Google aussi conserve les données de localisation des utilisateurs Android

Google, comme Apple, enregistre à intervalles réguliers les coordonnées géographiques des smartphones Android.

Apple n'est pas le seul à conserver des données de localisation des utilisateurs d'iPhone. Les terminaux utilisant le système d'exploitation mobile de Google enregistrent également à intervalles réguliers leur position géographique, selon deux articles du "Wall Street Journal" et du "Guardian". Android stockerait également les identifiants uniques des 50 dernières antennes-relais et des 200 derniers réseaux wi-fi "vus" par le téléphone.


Mercredi 21 avril, le site "O'Reilly Radar" indiquait l'existence sur chaque iPhone et iPad 3G équipé d'iOS 4 d'une base de données cachée, dans laquelle le système d'exploitation enregistre régulièrement la position géographique de l'utilisateur. Ce fichier serait conservé malgré les mises à jour, les sauvegardes et restaurations des terminaux. Il ne serait par ailleurs pas crypté et facilement accessible (lire l'article Apple suit les possesseurs d'iPhone et d'iPad à la trace, du 21/04/2011). Selon le "Guardian", la base de données Android nécessiterait quelques compétences informatiques pour y accéder.


Contactés par les deux quotidiens, ni Google ni Apple n'ont commenté ces informations ni le but précis de ces collectes de données. Les deux groupes avaient cependant déjà donné quelques éléments de réponse en 2010 dans le cadre de correspondances avec des membres du congrès américain. Google et Apple indiquaient utiliser des données de géolocalisation pour bâtir des cartes de hot-spots wi-fi. Google a également expliqué utiliser ces données pour fournir un service de trafic routier en temps réel. Chez Google France, on précise que cette collecte est conditionnée par une procédure d'opt-in que les utilisateurs d'Android peuvent désactiver dans les réglages du téléphone. "Nous n'avons aucune volonté de fliquer les gens", assure-t-on.


Si le stockage de telles informations sur les terminaux ne signifie pas pour autant qu'elles soient utilisées à des fins de pistage, leur facilité d'accès semble néanmoins plus problématique car ces données demeurent sur les téléphones des utilisateurs. D'autant que la protection de ce type de données relève d'une certaine importance aux yeux des consommateurs. Une étude réalisée par Nielsen aux Etats-Unis indique que plus d'un utilisateur de smartphone sur deux (59 % des femmes et 52 % des hommes) se dit soucieux du partage qui peut être fait des informations de géolocalisation via leur mobile.


Cette préoccupation n'empêche pas pour autant les services de géolocalisation sur mobile de prospérer. Elle appelle cependant une certaine transparence de la part des acteurs du secteur concernant leurs pratiques, alors que ce marché est promis à un avenir prospère. Le cabinet d'études Gartner estime qu'à l'horizon 2014, le marché des services géolocalisés devrait représenter 8,3 milliards de dollars, contre 2,9 milliards cette année.

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