Les sites de poker tentent un nouveau pari

Précurseur français du poker sur Internet, le site Everest Poker va fermer ses portes le 31 mai 2016. Une disparition qui confirme l’essoufflement du poker en ligne dans l’Hexagone, et montre les effets à long terme d’une loi contraignante pour les acteurs numériques.

Après l’alliance en 2011 du site de poker Sajoo et de l’opérateur de paris Bwin, c’est au tour d’Everest de céder aux sirènes de la fusion. Le site va être absorbé par une autre plateforme du groupe, Betclic.fr. Pourquoi les sites de poker en ligne périclitent-ils les uns après les autres ? Et, surtout, pourquoi se tournent-ils vers des plateformes qui paraissent éloignées de leur cœur d’activité ?

Parce que les bookmakers ont le vent en poupe. Ces sites, proposant de placer des paris sur les matchs de football ou les courses hippiques, sont désormais plus fréquentés par les internautes que les « rooms », ou tables de poker virtuelles. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à profiter de leur popularité pour créer eux-mêmes leurs tables, à l’instar de PMU ou Unibet. Malgré cela, le marché du poker virtuel accuse une baisse depuis 2010, date à laquelle l’ARJEL (Autorité de Régulation des Jeux en ligne) a mis en place une régulation du secteur.

Avant 2010, les joueurs français pouvaient affronter des adversaires dans le monde entier, sur des sites basés à l’international. Depuis, ils doivent se contenter de se connecter à des salles agréés, plus petites et surtout fermées aux Américains. Or ceux-ci représentaient une grosse source de revenus.

Quel modèle économique pour le poker virtuel ?

Moins de joueurs donc, sur un secteur très concurrentiel et difficile à étendre. Les sites Internet de poker en ligne ont donc suivi la contraction du marché : plus de 10 d’entre eux ont fermé purement et simplement. Seuls 2 fournisseurs 100% poker subsistent en France : le leader Pokerstars.fr, et l’outsider Partypoker. Mais pour combien de temps ?

Pour éviter la banqueroute, ils feront peut-être le même choix, à savoir fusionner avec un site de paris sportifs. Poker et paris ont en commun l’univers du jeu, mais pas la même masse de clients. Les sites de poker espèrent, à travers ces alliances, toucher de nouveaux joueurs et développer une offre plus large.

La tendance à la fusion s’accélère dans le domaine du jeu sur Internet. Le numérique s’inspire des alliances médiatiques, notamment télévisuelles, visant à regrouper un audimat disparate… Et faire plus d’audience. Comme Everest et Betclic, BeIn Sports et Canal+ justifient une mise en commun de leur offre pour satisfaire le plus grand nombre, et éviter au public d’avoir à payer deux services différents. Reste à savoir si les joueurs apprécieront.

Alliance / Paris sportifs