Captify veut devenir le Google de la longue traîne

Captify veut devenir le Google de la longue traîne Cette société anglaise permet aux annonceurs de capitaliser sur les milliards de requêtes formulées par les internautes au sein de sites éditos avec lesquels elle noue des partenariats.

Avec 18 rendez-vous de calés en l'espace de deux jours, on peut dire que Vincent Pelillo a connu un Dmexco agité… et fructueux : la moitié d'entre eux ont débouché sur une demande de partenariat. Il faut dire que Captify, l'entreprise dont il pilote le développement en France, suscite l'intérêt des annonceurs. C'est sur la pratique du "search intelligence" que cette société anglaise arrivée en France il y a à peine deux ans s'est positionnée.

Concrètement, elle analyse les milliards de requêtes formulées par les internautes au sein de sites éditoriaux avec lesquels elle a noué des partenariats. Des informations ensuite compilées qui lui permettent de proposer des scénarios de prise de parole aux annonceurs.

"35 milliards de requêtes analysées chaque mois"

"Nous analysons 35 milliards de requêtes par mois, dont 10% en France", explique Vincent Pelillo. Un chiffre encore loin des volumes brassés par Google (différentes estimations lui attribuent entre 60 et 100 milliards de requêtes par mois) mais l'ambition est affichée : Arriver un jour à faire aussi bien que le moteur de recherche.

Captify, utilise des algorithmes chargés de comprendre et catégoriser les intentions des internautes à travers les requêtes formulées. "On peut apprendre beaucoup des gens en se basant uniquement sur ce qu'ils tapent dans un moteur de recherche", constate Vincent Pelillo. Ses algorithmes peuvent ainsi établir des connexions de comportements improbables entre par exemple les acheteurs de voiture et… les propriétaires de chiens.

Un outil pour cibler les clients de la concurrence

"Notre véritable levier de croissance en ce moment, c'est un produit baptisé 'Captify Interception Marketing' qui permet à un client de cibler en priorité les internautes référencés par notre algorithme comme affinitaires avec une marque concurrente", explique Vincent Pelillo. Avec cette offre, Renault peut par exemple envoyer des publicités pour son dernier modèle de Clio au cluster d'audience "clients Ford Fiesta".

Positionné sur l'achat programmatique, Captify s'appuie sur l'expertise de trois des principaux DSP du marché. Doubleclick Bid Manager "pour l'accès qu'il donne à l'inventaire Youtube", The Trade Desk "car il est très puissant aux US" et Appnexus "qui nous propose une intégration et des options de ciblage très pointus". Une vingtaine de traders planchent depuis les locaux londoniens sur l'optimisation des campagnes qui sont diffusées aux quatre coins du monde. Pour le compte des agences mais aussi d'autres trading-desks qui sollicitent Captify dans le cadre de leurs propres briefs.

Mais l'offre de Captify ne se cantonne pas qu'à l'activation média. "Nous nous positionnons également comme un conseiller, entre le planning stratégique de la donnée et les recommandations sur l'utilisation du média, qu'il s'agisse du contexte de diffusion ou de l'objet du message", précise Vincent Pelillo.

Autre valeur ajoutée : les insights apportés durant la diffusion de la campagne pour aiguiller le tir si besoin. "Des insights dont la richesse est à la hauteur du volume investi par le client."

Côté business model, Captify se rémunère via un CPM qui comprend le média, la data et l'outil.  Lorsqu'on souligne le fait que ce modèle tient un peu du modèle "black-box", Vincent Pelillo s'arc-boute : "Je n'aime pas ce terme qui est très péjoratif. D'autant que nous sommes transparents vis-à-vis de nos clients qui ont accès à des reportings détaillés." Selon lui, le juge de paix, c'est la performance du client. 'Et avec 85% de campagne signées qui ont été renouvelées, nous sommes plutôt bien lotis de ce côté-là", estime-t-il.

"Le chiffre d'affaires multiplié par 4,5 en 2016"

Captify, qui ne communique pas sur son chiffre d'affaires, revendique depuis ses débuts français une croissances à trois chiffres. "Le chiffre d'affaires va être multiplié cette année par 4,5 par rapport à 2016. Et j'espère faire 2,5 fois plus l'année prochaine", avance Vincent Pelillo. Côté effectifs. Captify comptait 45 salariés en 2015 dans le monde. Ils sont désormais plus de 200, dont 25 en France.

Secret sur ses revenus, Captify l'est tout autant quand on lui demande l'identité des éditeurs partenaires. "Le sujet de la commercialisation de la data est très sensible. Beaucoup ne veulent pas communiquer mais certains d'entre eux font partie des plus gros groupes médias de l'Internet français", affirme Vincent Pelillo.  

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