Les engagements de Booking.com : une "mascarade" selon les hôteliers indépendants

Booking.com GNI 0115 "Booking.com se moque de l'Autorité de la Concurrence, des hôteliers et des consommateurs", clame le GNI, qui reproche à Booking de s'accrocher à sa parité tarifaire.

Le Groupement national des indépendants (GNI), qui réunit des organisations du patronat de l'hôtellerie-restauration française totalisant 23 000 établissements et 260 000 salariés, vient de rejeter sans ambages la proposition d'engagements formulée le 11 décembre par Booking.com pour rééquilibrer son rapport de force avec les hôteliers. Dans un communiqué, le GNI dénonce une "mascarade" de la centrale de réservation en ligne qui, en refusant d'accorder aux hôtels leur liberté tarifaire, "vise avant tout à préserver sa rente et son modèle économique".

Le groupement reproche en effet à Booking de vouloir maintenir sa clause de parité tarifaire, qui oblige les hôteliers à pratiquer les mêmes prix sur tous leurs canaux de vente : Booking, leur propre site et les autres. Car si la centrale s'engage à ne plus imposer cette clause aux tiers distributeurs, elle désire la conserver pour les hôtels qui commercialisent leur inventaire en direct. Ceux d'entre eux qui désireraient fixer un prix plus bas sur leur propre site devraient donc toujours consentir le même rabais sur Booking. "Cette clause permet notamment aux agences de réservation en ligne de pratiquer des montants prohibitifs de commissions, dès lors que la répercussion des commissions sur le prix des chambres est nécessairement lissée sur l'ensemble des canaux de distribution", ajoute le GNI.

Le groupement en dénonce en bloc les conséquences : "l'augmentation et le lissage des prix, une dégradation de la rentabilité des hôtels, une information trompeuse pour les consommateurs notamment sur les tarifs et le classement des hôtels, et la perte de recettes fiscales pour l'Etat français". Le GNI conclut être "décidé à aller jusqu'au bout", c'est-à-dire à saisir la justice.

Plusieurs syndicats hôteliers avaient saisi l'Autorité de la Concurrence pour dénoncer plusieurs clauses figurant dans les contrats entre hôteliers et agences de réservation en ligne. La réaction du GNI constitue aussi un camouflet pour l'autorité, qui avait lancé le 15 décembre un "test de marché" sur la base de la proposition d'engagements de Booking. Le secteur était invité à présenter ses observations avant le 31 janvier. Le GNI ne s'en est pas privé.

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