacar, se logent sur Airbnb, prennent Uber, consomment de plats préparés par des particuliers occasionnels, etc…) mais est-ce réellement la majorité des utilisateurs ? Il est évident que cela draine de nouveaux usages avec de nouveaux publics bien qu’il est indéniable que certaines professions en souffriront.

Mais reproche-t-on aujourd’hui le développement photo en ligne qui a profondément modifié le métier de photographe ? La VOD qui a quasiment éliminé ou transformé le ciné-club ? N’est pas une évolution aussi économique que sociétale ?

Juridique / Mobilité