Adblocking : Sourcepoint veut réussir là où Google a échoué

Ben Barokas entend rétablir le dialogue entre les éditeurs et les utilisateurs d'adblockers pour justifier une compensation en échange de contenus.

En France ou à l'étranger, les principaux groupes médias ont décidé de lutter contre les adblockers. Désormais, ils peuvent compter sur le soutien d'un nouveau partenaire, la start-up américaine Sourcepoint. 

C'est Ben Barokas, ancien fondateur de la plateforme Admeld, qui a endossé l'habit du chevalier blanc à l'occasion des derniers Lions de Cannes pour présenter cette start-up qu'il a fondée en 2015 avec en tête d'aider les éditeurs à trouver une solution à la prolifération des adblockers (entre 15 et 30% de leur lectorat).

Après avoir vendu Admeld à Google pour la coquette somme de 400 millions de dollars, Ben Barokas s'est retrouvé en charge du développement de la marketplace publicitaire de Google… et exposé aux plaintes de ses clients sur le sujet des adblockers. Frustré par le manque d'attention accordé en interne à Contributor, un projet de Google voulu comme une réponse à Adblock Plus et cie, l'Américain a décidé de lancer Sourcepoint, à l'aide d'un financement de 10 millions de dollars.

Son objectif ? Rétablir le dialogue avec les lecteurs. "Des lecteurs qui n'ont la plupart du temps même pas conscience du deal qui leur est offert : du contenu édito en échange de publicité", nous explique-t-il. La technologie de Sourcepoint lui permet de comprendre les préférences des lecteurs du média en s'appuyant sur leur parcours de navigation et des sources de données tierces telles que celles qui sont aspirées par la DMP de l'éditeur. "Nous poussons ensuite l'internaute à verser la compensation qui lui semble la plus appropriée. Qu'il s'agisse d'accepter les publicités qui lui sont diffusées par défaut, d'acheter l'article ou de s'abonner", explique Ben Barokas.

90% des internautes acceptent l'expérience pub proposée par défaut

Dans les faits, près de 90% des lecteurs exposés au message accepte l'expérience publicitaire proposée par défaut, chiffre Ben Barokas. "9% donnent de la data pour avoir une expérience plus personnalisée et 1% sont prêts à payer."

Ben Barokas ambitionne désormais de faire de sa solution SaaS "un standard adaptable à tous les sites des éditeurs, à tous les formats et en cross-device". Un point sur lequel il insiste, persuadé "que le phénomène va empirer sur mobile".

"Nous travaillons avec quelques-uns des plus gros éditeurs", nous affirme un Ben Barokas qui n'en dit pas plus, clauses de confidentialité obligent. "L'internaute nous versera à terme un abonnement mensuel que nous reverserons à nos sites partenaires au prorata du temps qu'il a passé sur leurs sites", explique-t-il. 

Alors que l'un de ses principaux concurrents, Secret Media, a décidé de prendre le problème par l'autre bout en convainquant les éditeurs de mieux gérer la pression publicitaire, Ben Barokas estime que ce n'est pas son métier. "Nous n'allons pas nous immiscer dans les décisions business que prennent les éditeurs. S'ils estiment qu'il faut tant de publicités display autour d'un contenu ou tant de pré-roll avant une vidéo, nous les aiderons tout simplement à le faire comprendre au lecteur."

Des concurrents à la vision trop court-termiste

Le patron juge d'ailleurs la promesse de Secret Media "trop court-termiste", au même titre que celle de Pagefair. "Cela revient à créer un adnetwork pour les adblockers et à occulter le problème de fond : faire comprendre à l'internaute que les éditeurs doivent générer des revenus pour pouvoir leur proposer des contenus".

Implanté entre New York, Washington, Londres et Berlin, Sourcepoint n'est pour l'instant pas présent dans l'Hexagone. "Nous attendons d'avoir une taille critique pour attaquer le marché français", nous avoue Ben Barokas… En attendant, la France peut compter sur un VRP de choix en la personne du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron. "Il est vraiment pro-entrepreneurs et ma discussion avec lui, il y a quelques semaines, m'a conforté dans mon avis d'ouvrir un bureau chez vous."

 

Et toujours :

 

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