Julien Billot (PagesJaunes) "Pourquoi pas un moteur de recherche 123Plombier.com ?"

Le directeur général adjoint de PagesJaunes explique pourquoi le groupe français a décidé de mettre la main sur le service de recherche de données personnelles 123People.com.

JDN. Pourquoi avoir acheté 123People ?

Julien Billot. Cette acquisition a deux grands intérêts pour nous. Le groupe PagesJaunes n'est historiquement pas présent dans le SEO (optimisation pour les moteurs de recherche). 80 % de notre trafic est issu d'internautes qui tapent PagesJaunes dans les moteurs ou directement dans leur navigateur. Mais si vous tapez "plombier paris", vous ne verrez pas de réponse apparaître renvoyant sur notre site. En cela, 123People est un service complémentaire de PagesBlanches puisque son référencement est optimal.

En outre, on peut imaginer des synergies entre les deux sociétés, notamment sur des moteurs de recherche verticaux. Un 123Plombier.com, par exemple.

 

123People n'a pas forcément bonne réputation en raison de sa façon d'agréger les données personnelles des internautes. Quel est votre opinion sur ce sujet ?

Tout d'abord il est important de comprendre comment fonctionne 123People. Ce n'est qu'un métamoteur, il regarde et agrège des données publiques. Certes, le service révèle la profondeur d'informations privées qui existent sur une personne sur le Web. Une profondeur dont tous les internautes n'ont pas forcément conscience. Mais il n'en est pas à l'origine. Si l'information n'est pas disponible sur Internet elle ne sera pas disponible sur 123People. Et si elle n'y est plus, elle ne s'y trouvera plus. La vraie question, c'est le droit à l'oubli sur Internet. Mais vous imaginez bien que le groupe PagesJaunes a fait particulièrement attention à cette question. Nous avons d'ailleurs longuement interrogé la Cnil autrichienne sur ce sujet et elle nous a complètement rassurés.

 

Combien avez-vous déboursé pour racheter 123People et pourquoi ?

Les chiffres qui sont parus dans la presse (évaluant l'opération entre 10 et 15 millions d'euros, ndlr) sont proches de la réalité. La société emploie une vingtaine de personnes en Autriche et a réalisé plusieurs millions d'euros de chiffre d'affaires l'année dernière. 123People est présent dans une dizaine de pays et touche 40 millions de visiteurs uniques par mois, dont 3 millions en France. Le service va continuer d'exister sous sa marque et à se développer à l'international, en priorité en Espagne.

 

Comment se rémunère la société ?

Par la publicité et les partenariats. PagesBlanches était d'ailleurs déjà partenaire de 123People avant son acquisition, comme 118 000 ou Amazon. Comme nous le faisons pour un affilié, nous versons une commission à 123People sur le trafic qu'il nous envoie. Par ailleurs, le site teste actuellement des services payants, comme un suivi de son e-réputation sous forme d'abonnement mensuel.

 

N'est-il pas risqué d'acquérir une société dont l'atout principal est son SEO et dont la valeur peut chuter à cause d'une modification de l'algorithme de recherche de Google qui lui ferait perdre son référencement ?

Bien sûr, mais il y a un risque dans toute acquisition et le montant de celle-ci est compatible avec son niveau de risque. Par ailleurs, 123People a encore un fort potentiel de développement. Même si son référencement baisse dans les pays où il est présent, elle sera compensée par sa croissance dans les pays où il se développera.

 

Avez-vous d'autres acquisitions en vue ?

Non, nous n'avons rien de prévu. Mais nous restons attentifs sur les trois profils d'acteurs de notre marché : les éditeurs, dont nous faisons partie, les éditeurs de réseaux sociaux tels que Yelp ou Foursquare aux Etats-Unis et les métamoteurs, comme 123People.


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