L'Elysée veut faire céder France Telecom sur la fibre


Le président de la République veut favoriser le déploiement d'un réseau unique de fibre optique en France, ce dont ne veut pas entendre parler France Telecom.

Nicolas Sarkozy a décidé de mettre son nez dans le déploiement du très haut débit en France. Selon "Les Echos", ce dossier est devenu politique depuis que germe l'idée d'affecter une partie des recettes du grand emprunt à la fibre optique. Après une première réunion la semaine dernière à l'Elysée, les opérateurs télécoms doivent rendre leurs propositions écrites d'ici à la fin de la semaine prochaine sur le meilleur moyen de développer la fibre optique.

Nicolas Sarkozy semble pourtant avoir déjà tranché, suivant les positions de sa secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet et du président de la Caisse des Dépôts, Augustin de Romanet. L'Elysée veut créer une structure mutualisée dans laquelle les opérateurs et la Caisse des dépôts seraient actionnaires. Cette structure construirait un réseau unique de fibre optique dans les zones moyennement denses en France, auquel se raccorderaient ensuite les opérateurs. SFR et Free seraient favorables à cette solution. Mais pas France Telecom.

L'opérateur historique ne tient pas, dans un climat social tendu après vingt-trois suicides au sein de l'entreprise, à laisser pénaliser ses 50 000 salariés travaillant sur le réseau national. Il propose donc de découper la France en zones géographiques selon la densité de l'habitat et de procéder à un appel d'offres par zones, afin de choisir un opérateur pour construire le réseau. Les opposants à cette solution estiment que France Telecom pourrait ainsi se garantir un nouveau monopole.

L'Elysée semble désormais s'employer à faire céder France Telecom. L'Etat, est en effet actionnaire à hauteur de 27 % de France Télécom et nomme le PDG de l'opérateur. Interrogé par le quotidien, le ministère de l'Economie n'exclut pas un départ anticipé de Didier Lombard de la présidence de FT. Stéphane Richard, proche de Nicolas Sarkozy, a été nommé au printemps dernier au sein de la direction de l'opérateur, dans le but de succéder à Didier Lombard, qui devrait céder son poste en 2011. Ou plus tôt ?

Nathalie Kosciusko-Morizet / Caisse des dépôts